Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Les régions en négo, ce jeudi à Auteuil

Institution / Ventes / 17.10.2018

Les régions en négo, ce jeudi à Auteuil

Ce jeudi, entre 14 h 30 et 17 h, les présidents de Sociétés de courses premium sont invités à Auteuil. La réunion a lieu sous l’égide de la Fédération nationale. Mais ce sont bien les sociétés-mères qui convoquent, pour faire accepter une réduction du nombre de courses premium en 2019. Nous nous sommes procuré le document de cadrage de cette réunion.

Plan Linette : un "Big 5"…

Cela a été la première conviction du duo formé par Bertrand Méheut et Cyril Linette : la priorité absolue est de stopper l’hémorragie de la clientèle. Le mot-clé est "rétention". Il s’agit de satisfaire les attentes et demandes de la clientèle actuelle, pour renouer le fil, pour faire que ses clients aiment à nouveau le PMU et aient envie de continuer à jouer aux courses.

Concrètement, le PMU se propose d’envoyer à ses clients ces 5 signaux forts :

1 • On diminue le nombre de courses

2 • On court moins tôt et moins tard dans la journée (amplitude horaire allégée)

3 • On simplifie la gamme de paris

4 • On se concentre sur la qualité de courses

5 • Et on propose un nouveau Quinté, susceptible de redonner du plaisir aux parieurs et d’augmenter leur espérance de gains.

La conversion (phase 2 du plan) et la conquête (phase 3), ce sera pour plus tard.

… très débattu par les sociétés-mères

Les sociétés-mères ont débattu du "Big 5". En interne, et entre trot et galop.

Les échanges ont longtemps été incertains. Des réserves ont été émises, au trot comme au galop. Peut-être un petit peu plus encore au trot, mais peu importe. D’où venaient ces réserves ? D’élus à qui l’on a répété, pendant des années, que notre salut était dans l’offre, que les jeux d’argent étaient un marché d’offre, que plus on proposait plus on gagnait, etc. Et qui le leur serinait ? Notamment les deux présidents – Édouard de Rothschild et Dominique de Bellaigue – qui se sont aujourd’hui convertis à une réduction de l’offre. Reconnaissons-le, tout cela demande une certaine souplesse intellectuelle !

Et plus : une réduction de l’offre est par définition risquée. Il y a ceux qui ont réussi à tendre la demande en réduisant l’offre, comme Adidas qui a "osé" retirer les Stan Smith de sa gamme pendant quelques années. Le pari a été hyper gagnant. Dès leur retour, les célèbres baskets blanches ont fait un triomphe qui n’a plus jamais été démenti. Mais il y aussi tous les autres, qui ont cédé des parts à la concurrence… entrant dans un cercle vicieux destructeur, où bientôt, le seul pilotage possible se fit par les charges.  

Finalement, les élus se sont mis d’accord sur le Plan Linette.

… puis interprété par les sociétés-mères

Les deux sociétés ont dû ensuite transcrire le Plan Linette en principes d’action.

Dans le document qui sera remis aux présidents premium jeudi à Auteuil, voici comment les choses y sont présentées [nous citons ici le document] :

« 1 • Diminution de l’offre de courses pour mieux valoriser le programme le plus qualitatif

  • Amplitude horaire quotidienne réduite (par exemple le dimanche : 11 h-18 h seulement)
  • Priorité aux courses françaises
  • Réduction forte de l’offre étrangère "alimentaire" en ne conservant que la part nécessaire pour assurer la régularité des plages horaires

2 • Meilleur confort de jeu

  • Temps entre deux courses allongé de 20 % (on passe de 15 minutes à 18 minutes)
  • Prix d’Amérique et Prix de l’Arc de Triomphe : 1 seule réunion dans la journée
  • Demande de ne plus dédoubler sur les réunions premium afin d’offrir des horaires fixes

