La vente d’octobre Arqana, une vitrine du savoir-faire français

Institution / Ventes / 22.10.2018

La vente d’octobre Arqana, une vitrine du savoir-faire français

La vente d’octobre, qui débute ce mardi, n’a cessé de prendre de l’importance depuis une dizaine d’années. Éric Hoyeau, Freddy Powell et Alix Choppin décryptent l’édition 2018 de ce rendez-vous d’importance pour l’élevage français.

Jour de Galop. – La vente d’octobre est la vacation qui a le plus évolué depuis une dizaine d’années. Comment l’expliquer ?

Arqana. – Quelques chiffres pour illustrer cette évolution : en 2010, le chiffre d’affaires était de 10 millions d’euros. Il est passé à 15 millions en 2013 et à 20 millions l’an passé. Plusieurs facteurs expliquent cette progression. Le travail que nous avons réalisé sur son format, en segmentant l’offre des yearlings, a joué. Mais si nous avons pu suivre et même précéder la tendance des books 2 européens, c’est aussi grâce à la progression qualitative de la production française. Cette progression s’illustre bien entendu ensuite dans les résultats sur les pistes des poulains issus de cette vente d’octobre.

Comment imaginez-vous la vente d’octobre dans dix ans ?

La vente d’octobre est la vitrine du savoir-faire français, au niveau de l’élevage comme de l’entraînement. Si l’on se projette dans dix ans, c’est cet axe-là qu’il faudra encore creuser. L’objectif final de cette vente reste l’approvisionnement de l’entraînement français. Galop Expo pourrait devenir l’endroit où les acheteurs de yearlings viendraient découvrir tout ce que la France peut leur offrir en termes d’exploitation de chevaux de course. Et cela fonctionnerait d’autant mieux que la vente s’inscrit dans le cadre d’un mini-meeting de courses. On peut imaginer que les entraîneurs, les centres d’entraînement, les écuries de groupe, l’Institution y soient représentés, avec des moyens de communication modernes. Cette année, pour la première fois d’ailleurs, l’Association des entraîneurs de galop aura son stand sur le salon.

La vente d’août n’a pas enregistré de réelle progression cette année. Comment analysez-vous les résultats avec un peu de recul ?

Il faut d’abord regarder les chiffres en valeur absolue. Depuis 2015, le prix moyen dépasse les 150.000 €, alors qu’il était inférieur à 100.000 € avant 2013, si l’on met de côté les années 2008 et 2009. La vente a réussi à consolider les niveaux atteints depuis quatre ans, et il faut aussi se rappeler qu’elle avait mieux résisté à la crise que ses équivalentes européennes. On ne peut pas parler de recul cette année… En revanche, il est vrai que le catalogue d’août est difficile à constituer, car les yearlings doivent correspondre aux exigences particulièrement élevées de cette vente de sélection. Et quand on ne trouve pas ce genre d’animaux en France, on doit aller les chercher à l’étranger, ce qui explique la proportion – 30 % – de poulains étrangers dans le catalogue d’août 2018. Il est aussi exact que l’on peut subir des positions attentistes d’un certain nombre d’acheteurs, car nous sommes la première vente du calendrier européen…

Certains consignataires français ont aussi fait le choix de vendre à l’étranger. Comment percevez-vous cette situation ?

D’abord, il faut se réjouir que la reconnaissance de la production française et de notre parc d’étalons permettent de telles initiatives. Certains étalonniers ont aussi voulu, en présentant des produits de leurs étalons à l’étranger, mieux les faire connaître sur la scène internationale. Nous comprenons ces choix commerciaux. Mais il faut aussi que chacun prenne conscience de sa responsabilité dans le soutien de la filière française. Si l’on veut que des grands acheteurs viennent à Deauville, et si l’on veut qu’ils exploitent en France, un catalogue fort est un prérequis. La production française dans sa globalité se vendra mieux si on a un segment haut de gamme fort. C’est un cercle vertueux, et la finalité reste la bonne santé de nos courses et de notre élevage, pas que notre chiffre d’affaires enregistre un point de progression en plus ou en moins.

L’année 2018 a été marquée par un marché dynamique des chevaux à l’entraînement en France, notamment lors de la vente de l’Arc. Cela peut-il pousser une certaine clientèle à réinvestir dans des yearlings ?

Les chevaux français ont en effet été très recherchés par les marchés américain et asiatique notamment. Il faut y  voir la reconnaissance de l’attractivité de notre système de courses, ainsi que du savoir-faire de nos éleveurs et de nos entraîneurs, capables de fabriquer et d’exploiter des chevaux sains. Nous en sommes d’autant plus satisfaits que nombre de ces chevaux sont passés par nos ventes de yearlings ou de nos breeze up ! Enfin, effectivement, ces transactions devraient permettre un renouvellement des effectifs et donc des achats de yearlings.

Quels sont, selon vous, les points forts du catalogue ?

Nous nous appuyons sur un sire power remarquable, marqué par sa grande diversité : des étalons confirmés, des jeunes remarqués avec leurs premiers 2ans, des étalons de première production qui génèrent beaucoup d’attente… En tout, ce ne sont pas moins de 130 étalons qui sont représentés dans le catalogue. L’offre est même, pour certains, abondante, et cette variété devrait pouvoir permettre à chacun de trouver ce qu’il cherche. Les graduates de la vente d’octobre continuent de connaître beaucoup de succès sur les pistes, avec cette année, des éléments comme Rocques (Lawman), Sistercharlie (Myboycharlie), Dice Roll (Showcasing), Louis d’Or (Intello), City Light (Siyouni), Lord Glitters (Whipper)… pour ne citer qu’eux. Nous sommes sur une bonne dynamique.

