TRIBUNE LIBRE - 2018, l’année de l’Arc du siècle

Courses / 25.09.2018

TRIBUNE LIBRE - 2018, l’année de l’Arc du siècle

Le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe 2018 restera dans l’histoire comme le premier disputé sur le flambant neuf hippodrome de ParisLongchamp. À édition exceptionnelle, plateau exceptionnel. Claude Beniada s’est prêté à un petit jeu mêlant passé et futur, avec les dix-huit chevaux qui l’ont le plus marqué en remontant à plusieurs décennies…

« C’est une coïncidence, mais c’est aussi un fait indéniable. Pour la première édition du Prix de l’Arc de Triomphe dans le nouvel hippodrome de ParisLongchamp, la qualité des chevaux au départ est tout simplement époustouflante.

Il fallait bien ça pour marquer l’événement d’une empreinte toute particulière. On se souviendra ainsi longtemps qu'après deux années de transition sur l’hippodrome de Chantilly, où nous n’avons pas boudé notre plaisir, la première édition à ParisLongchamp a été exceptionnelle. Tout du moins, alors que l’événement approche et que les esprits s’échauffent, nous espérons bien qu’il en sera ainsi. Il y a peu de chances d’être déçus par le spectacle que vont nous offrir les dix-huit partants au moment où ils vont s’élancer sous la clameur du public. Chacun a son idée sur la course, chacun a son favori. Cependant, le baromètre qui fait référence depuis des années et qui va nous donner une idée de la profondeur de la course, c’est l’avis des bookmakers anglais.

Pour eux, pas de doute. Le grandissime favori est l’Oiseau de Mer, celui qui vole sur les pistes, le 3ans Sea Bird (Dan Cupid).

On dit que l’Arc est une course pour les 3ans, et ce Sea Bird semble taillé pour la victoire. Même s’il n’a pas couru depuis sa victoire dans le Grand Prix de Saint-Cloud, son entraîneur, Étienne Pollet, est un maître. À la cote d’égalité, c’est un bon pari. Son jockey, l’Australien T.P. Glennon, le connaît sur le bout des doigts et dose à merveille la fabuleuse pointe de vitesse du cheval.

Attention toutefois, il y a d’autres 3ans ambitieux au départ et pas des moindres, qu’ils soient entraînés en France, Angleterre, Irlande, Allemagne ou Italie. L’Arc n’a pas usurpé, cette année encore, son titre de plus grande course internationale au monde. Jugez-en par vous-même.

Les mâles de 3ans entraînés en France sont emmenés par Dalakhani (Darshaan), le représentant de Son Altesse l'Aga Khan, Peintre Célèbre (Nureyev), confié à Olivier Peslier avec la célèbre casaque bleue de Daniel Wildenstein, et Vaguely Noble (Vienna), sur lequel le vétéran Bill Williamson sera en selle. Leur cote respective oscille entre 8/1 et 12/1.

Que penser des 3ans arrivant de l’étranger pour la course ? Du bien sans aucun doute. L’italien Ribot (Tenerani) est invaincu, on dit que c’est un monstro. Mill Reef (Never Band) et son jockey, Geoff Lewis, sont au plus haut niveau depuis l’âge de 2ans. Il est rare de trouver un cheval ayant gagné les Coventry Stakes, les Dewhurst Stakes et terminé deuxième du Prix Robert Papin à 2ans, au départ de l’Arc l’année suivante, avec une première chance. Quant à celui qui porte le nom d’un chef indien, apache ou comanche, on ne sait plus, Dancing Brave (Lyphard), confié au prodige Pat Eddery, il mérite respect et considération. Pour tous ceux-là les bookmakers ont les yeux de Chimène. Cote entre 3/1 et 6/1.

Il n’est pas impossible toutefois que ces ambitieux jeunots se fassent brûler la politesse par une demoiselle de 3ans, tant celles qui sont au départ ont été époustouflantes tout au long de la saison. Je nomme ici, sans ordre de préférence, les françaises Zarkava (Zamindar), Trêve (Motivator), toutes deux invaincues, Enable (Nathaniel) et Coronation (Djebel), ainsi que l’allemande Danedream (Lomitas). Les books ont un peu de mal, une fois n’est pas coutume, à se prononcer véritablement entre les mâles et ces pouliches de 3ans qui sont toutes entre 5/1 et 12/1.

Un Arc extraordinairement indécis donc, tant il y a de qualité au départ, et encore n’avons-nous pas mentionné les chevaux d’âge. Ils sont en minorité au départ, cinq seulement ayant osé relever le défi de ces 3ans. Mais le palmarès cumulé de ces cinq chevaux est tout proprement ébouriffant.

C’est pour eux que l’on trouve les cotes les plus élevées et donc la possibilité, si vous croyez en les chances de l’un deux, de faire un bon pari. Pourquoi pas après tout car Urban Sea (Miswaki), Allez France (Sea Bird) avec Yves Saint-Martin en selle, Exbury (Le Haar), Alleged (Hoist the Flag), confié au diable anglais Lester Piggott, et Rheingold (Fabergé) ne sont pas les premiers venus. Entre 12 et 25/1, ce sont des paris alléchants.

Si vous n’êtes pas convaincus de la qualité de la course, précisons juste que les éliminés ont pour noms Sea the Stars (Cape Cross), Helissio (Fairy King), Montjeu (Sadler’s Wells), All Along (Targowice), Detroit (Riverman) et Three Troikas (Lyphard). Excusez du peu.

Le décor est planté, c’est le nouvel hippodrome de ParisLongchamp. Pour son premier Arc, il a en scène des acteurs et actrices de tout premier plan. En un mot, un casting de rêve. Le spectacle sera à la hauteur de tous ces talents.

Peut-être le PMU pourrait-il un jour envisager, avec l’aval de sa tutelle, de proposer, uniquement sur l’Arc, un ante-post betting à côte fixe entre mai et la date de la course. Une belle manière de mettre en valeur l’événement pour le grand public, d’attirer de nouveaux clients, de capter une partie des paris sur la course qui partent, quoi qu’il arrive, à l’étranger, et pourquoi pas attirer des parieurs étrangers habitués à ce genre de paris et qui pourraient trouver chez nous des cotes plus attrayantes pour leurs chevaux préférés. Un axe de réflexion à méditer.

Pour conclure et s’en remettre à la formule consacrée : « Que le meilleur gagne ». L’année 2018 est bien l’année de l’Arc du siècle !!! »