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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Où en est la piste d’Auteuil ?

Courses / 11.10.2018

Où en est la piste d’Auteuil ?

France Galop a convié les socioprofessionnels à une réunion d’information sur la piste d’Auteuil, ses obstacles, son entretien et ses possibles améliorations. Les professionnels ont manifesté leur mécontentement, mais ils n’étaient finalement que bien peu nombreux ce mercredi après les courses.

Ces dernières semaines ont été marquées par les annonces des blessures de nombreux chevaux d’Auteuil. La rapidité de la piste, et son état, ont été désignés à plusieurs reprises comme les responsables de cette série noire. Lors de la réunion et de la visite qui suivaient les courses, l’Institution était représentée par Jean d’Indy, vice-président en charge de l’obstacle, Stephan Kalley, chargé des programmes pour la discipline, Stéphane de Veyrac et Jean-Guillaume d’Orglandes. Du côté des professionnels, l’assistance était très clairsemée : Baptiste Même et Adrien Mérienne, chez les jockeys, Jean-Paul Gallorini, Hugo Mérienne et Florence Patarin chez les entraîneurs. Secrétaire général de l’Association des entraîneurs-propriétaires, Frédéric Danloux avait également fait le déplacement.

Un devoir de transparence. Jean d’Indy a déclaré en préambule : « Nous entendons des remarques sur la piste. On ne peut pas les balayer, car il y a des conséquences graves comme des chevaux accidentés, voire pire. Les professionnels ont des questions, mais je regrette juste qu’ils ne soient pas plus nombreux ici ce soir. Certains m’ont envoyé des emails avec leurs remarques. Il faut donc apporter des réponses aux questions qui sont posées. Nous n’avons rien à cacher et tout à entendre. Nous pouvons même certainement apprendre des choses de ces hommes et femmes de cheval. Nous voulons la transparence la plus totale. »

1’12, la bonne réduction pour la sécurité. France Galop nous a communiqué un document sur lequel la principale constatation est que les courses à Auteuil ayant une réduction kilométrique de 1’12 permettent d’avoir une bonne marge de sécurité. C’est ce qu’a souligné Stéphane de Veyrac. Récemment, les compétitions ont fleurté avec des réductions de 1’8 et ou 1’9. Or, la vitesse étant l’un des ennemis du sauteur, elle créé des accidents. Par ailleurs, Stéphane de Veyrac a ajouté : « Trois gros investissements ont été faits à Auteuil. D’abord, nous avons repris le drainage. Il est plus efficace dans le tournant de Passy, dans la ligne d’arrivée jusqu’à la haie du Pavillon, et en steeple après la dernière haie. Avant, la piste était un "champ de patates" et nous n’arrivions pas à la récupérer. Mais nous ne pouvons pas avoir un terrain qui draine trop. Et ce drainage augmente la vitesse des courses. Ensuite, nous avons refait le système d’arrosage. Nous avons changé toute la tuyauterie, ce qui fait quatre ou cinq kilomètres de canalisations. Tout cela nous permet d’avoir un terrain plus homogène. Enfin, nous avons repris les profils d’obstacles, les appels et réceptions, même si un obstacle comme la rivière du huit nous pose de sérieux problèmes. Mais il peut toujours évoluer. Nous avons aussi fait de la maintenance avec des sursemis. Cette année a été particulière, avec un temps beau et sec du week-end du Grand Steeple jusqu’à maintenant. Nous avons arrosé tout l’été et nous sommes montés à des indices pénétrométriques de manière artificielle. »

D’autres problèmes liés à l’arrosage. Si France Galop décide d’arroser plus abondamment la piste d’Auteuil, le risque est d’avoir un terrain faux où les racines seront asphyxiées. D’autant que l’arrosage artificiel n’apporte pas la même souplesse que la pluie. Si l’on arrose fortement la piste, elle risque donc d’être dégradée très rapidement et de ne pas pouvoir être remise correctement d’une année sur l’autre. Auparavant, l’objectif était d’avoir un pénétromètre minimum à 3,8. Mais cet objectif est trop juste désormais car les courses sont alors trop rapides. Il faudrait donc cibler à un pénétromètre à 4 ou 3,9. Stéphane de Veyrac a prévenu : « Ce sera compliqué d’avoir toujours 4 compte tenu des aléas de la météo. Il faudrait plutôt tendre vers un terrain qui permet d’obtenir la réduction de 1’12. » Jean d’Indy a ajouté : « Le travail de réparation des pistes demande des moyens. France Galop est prêt à les mettre, justement parce que la sécurité des hommes et des chevaux demande des moyens. Il faudrait aussi réfléchir pour lisser les réunions sur un certain laps de temps. »

Le cordage, oui mais … L’une des solutions évoquée pour améliorer la qualité de la piste pourrait être le décordage. À ce sujet, Stéphane de Veyrac a précisé : « Nous faisons un travail sur l’intérieur des pistes, nous sursemons, lorsqu’il y a un décordage. Mais le problème, si nous commençons à corder tout à l’extérieur en début d’année, c’est que la corde sera morte bien avant le Grand Steeple… Le problème avec le cordage est aussi qu’il y a un goulet d’étranglement dans le tournant, ce qui peut engendrer des blocages de courses en cas d’accident. » Pour le cordage, du 29 septembre au 14 octobre, la lice sera placée à 7m. À partir du 20 octobre, elle sera à 12m et on repartira sur une piste pleine pour les 48 h de l’obstacle. L’évolution de la saison d’obstacle dans le calendrier pourrait aussi être une solution sur laquelle des réflexions, compliquées, sont engagées.