CAULFIELD CUP (GR1) - C’est presque un Arc… mais sous forme de handicap !

International / 18.10.2018

CAULFIELD CUP (GR1) - C’est presque un Arc… mais sous forme de handicap !

CAULFIELD (AU), SAMEDI

L’argent est le nerf de la guerre. Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de l’engouement des propriétaires et des entraîneurs étrangers, et en particuliers anglais, pour les courses australiennes. La Caulfield Cup (Gr1), à l’affiche ce samedi, a bénéficié d’une augmentation d’allocation, passant de 3 à 5 millions de dollars australiens, tout comme le Cox Plate (Gr1) la semaine prochaine. La Melbourne Cup, quant à elle, est passée à 7,3 millions. Pour vous donner une idée de ce que cela représente, le lauréat du Gr1 de Caulfield empoche un chèque de 1,82 million d’euros, le deuxième est récompensé avec 432.000 €, le troisième avec 216.000 € et les lots de consolation jusqu’au dixième sont de 74.000 dollars australiens. Le troisième des Champion Stakes touchera ce samedi 158.000 € et dans la course la plus riche d’Europe, le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, Cloth of Stars (Sea the Stars) a pris 571.500 €, mais le sixième, Salouen (Canford Cliffs), est monté dans le camion avec zéro gain malgré un rating affiché de 117.

Par Franco Raimondi

Des cacahuètes aux millions.  Ce samedi, Best Solution (Kodiac) porte le top weight de la course avec 57,5 kilos. Il a pris la direction de l’Australie après deux succès de Gr1 en Allemagne et avec un rating de 114. Godolphin a décroché 260.000 € pour ses deux victoires allemandes. The Cliffsofmoher (Galileo) est pris en rating 113 et a gagné une seule course en Europe, un Gr2 au Curragh, qui a fait empocher à ses propriétaires 76.700 €. L’anglais Duretto (Manduro) compte lui aussi sur un seul succès, dans une Listed à Chester, récompensé avec un peu moins de 24.000 €, et son entourage a cherché tout au long de la saison à le protéger pour ne pas arriver en Australie avec un rating trop élevé (il est en 114).

Et en Europe ? Tous ces européens ne peuvent pas viser les grands Grs1 du Vieux Continent et leur espoir de gains sans faire le voyage en Australie est très réduit. Dimanche à Chantilly, il faudra un rating de 111, plus ou moins, pour remporter le Prix du Conseil de Paris qui offre 74.100 € au gagnant. Et l’allocation promise au lauréat du Gran Premio del Jockey Club, à l’affiche à San Siro, est de 99.450 €. En outre, elle sera payée avec quelques (on ne sait pas combien) mois de retard.

La découverte de Dermot Weld. Les professionnels australiens ont commencé à se plaindre de la concurrence déloyale en provenance d’Europe. Plusieurs ont demandé à ce que l’on protège un peu plus les locaux dans les grandes courses. Ils n’ont pas tort. Mais dans la Caulfield Cup et dans la Melbourne Cup, courues sous la formule handicap, il est difficile de trouver la bonne solution. Les deux courses étaient une affaire australienne pendant longtemps. Mais il y a vingt-cinq ans, Dermot Weld a débarqué avec Vintage Crop (Rousillon). Il a alors prouvé que gagner la "course qui arrête une nation" était possible pour un européen. Sept des huit derniers lauréats avaient commencé leur carrière en Europe et quatre étaient entraînés par des Européens.

Les beaux jours de Dunaden. La Caulfied Cup a été découverte plus récemment par les entraîneurs installés en Europe. C’est en 2012 que Mikel Delzangles et le cheikh Fahad Al Thani ont décidé qu’il y avait une autre course richement dotée, en dehors de la Melbourne Cup, que Dunaden (Nicobar) pouvait remporter. La Caulfield Cup est en fait une course moins compliquée à gagner que la Melbourne Cup. Premièrement car elle rassemble dix-huit partants. C’est-à-dire six de moins que dans la grande course. En plus, le profil robot du sujet pour la Melbourne Cup est celui d’un stayer avec une vraie pointe de vitesse ou, si vous préférez, d’un cheval de 2.400m capable de tenir 3.200m. Ce qui est très difficile à  trouver.

Six étrangers au départ. Et pourtant, depuis le succès de Dunaden, on compte quatre victoires des locaux et une du japonais Admire Rakti (Heart’s Cry). Cette année, dans la Caulfied Cup, les chevaux nés dans l’hémisphère sud sont en minorité, quatre sur dix-huit, et ceux entraînés à l’étranger sont six : les japonais Chestnut Coat (Heart’s Cry) et Sole Impact (Deep Impact), et les européens Best Solution, The Cliffsofmoher, Duretto et River Verdon (Lemon Drop Kid). On trouve deux produits de l’élevage français : Gallic Chieftain (Tamayuz) et Vengeur Masqué (Monsun). Des outsiders. Un des chevaux importés, l’allemand Sound Check (Lando), deuxième de Gr1, fera ses débuts australiens sous la férule de Michael Moroney.

Le miracle Kings Will Dream. Cela dit, les deux chevaux les plus en vue sont des représentants de l’entraînement local. Tout le monde parle de Kings Will Dream (Casamento) et de la pouliche Youngstar (High Chaparral), une lauréate de Gr1 qui a un poids canon. Le premier nommé a quitté l’Angleterre en valeur 78 à 3ans, après un succès dans un maiden à Pontefract. Il a gagné ses cinq premières courses en Australie, en commençant par un handicap sur 1.200m. Et il a décroché son ticket gratuit pour la Caulfield Cup dans la Mornington Cup (L), fin mars. Ensuite il est passé dans les Grs1 et il vient de se classer troisième – alors que Youngstar était deuxième – dans les Turnbull Stakes Gr1) de Winx. En cas de miracle, ne cherchez pas d’explications…