3 • Meilleure lisibilité de l’offre hebdomadaire

  • Grille horaire de semaine unique (avec et sans nocturne)
  • Grille horaire de week-end unique (samedi, dimanche heure d’hiver et heure d’été)
  • Calendrier hebdomadaire des nocturnes simplifié et saisonnalisé avec un horaire de première course avancé à 19 h.
  • Suppression de la prise de paris sur les courses étrangères non diffusées sur Equidia Live »

Et plus loin, elles ajoutent, parmi les principes qui conduisent la réforme :

« • Au moins 1 réunion qualitative parisienne par journée

  • Équilibre des réunions trot/galop par journée
  • Recherche d’une alternance trot/galop par journée »

[Infographie]

Moins de courses premium…

Voilà pour la théorie. Si l’on passe maintenant à la pratique, cela signifie concrètement : moins de courses premium. Ce sera tout l’enjeu de la réunion de jeudi que de faire avaler la pilule aux sociétés régionales.

Les sociétés-mères précisent leur plan, dans le document auquel nous avons déjà fait référence :

« • Passage de 4 réunions à 3 en semaine

  • Passage de 3 réunions à 2 le dimanche
  • Le samedi, le créneau horaire disponible entre 11 h et 13 h 30 a été utilisé pour des réunions nationales de galop (24 dates) et a été préféré au transfert de la réunion en P.M.H.

Au trot, ce créneau a été utilisé pour des réunions étrangères

  • Suppression des dédoublements sur les réunions premium
  • Parité trot/galop
  • Chiffre d’affaires réalisé corrigé des effets de créneaux horaires ou du jour de semaine. Nombre de partants/qualité du programme
  • Maintien d’un nombre d’hippodromes premium important, et très proche de 2018 (arbitrage des sociétés-mères) »

… Ok, mais combien ?

Si on entre maintenant dans la pratique, quel va être l’impact de la réduction sur le nombre de courses et de réunions premium ? La proposition faite par les sociétés-mères est claire : la majorité des courses condamnées sont des courses étrangères (60 %), dont le nombre est quasiment divisé par deux !

L’effort, du côté français, est partagé entre trot (55 % des courses supprimées) et le galop (45 %). Et à l’intérieur du sous-ensemble des galopeurs, le plat fait plus de sacrifices que l’obstacle (305 courses sont supprimées en plat, soit 62 % du total, contre 185 en obstacle, soit 38 % du total).

Réduction du nombre de courses premium

  • Courses françaises (dédoublement compris)

1.085 courses supprimées, soit -10 % dont 595 au trot et 490 au galop

  • Courses étrangères

1.636 courses supprimées, soit -44 %

  • Total (France + étranger)

2.721 courses supprimées, soit -19 %.

Sociétés "trot" impactées par la réduction : 34 sur 52

-1 réunion pour 21 sociétés

-2 réunions pour 7 sociétés

De -3 à -4 réunions pour 3 sociétés

-8 réunions pour 1 société

Hippodromes non impactés au trot : 14

Sociétés "galop" impactées par la réduction : 27 sur 36

-1 réunion pour 13 sociétés

-2 réunions pour 5 sociétés

De -3 à -4 réunions pour 8 sociétés

De -5 à -7 réunions pour 1 société

Hippodromes non impactés au galop : 10

Réunions premium galop conservées, mais déplacées le samedi (créneau 11 h/13 h 30) : 24.

… Ok, mais qui ?

Enfin, voici l’ultime question, la question qui tue pourrait-on dire : qui va perdre des réunions et combien ? Un bon tableau valant mieux qu’un long discours, voici la proposition qui sera débattue jeudi. Pour le galop, elle est validée par les instances nationales. Pour le trot, elle est annoncée sous réserve de validation définitive du Conseil d’administration de la S.E.C.F.

