LE TOUR DES HARAS - OCTOBRE 2018 - Antoine de Talhouët-Roy : « La préparation aux ventes, elle commence dès la naissance du poulain ! »

Institution / Ventes / 21.10.2018

LE TOUR DES HARAS - OCTOBRE 2018 - Antoine de Talhouët-Roy : « La préparation aux ventes, elle commence dès la naissance du poulain ! »

Comme chaque année, les journalistes de JDG s’intéressent aux haras qui présenteront des yearlings en octobre chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire un peu décalé. Septième épisode : Antoine de Talhouët-Roy, du haras des Sablonnets.

HARAS DES SABLONNETS

72800 Le Lude

Jour de Galop. – Quel est l’aspect de votre métier que vous préférez ?

Antoine de Talhouët-Roy. – La contemplation des chevaux en liberté dans un herbage. Je suis de nature quelqu’un de contemplatif, et même si j’aime voir un cheval monté, je préfère largement l’observer dans son milieu naturel, sans l’intervention de l’homme.

Et celui que vous appréciez le moins ?

Un cheval pris de coliques. C’est imprévisible, très violent, et on sait que cela peut mal finir. Voir un cheval souffrir, quand on aime les animaux, c’est très dur.

La qualité que vous appréciez le plus chez un cheval ?

Le courage. Que ce soit en plat, en obstacle, ou même au trot, voir un cheval qui donne tout son cœur sur la piste, c’est un très beau spectacle. Je pense que naturellement, le cheval est un animal généreux. Quand il rechigne, c’est bien souvent qu’il a un problème ou mal quelque part.

Et le défaut qui vous fait hésiter ?

Je n’aime pas les chevaux méchants ou dangereux. Je n’ai pas envie que mon personnel prenne des risques avec un animal très compliqué. J’aime les chevaux, mais je leur préfère les hommes ! Et puis, il y a aussi le risque que cela se transmette à la descendance…

Votre plus belle réussite aux ventes ?

Je dirais Spiritjim, qui a fait le top price d’une vente d’octobre, mais qui est surtout, ensuite, devenu un très bon cheval de course, gagnant du Grand Prix de Chantilly, participant à deux Arcs de Triomphe…

Quel est l'aspect de la vente d'octobre que vous préférez ?

Sa situation dans le calendrier. En octobre, les yearlings ont eu le temps de s’épanouir naturellement. Ils peuvent donc être présentés avec moins d’artifice. En octobre, on voit mieux les chevaux qu’en août, et le marché n’en est que plus sincère.

Quelle est, selon vous, la spécificité de votre préparation aux ventes ? Votre patte personnelle ou la chose la plus importante à vos yeux ?

J’ai la chance d’avoir une petite équipe, qui aime les chevaux toute l'année, le travail bien fait, et qui est attachée à l’esprit familial du haras. La préparation aux ventes, elle commence en quelque sorte dès la naissance du poulain ! Nos poulains sont suivis au jour le jour, ils restent dans le même biotope, ne connaissent pas le stress d’un changement d’environnement.

Qui auriez-vous aimé être, si vous n'aviez été vous ?

Un musicien ou un moine. La musique et la religion sont deux choses importantes dans ma vie, et je l’assume.

"Je ne serais pas arrivé là, si..."

Si je n’étais pas né dans une famille passionnée par l’élevage et les courses. Mon père m’a emmené tout jeune aux courses, et je passais toutes mes vacances au haras. Cela a fortement contribué à ce que je suis aujourd’hui. 

Le lieu où vous vous sentez le mieux ? Et celui qui vous oppresse le plus ?

Bien que né à Paris, je suis un vrai amoureux de la nature, et je ne suis bien qu’au contact de la nature, au calme. Je pense même que lorsque l’être humain s’éloigne de la nature, il s’éloigne du bonheur. Le métro parisien ou un ascenseur bondé ont tendance à m’oppresser. Je suis devenu agoraphobe ou claustrophobe… ou les deux !

L’odeur que vous préférez ?

Le café chaud du matin, accompagné de tartines grillées. Cela tombe bien, c’est un petit plaisir que je peux m’offrir chaque matin !

Et celle qui vous fait horreur ?

L’odeur des poubelles en été quand les éboueurs sont en grève.

À l’école, la matière que vous préfériez ?

Le calcul mental.

Et celle que vous haïssiez ?

La géographie ne m’attirait pas.