La lettre de France Galop à ses salariés suite à l’article de Capital

Institution / Ventes / 29.10.2018

La lettre de France Galop à ses salariés suite à l’article de Capital

Au début du mois de novembre, Capital a publié un article qui a fait grand bruit au sujet du PMU et de France Galop. Voici la lettre adressée par Olivier Delloye aux équipes de France Galop.

« Vous avez sans doute lu comme moi l’article paru dans Capital, signé de Philippe Eliakim.

Vous avez sûrement été atterrés, comme je l’ai été, par le caractère tendancieux de cet article.

La somme de raccourcis et de contrevérités contenue dans ces quelques pages donne une image erronée de l’action des sociétés de courses et de la complexité de la situation à laquelle elles sont confrontées. Mais cette accumulation d’erreurs discrédite aussi totalement l’article et son auteur, tant elle démontre que celui-ci avait délibérément l’intention de nuire à l’Institution des courses et ses représentants, peu importe la méthode.

Raccourci intellectuel et absence de sources contradictoires : les deux mamelles du (mauvais) journalisme à sensations 

Un tri sélectif, la distorsion des faits et un appel systématique à la polémique peuvent donner l’illusion d’une réelle recherche et d’une certaine connaissance mais cette illusion ne résiste pas à l’analyse informée que, tout comme moi, vous êtes en mesure de mener. Le raccourci intellectuel, assez largement employé ici, est évidemment le chemin le plus court pour arriver à démontrer ce qu’on a décidé de mettre en évidence. Malheureusement, le chemin le plus court n’est pas toujours le bon. À titre d’exemple, faire porter la responsabilité de la baisse des enjeux et la diminution du nombre de partants aux EpiqE Series est une triste illustration de cette paresse intellectuelle.

Diversifier ses sources pour appréhender différents points de vue sur une problématique complexe, voilà aussi ce qu’on est en droit d’attendre d’un journaliste consacrant trois pages à un dossier qui ne manque pourtant pas d’intérêt. Là encore, il est plus simple de s’en tenir aux propos d’une seule personne quitte à écrire des âneries. Non, France Galop n’a pas augmenté le nombre de courses à conditions au détriment des handicaps. Au contraire, lors de ces deux dernières années, France Galop a diminué le nombre de ces courses pour les 2ans et 3 ans (- 21 % pour les seuls 3ans) et créé des handicaps supplémentaires. Dans un contexte de baisse d’effectifs d’environ 2 % par an, jamais les équipes du Département programmes n’ont consacré autant de temps et d’efforts à aménager le calendrier et le programme pour réduire la proportion de courses creuses.

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose.

Des faits, du fond, de l’analyse, voici ce qui rend la critique crédible et constructive. Je n’en vois pas dans cet article qui regorge d’accusations infondées et calomnieuses (France Galop "copinerait" avec quelques grands propriétaires). Quels sont les faits avérés qui étayent ces accusations ? Les insinuations selon lesquelles nos équipes s’ingénient à créer des courses sur-mesure, sans partants, afin de satisfaire quelques professionnels privilégiés sont parfaitement grotesques.

Pourquoi vérifier des faits et des chiffres s’ils servent votre démonstration, à défaut d’être justes ?

Pour parachever ce travail bâclé, nous avons droit à une succession de chiffres fantaisistes : « un retour de 325 millions l’an prochain », les salaires ou encore « 20 millions de frais de gestion pour l’hippodrome de Longchamp » n’en sont que quelques exemples. Et comme si ces chiffres sortis de nulle part ne suffisaient pas, il fallait bien ajouter quelques grossières erreurs, comme d’affirmer que la réforme du régime des retraites de l’Institution fut une initiative de l’État.

Ce n’est pas la première fois, et hélas pas la dernière, que les courses et leurs acteurs sont maltraités par une presse flémarde qui ne les connaît pas, abuse des préjugés et travaille seulement à charge, sans prendre le temps de lire et sans manifester le désir de comprendre le dossier qu’elle a décidé d’ouvrir.

Fort heureusement, tous les titres et tous les journalistes ne tombent pas dans cet écueil et des analyses plus fines paraîtront sans doute dans les prochaines semaines pour exposer plus justement les réels défis qui nous attendent.

Je ne regrette pas de ne pas avoir répondu aux questions du "journaliste" lorsque j’ai été sollicité. Quand la volonté de nuire est aussi manifeste, vous pouvez être certain que tout ce que vous pourrez dire sera exploité de manière malveillante.

Que cet article ne vous atteigne pas, il ne le mérite franchement pas.

Restons concentrés et mobilisés pour affronter les vrais défis que nous avons face à nous. »