La deuxième édition du Critérium de la Vente d’Octobre, en association avec le haras de Bouquetot, vient de se courir. Quel bilan tirez-vous de cette opération ?

Le Critérium est désormais un événement bien intégré, de la part des éleveurs, puisque sur les 625 yearlings catalogués, 596 (95 %) sont qualifiés et pourront prétendre à un engagement l’an prochain, mais aussi de la part des entraîneurs et des propriétaires, qui en font, pour certains, un objectif prioritaire. Le podium de la dernière édition reflète assez bien la diversité de notre clientèle d’octobre. Le gagnant, Master Brewer (Reliable Man), est entraîné en Grande-Bretagne pour le compte d’un syndicat, et son entourage nous avait fait part de son intention de courir dès les débuts du poulain, au mois de juin. Le deuxième, Edinson (Diamond Green), est entraîné à Marseille par Richard Chotard pour le compte de l’écurie Ascot, alors que le troisième, La Yakfi (Makfi), défend l’entraînement d'Eoghan O’Neill et la casaque dubaïote de Khalifa Dasmal. Grâce au partenariat avec le haras de Bouquetot, les naisseurs de ces chevaux ont été récompensés par des saillies de Shalaa (Invincible Spirit) pour le premier, ainsi qu’Olympic Glory (Choisir) et Toronado (High Chaparral) pour ses dauphins. Le déjeuner auquel nous invitons tous les éleveurs, entraîneurs, propriétaires ayant joué le jeu du Critérium est très bien perçu. C’est l’occasion de vivre l’une des plus belles journées de courses françaises dans un environnement privilégié. Donc, oui, nous repartons sur une troisième édition !

Quels sont vos axes de développement pour les mois à venir ?

S’il ne fallait en garder qu’un, ce serait le renforcement de nos équipes commerciales et de notre réseau de correspondants, qui réalisent déjà un formidable travail de promotion de nos ventes et, plus généralement, des courses et de l’élevage français à l’international. Nous sommes en quelque sorte le bras armé du système français, et cette mission nous tient particulièrement à cœur. Donc nous allons continuer notre investissement humain et nos efforts pour que nos courses rayonnent encore plus à l’international.

LES GRANDS INDICATEURS DE LA VENTE D’OCTOBRE

              Présentés      Vendus (%)          Prix moyen      Médiane            C.A.

2017      606               491 (81,02%)       41.875 €          27.000 €            20.560.500 €

2016      578               459 (79,41%)       41.756 €          30.000 €            19.166.000 €

2015      551               433 (78,58 %)      35.829 €          25.000 €            15.514.000 €

2014      573               435 (75,92 %)      36.203 €          26.000 €            15.748.000 €

2013      543               449 (82,69 %)      33.468 €          25.000 €            15.027.000 €

2012      478               345 (72,18 %)      31.655 €          23.000 €            10.921.000 €

2011      551               375 (68,06 %)      27.533 €          20.000 €            10.325.000 €

2010      525               384 (73,14 %)      27.773 €          21.000 €            10.665.000 €

Galop Expo, le salon 100 % galop

Pour la troisième année consécutive, un salon 100 % galop ouvrira ses portes du mardi 23 octobre, à partir de 10 h, au jeudi 25 octobre, 18 h. Plus d’une soixantaine d’exposants, représentant tous les métiers de la filière pur-sang, de l’élevage à la communication, en passant par l’aliment, le soin, l’équipement, le transport etc., feront à cette occasion découvrir leurs nouveaux services et produits, et pourront échanger avec leurs clients ou partenaires potentiels. Ce salon, organisé par Arqana, bénéficie du soutien de la région Normandie et de la ville de Deauville.

S’informer… et se former avec les Équirencontres

L’édition 2018 des Équirencontres de Deauville, organisée par Boehringer Ingelheim et la Fédération des éleveurs du galop, aura lieu le mercredi 24 octobre à 11 h, dans l’établissement des ventes Arqana.

Ouvertes à tous, les Équirencontres sont l’occasion de partager et d’échanger sur un sujet précis, afin de permettre une meilleure compréhension des spécificités de la santé des équidés et de rappeler les règles élémentaires pour garantir aux chevaux santé et bien-être. Présentées par les meilleurs spécialistes, elles diffusent un message de sensibilisation, favorisent le développement des bonnes pratiques et réaffirment le rôle majeur de la profession vétérinaire.

Pour cette nouvelle édition, chaque conférence sera animée sous forme de dialogues éleveur- vétérinaire.

Voici les thèmes des conférences :

- Faire naître un futur crack : les points clés de la fin de gestation, par le Dr Sophie Paul-Jeanjean, responsable technique gamme équine Boehringer Ingelheim France,

- Préserver le champion de demain : la détection des signes respiratoires chez le jeune, par le Dr Julie Dauvillier, spécialiste en médecine interne des équidés, centre hospitalier vétérinaire équin de Livet (Calvados).