 

Réunions premium galop

2018

2019

Évolution

Détail

ANJOU-MAINE

36,5

28

- 8,5

Angers (-2)

Le Lion-d’Angers (-2)

Craon (-2,5)

Cholet (-1),

Meslay (-1)

BASSE-NORMANDIE

5

2

-3

Argentan (-3)

CENTRE-EST

60,5

49

-11,5

La Soie (-1)

Vichy (-3)

Moulins (-4)

Aix-les-Bains (-3)

Lignières (-0,5)

EST

17

11

-6

Strasbourg (-1)

Nancy (-3)

Vittel (-1)

Wissembourg (-1)

HTE NORMANDIE/IDF

36

33

-3

Dieppe (-2)

Fontainebleau (-1)

NORD

15

15

=

 

OUEST

42

35

-7

Châteaubriant (-1)

Nantes (-1)

Saint-Malo (-2)

Les Sables-d'Olonne (-3)

SUD-EST

77

72

-5

Vivaux (-2)

Borély (-1)

Cagnes (-1)

Salon (-1)

SUD-OUEST

99

89

-10

Toulouse (-6)

Agen (-1)

Bordeaux (-2)

Tarbes (-1)

TOTAL

388

334

-54

 

Réunions premium trot

2018

2019

Evolution

Détail

ANJOU-MAINE

39

37

-2

Laval (-2)

Le Mans (-1)

Meslay (+1)

BASSE-NORMANDIE

40

35

-5

Graignes (-2)

Vire (-1)

Cherbourg (-1)

Le Mont-Saint-Michel (-1)

Clairefontaine (-1)

Lisieux (+1)

CENTRE-EST

33

31

-2

La Soie (-1)

Feurs (-1)

EST

17

13

-4

Reims (-3)

Nancy (-1)

HTE NORMANDIE/IDF

25

23

-2

Mauquenchy (-2)

NORD

41

30

-11

Le Croisé-Laroche (-8)

Amiens (-2)

La Capelle (-1)

OUEST

46

40

-6

Cordemais (-1)

Nantes (-1)

Maure-de-Bretagne (-1)

Saint-Brieuc (-1)

Saint-Malo (-1)

Les Sables-d'Olonne (-1)

SUD-EST

36

34

-2

Vivaux (-1)

Borély (-1)

Cavaillon (-1)

Hyères (+1)

SUD-OUEST

50

43

-7

Toulouse (-3)

Agen (-1)

Bordeaux (-1)

Beaumont-de-Lomagne (-2)

AUTRES

309

300

-9

Cabourg (-2)

Caen (-2)

Cagnes (-4)

Vichy (-1)

TOTAL

636

586

-50

 


Les sept plus grandes perdantes

Précision importante : il s’agit bien de réunions supprimées (cumul trot-galop). Cela ne veut pas dire que les sociétés-mères ne compenseront pas auprès de la société premium, par exemple en lui réattribuant une course supplémentaire sur plusieurs autres réunions premium maintenues. Un hippodrome peut perdre une réunion de sept courses… et retrouver ces sept mêmes courses réparties sur sept autres réunions.

Toulouse  9
Le Croisé-Laroche 8
Cagnes  5
Les Sables-d'Olonne 4
Moulins  4
Nancy  4
Vichy 4

Autour de 50.000 € d’économies, hors Equidia

La raison première de la réduction du nombre de courses premium est la volonté de retendre l’offre. Mais il en est une seconde qui a aussi son importance : faire des économies.

Pour rappel, quand elles organisent une réunion premium, les sociétés régionales perçoivent une prime spéciale qui varie entre 52.000 € (sur les trois premières réunions de l’année) et 49.000 € (à partir de la quatrième réunion, pour les sociétés qui organisent plus de trois réunions). En supprimant plus de cent réunions premium (104 exactement), les sociétés-mères vont économiser plus de 5 millions d’euros. Et c’est sans compter l’économie qu’elles feront, en sus, sur les frais spécifiques à une réunion à enjeux nationaux – en particulier la retransmission Equidia.