52e CONFÉRENCE INTERNATIONALE DES AUTORITÉS HIPPIQUES -  L’harmonisation est indispensable pour relancer les paris

International / 11.10.2018

52e CONFÉRENCE INTERNATIONALE DES AUTORITÉS HIPPIQUES - L’harmonisation est indispensable pour relancer les paris

LE MAGAZINE

La 52e Conférence internationale des autorités hippiques a eu lieu lundi 9 octobre, au siège de France Galop. Elle s’est conclue avec la session concernant l’harmonisation internationale des règles.

Kim Kelly, chief stipendiary steward au Hong Kong Kockey Club, a ouvert la session : « L’uniformité des règles de courses est essentielle, pour le sport et pour la confiance des parieurs. » Kim Kelly a pris le cas de Red Cadeaux (Cadeaux Généreux), un cheval qui a fait le tour du monde et a donc dû faire face à des règles de courses très différentes. Un casse-tête pour l’entourage… En 2018, un pas important a été franchi concernant les jugements des gênes en course, la France et l’Allemagne changeant leur système, cinq ans après le Japon, en adoptant la catégorie 1, c’est-à-dire en ne rétrogradant plus un cheval ayant empêché un autre concurrent d’obtenir une meilleure allocation, mais en rétrogradant si le cheval a empêché par sa gène son concurrent de le devancer.

Réforme sur le jugement des gênes en course : premier bilan français

Henri Pouret a déclaré : « Après le communiqué de presse annonçant que nous passions dans la catégorie 1, nous n’avons pas eu beaucoup de commentaires officiels qui nous sont parvenus. Il y en a eu deux, via Paris-Turf et Jour de Galop, mais peu d’entraîneurs et de jockeys ont réagi. On constate, avec les nouvelles règles, qu’il y a moins de doutes. Le rouge à l’arrivée est affiché plus rapidement. Nous avons un tiers d’enquêtes en moins et le nombre de rétrogradations a baissé de plus de 50 %. Surtout, l’attitude des jockeys n’a pas changé. Rappelons que France Galop a fait rajouter une partie concernant la monte dangereuse. Cela a été bien accueilli et notamment par les jockeys, qui ont eu peur que le changement de règle entraîne une attitude de gagner à n’importe quel prix. La structure des pénalités a changé : les pénalités sont plus fortes mais elles ont été bien acceptées par les jockeys expérimentés et les cas de montes dites dangereuses n’ont pas augmenté. »

Une harmonisation en discussion : les non partants. Comment gérer un incident au départ de la course, lorsque cela entraîne pour un cheval l’impossibilité de défendre sa chance ou, au contraire, lorsqu’il a gagné un avantage. À Royal Ascot, dans les Diamond Jubilee Stakes (Gr1), Harry Angel (Dark Angel) a rué dans sa stalle et s’est coincé un postérieur. Il est parti sur trois jambes et n’a pu défendre complétement sa chance, lui qui était le favori de l’épreuve. L’entourage n’a pas gagné d’argent, les parieurs en ont perdu beaucoup. Kim Kelly explique : « Ailleurs, Harry Angel aurait été déclaré non partant et les parieurs auraient été remboursés. » Kim Kelly a donné l’exemple d’un cas similaire à Hongkong : un cheval partant sur trois jambes et ne défendant pas ses chances, le 1er janvier 2011. « Le cheval a été déclaré non partant et les parieurs ont été remboursés. L’effet a été dramatique pour le chiffre d’affaires, avec une perte de 5,9 millions d’euros. Mais si nous n’avions pas remboursé, les parieurs auraient perdu de l’argent sans jamais avoir l’espoir d’en gagner. » La philosophie est donc : la perte du moment pour l’Institution est un gain du lendemain. Des parieurs qui ne se sentent pas lésés reviendront et rejoueront… Et comment expliquer au parieur hongkongais, à l’heure de l’internationalisation par exemple, que, oui, Harry Angel aurait été déclaré non-partant à Hongkong mais que, non, il ne l’est pas à Royal Ascot ?

Les paris hippiques, qui cherchent un second souffle, sont amenés à s’internationaliser. Et cette question d’harmonisation risque d’être délicate à résoudre au Royaume-Uni par exemple, où il faudra composer avec des bookmakers qui risquent de ne pas être coopératifs.

Des sujets d’harmonisation, il y en a partout. Cela a été dit et redit : dans un sport, il y a des règles pour tous. Les courses se définissent comme un sport, mais chaque pays a des règles différentes… Et il y a même parfois des règles différentes dans un même pays, selon les juridictions ! C’est sur ce point que Dominic Beirne, consultant et analyste, a basé son développement : « L’harmonisation des règles et des informations est importante. Les courses sont un produit mondial et le client numéro 1 est le parieur. Chaque cheval doit courir chaque course sous les mêmes règles que celles qu’il a disputées auparavant. »

Le problème numéro 1 pour Dominic Beirne, ce sont les règles sur le dopage, notamment le Lasix en ce qui concerne les États-Unis. Quand un cheval courant sous Lasix aux États-Unis va à l’étranger et court sans cette médication, il est difficile d’établir quel sera son comportement, par exemple. Mais les problèmes sont multiples : pour les parieurs qui peuvent jouer dans le monde entier, comment s’y retrouver lorsqu’il y a des manières multiples d’annoncer l’état du terrain ? Comment s’y retrouver quand les catégories de courses ne sont absolument pas les mêmes totalement d’un pays à l’autre ? Pourquoi certains pays indiquent-ils le port d’un bonnet et pas les autres ? Pareil avec les opérations du voile du palais ? Pourquoi certains pays mettent-ils à disposition les ratings et valeurs précédentes d’un cheval et d’autres non ? Dominic Beirne a expliqué : « Il doit y avoir de l’information et elle doit être gratuite. Au Japon ou à Hongkong, les parieurs ont à disposition les vidéos des entraînements, les temps des entraînements, les poids des chevaux, des statistiques… de ce point de vue-là, Hongkong est la référence absolue. N’oubliez pas : plus vous en dites, plus vous vendez ! »