La compétition

26.10.2018

La compétition

Par Adrien Cugnasse

En 1983, alors qu’il écrivait les premiers chapitres de sa propre légende hippique, un entraîneur désormais mondialement connu a déclaré : « Les Arabes sont dominés par tout un passé où le cheval a été l’objet de la plus grande considération. La connaissance du cheval et son respect habitent depuis toujours l’aristocratie arabe, beaucoup plus que dans toute civilisation. » Qui est ce grand homme de cheval ? C’est André Fabre, le plus grand professionnel français de ces trois ou quatre décennies ! Un peu plus loin, dans cette même interview, il expliquait : « On ne peut sortir de l’anonymat que si l’on se montre là où les règles du jeu sont différentes (…) Pour moi, la référence à laquelle il est absolument nécessaire de se mesurer si l’on désire s’éprouver, c’est le professionnalisme des Anglais. » André Fabre a gagné tous les classiques britanniques (Derby, Oaks, 1 000 Guinées, 2 000 Guinées, St Leger). Ses raids depuis Chantilly, comme ceux des meilleurs entraîneurs européens, n’ont fait que renforcer la valeur des grandes courses anglaises qui apparaissent plus que jamais comme le but ultime lorsque l’on n’a plus rien à prouver chez soi. L’équivalent de l’Angleterre pour les pur-sang arabes, c’est la France. Pour la première fois, en 2018, un cheval entraîné en Pologne, mais de naissance française, a remporté l’épreuve de référence, la Qatar Arabian World Cup (Gr. I PA). Ce succès inattendu – à 69/1 – laisse sans voix un certain nombre d’observateurs. Or cette victoire, c’est aussi un message adressé à tous ceux qui ont des pur-sang arabes à travers le monde : il faut venir courir en France car c’est là que réside la véritable compétition. Et c’est aussi dans l’Hexagone qu’on élève les meilleurs – nous l'avons dit, Fazza Al Khalediah est un "FR" –, qu’on peut acheter les souches pour être compétitifs – sa deuxième mère est passée sur le ring de la vente Arqana-Afac – et que l’on peut sortir de l’anonymat !