Il faudra l’appeler le Winx Plate !

International / 27.10.2018

Il faudra l’appeler le Winx Plate !

Elle a tourné autour de ses adversaires et les a perdus en route. Treize mots suffisent largement pour expliquer la façon dont Winx (Street Cry) a gagné son quatrième Cox Plate, son vingt-deuxième Gr1 et sa vingt-neuvième course consécutive. Un seul cheval a accompli l’un de ses trois records, Hurricane Fly, qui a gagné lui aussi vingt-deux Grs1, mais en haies. Le dernier pur-sang qui a devancé la championne fut Gust of Wind (Darci Brahma), dans les Australian Oaks (Gr1), le 11 avril 2015. 1.295 jours se sont écoulés depuis et elle a même monté un club : celui des dauphins de Winx. Il compte vingt-deux associés.

Benbatl, la dernière victime. Le dernier de ses membres est Benbatl (Dubawi), le lauréat du Dubaï Turf et de deux autres Grs1 dans deux différents continents. Un cheval parfait pour les 2.040m de Moonee Valley, qui avait décroché un rating de 123 lors de son succès à Meydan. Il s’est battu comme un lion et, dans la courte ligne droite, il a vu passer Winx. L’entraîneur de Benbatl, le sage Saeed bin Suroor, a déclaré tout de suite après la course : « Mon cheval a très bien couru, il a donné tout ce qu’il avait. Winx est une superstar, the best of the best. »

Une flèche en quatrième épaisseur. Winx ne fait pas l’unanimité : sur les réseaux sociaux, quelques détracteurs ont dit que D’Argento (So You Think), un autre pensionnaire de Chris Waller, a fait le travail de l’âne pour la jument. C’est une réflexion d’âne… D’Argento a pris la tête à un train plutôt modéré (24”58 les premiers 400m) en compagnie de Benbatl alors que Winx était en troisième épaisseur dans le premier tournant. C’est après 600m que le train a changé, sous l’impulsion de Rostropovich (Frankel). Winx a prononcé son effort en quatrième épaisseur aux derniers 600m et elle avait déjà course gagnée à 173m du poteau, c’est-à-dire à la fin du quatrième tournant.

Un mile très grande vitesse. La jument s’est imposée de deux longueurs, sans forcer, et Benbatl a gardé la deuxième place sur le bon finisseur Humidor (Teofilo). Les temps partiels en fin de parcours ne sont pas ceux de la Winx sprinteuse. Ses adversaires ont cherché à l’user au train : Winx a enchaîné sept tranches de 200m en moins de 12” (et la plus lente en 12”02) et elle a parcouru les derniers 1.600m en 1’34”29. Le Racing Post a jugé sa performance avec un rating de 126, le cinquième meilleur de sa carrière mais, comme toujours quand un cheval gagne facilement, il est presque impossible savoir ce qui restait dans le réservoir.

Ses hommes sont sans mots. Chris Waller, l’entraîneur de Winx, n’est pas un grand bavard. Il était très ému en déclarant : « Je ne surprendrai personne en disant qu’elle est la plus grande championne de ma carrière. Je me suis fait du souci un moment, mais son jockey a réussi à trouver une bonne position. Le train n’était pas très rapide. C’est pour cela que son jockey l’a décalée assez tôt en quatrième épaisseur. » Le jockey, Hugh Bowman, a ajouté : « Je n’ai pas de mots… Je suis très fier de la jument, sa série de victoires démontre que son entraîneur l’a gérée d’une façon exceptionnelle. C’est un honneur d’avoir fait partie de cette histoire. »

L’histoire de Winx – qui est près de 23 millions de dollars australiens de gains (14,23 millions d’euros) – n’est pas encore terminée. Son entraîneur a dit que si, après ses vacances, Winx montre qu’elle a encore envie de courir, elle sera dirigée sur le grand programme de Sydney en mars et avril. Pas un mot sur un voyage en Europe. C’est dommage mais aussi très sage. Et tant pis pour le parti de ses détracteurs et son président Matt Chapman.