À lui les petits Anglais !

International / 16.10.2018

À lui les petits Anglais !

Par Anne-Louise Échevin

Il est le favori des Queen Elizabeth II Stakes (Gr1), qui se disputent samedi à Ascot, devant Roaring Lion et Laurens. Excusez du peu ! Il faut dire que Recoletos arrive sur la finale du mile anglais avec beaucoup d’atouts dans son jeu. Carlos Laffon-Parias nous a donné des nouvelles de son représentant, prêt à défier les anglais sur leur sol.

Une préparation idéale. Recoletos réalise une saison 2018 quasi sans faute. Le poulain de la Sarl Darpat France a été raccourci cette année et il s’est pleinement épanoui sur la distance du mile. Après une rentrée au début du mois de mai, il a couru à quatre reprises, son entourage ciblant les engagements, et il arrive sur les Queen Elizabeth II Stakes avec encore de la fraîcheur. Cette épreuve a réussi aux français ces dernières années, avec Charm Spirit ** (Invincible Spirit) et Solow (Singspiel). Carlos Laffon-Parias nous a dit : « Tout s’est bien passé pour Recoletos depuis sa victoire dans le Prix du Moulin de Longchamp. Il a fait son dernier travail hier [lire lundi] sur les Réservoirs et va voyager dans la nuit de jeudi à vendredi vers Ascot. Sa préparation s’est bien déroulée. Il n’a pas eu de courses vraiment dures cette année, et je ne pense pas que les Queen Elizabeth pourraient être la course de trop. Cette épreuve a été ciblée depuis longtemps. Sa course la plus dure de l’année est peut-être le Prix du Moulin de Longchamp. À Deauville, il a été battu par Alpha Centauri mais il est net deuxième et n’a pas pris dur. C’est sa sixième course de l’année, nous avons, je crois, bien géré sa carrière cette année. »

Ascot, une revanche à prendre. Recoletos retrouvera Ascot. Il a couru deux fois sur cet hippodrome, pour deux défaites… Mais avec des excuses. En 2017, il a couru les Champion Stakes (Gr1) en terrain défoncé et sur 2.000m. Trop long : Recoletos a craqué pour finir, prenant la quatrième place derrière un Cracksman (Frankel) lancé en mode machine à broyer sur son terrain. En 2018, son entourage l’a présenté dans les Queen Anne Stakes (Gr1). Une prise de sang peu de temps avant la course l’a complètement décontenancé et Recoletos, tendu comme jamais, avait perdu avant même de fouler la piste d’Ascot pour le canter…

Carlos Laffon-Parias analyse : « Je ne dirai pas qu’il a mal couru à Ascot dans le passé. Dans les Champion Stakes, il est quatrième en terrain lourd. Il est venu à la hauteur de Cracksman certainement trop tôt. S’il avait attendu un peu plus, peut-être aurait-il pu prendre la deuxième place. Le deuxième de cette course, Poet’s Word, a gagné les King George VI and Queen Elizabeth Stakes (Gr1) cette année. Quant aux Queen Anne Stakes, il a des petites excuses : il y a eu de menus aléas avant la course qui ont beaucoup joué sur sa performance. Il n’y a pas de raison pour qu’il ne fasse pas sa valeur. »

Le terrain, pas un problème. C’est la loi du Champions Day, couru à la mi-octobre… Le terrain peut vite changer au gré de la météo. La pluie a fait son apparition lundi à Ascot, après un été qui n’en finissait plus et des pistes rapides, au bonheur des uns et au désarroi des autres… Des pluies torrentielles : on peut s’attendre à trouver un terrain lourd ce samedi… Il n’y a pas de quoi déranger Recoletos. En digne fils de Whipper, il a vite été catégorisé comme un poulain de pistes très souples l’an passé, notamment suite à sa victoire dans le Prix Greffulhe (Gr3). C’était réducteur : Recoletos a montré, durant sa carrière, qu’il pouvait s’adapter à tout.

Carlos Laffon-Parias nous a dit : « Recoletos a toujours bien couru dans tous les terrains. Cette année, cela a été toujours dans le bon terrain. L’an dernier, il a bien couru en terrain lourd dans les Champion Stakes : c’est vraiment l’alliance terrain et distance qui a joué ce jour-là. Les conditions de terrain ne devraient pas le déranger. »

Et les autres ? La météo jouera certainement un rôle dans ces Queen Elizabeth II Stakes (Gr1). Pas tant pour Laurens, la troisième favorite. Elle vient de bien courir sur une piste officiellement bonne dans les Sun Chariot Stakes… C’était peut-être le cas le matin de la course, mais c’est sans compter les trombes d’eau tombées dans la journée. Laurens devrait se sortir de l’état du terrain. Reste à savoir si elle peut continuer sur sa lancée après une saison chargée, une dernière course assez dure et, samedi, un terrain qui va faire de ces Queen Elizabeth II Stakes un vrai test. Carlos Laffon-Parias analyse : « Elle court à deux semaines et a eu une vraie course l’autre jour. Il faut vraiment être très bonne et encaisser très bien ses courses. Elle va devant et tant mieux, c’est toujours mieux d’avoir un cheval devant soi dans le parcours ! » Quant à Roaring Lion, il devrait être au départ des Queen Elizabeth II si le terrain est franchement souple, plutôt que d’aller sur les Champion Stakes (Gr1). Il a probablement assez de vitesse pour faire le mile mais, malgré tout, les 1.600m en terrain très souple resteraient une vraie découverte.

Castellar au haras

Carlos Laffon-Parias nous a donné des nouvelles de Castellar (American Post), la petite sœur de Recoletos : « Sa carrière est terminée. Elle est encore chez moi pour quelques jours, le temps de décompresser, et elle partira au haras ensuite. Elle est bien rentrée du Prix de l’Opéra (Gr1) et il était prévu qu’elle aille au haras après cette course. Castellar a une carrière déjà bien remplie et nous préférons l’envoyer à l’élevage. » Castellar part au haras avec deux victoires de Groupe à son compteur : le Shadwell Prix de la Nonette (Gr2) et le Prix Cléopâtre (Gr3).