Plaidoyer pour une harmonisation internationale des courses de pur-sang arabes

26.10.2018

Plaidoyer pour une harmonisation internationale des courses de pur-sang arabes

Le 6 octobre à Paris, la Fédération internationales des autorités des courses de pur-sang arabes (Ifahr) s’est réunie pour son Assemblée générale. Son président, Faisal Al Rahmani, a insisté sur la nécessaire uniformisation des courses à l’échelle internationale.

Progressivement, de plus en plus de pays organisent des épreuves pour les pur-sang arabes. À l’échelle internationale, les courses réservées à ces chevaux sont en expansion. L’hétérogénéité des pratiques et règles en vigueur devient problématique. Pour favoriser la compétition internationale et les échanges entre les pays, l’uniformisation est une évidente nécessité. Mais c’est aussi un passage obligé pour les pur-sang arabes s’ils veulent parfaire leur intégration dans la filière hippique globale, au sens large, avec par exemple le besoin d’une certaine lisibilité pour satisfaire les exigences de la prise de paris hippiques. C’est enfin un gage de développement harmonieux pour l’avenir. Actuellement, un certain nombre de pays, en particulier dans le monde arabe, ne sont pas encore présents sur la scène internationale, malgré une longue et vivace tradition hippique. Lorsque ces nations auront levé les freins à leur ouverture – fin de conflit, évolution réglementaire, changement politique… –, elles auront besoin d’une règlementation claire et ubiquitaire pour encadrer un développement harmonieux et solide de leurs activités hippiques.

Un document de référence

Les courses hippiques, comme toutes les formes de compétitions, sont régies par des règles au sein desquelles l’objectif est de désigner les meilleurs individus. Toutes les personnes impliquées dans cette activité – propriétaires, entraîneurs, éleveurs, commissaires de course, élus, jockeys, employés des entreprises hippiques, parieurs, journalistes… – ont besoin de les connaître. On doit pouvoir répondre facilement à quelques questions cruciales comme : à quel âge a-t-on le droit de faire courir un pur-sang arabe ? Quelles sont les familles de produits et traitements interdits ? Qui sont les chevaux autorisés à prendre part aux épreuves réservées aux pur-sang arabes ?

L’ensemble de ces règles se trouve dans un document édité par l’Ifahr : l’International agreement for Arabian horse racing. Lors de cette Assemblée générale, le président, Faisal Al Rahmani, a particulièrement insisté auprès des pays membres sur l’impérieuse nécessité de signer ce document et de travailler sur ce sujet dans un délai rapide. À ce jour, une majorité des membres n’en a signé qu’une partie et le président a demandé à ce que les pays accélèrent le processus. Parmi ces règles, il y a notamment celle des trois générations identifiées qui doit aider à protéger les courses de pur-sang arabes de l’arrivée de chevaux à la généalogie mal connue. L’Afac (Association française du cheval arabe de course) et l’Aca France (Association nationale française du cheval arabe pur-sang et demi-sang), qui fait office d’organisme de sélection pour l’Hexagone, ont demandé à France Galop que cette règle des trois générations soit appliquée aux courses françaises à partir d’une date à définir.

Les courses iraniennes veulent s’ouvrir à l’international

Le 8 octobre, la Fédération internationale des autorités hippiques (Ifha) organisait sa grande conférence annuelle. Cette entité, qui chapote l’ensemble des courses au galop à l’échelle internationale, accueillait une nouvelle candidature, celle de l’Iran. Quelques heures après la conférence, nous avons pu joindre Shery Amir Aslani, porte-parole de la délégation iranienne. Alors que la filière hippique de son pays a l’ambition de revenir sur la scène mondiale, elle nous a expliqué : « En 2018, le programme des courses de pur-sang arabes en Iran a été largement soutenu par un nombre élevé de partants. Généralement, à Téhéran, une réunion de courses compte deux épreuves pour les pur-sang arabes et trois pour les pur-sang anglais. Le meeting dure huit semaines et nous avons presque 200 chevaux, si bien que nous avons créé une troisième course par réunion pour les pur-sang arabes. Mais nous aurions peut-être même pu en ouvrir une quatrième. Nous n’avions jamais vu cela à Téhéran. Le sponsoring des épreuves a un effet de stimulation, tout comme le fait que les chevaux de course soient mieux valorisés que ceux de show. Habituellement, les pur-sang arabes sont plus nombreux dans des provinces autres que celle de la capitale. Nous avons plusieurs étalons d’origine française dans le pays, comme par exemple Saladin de Monlau (Dormane) dont les premiers poulains sont très prometteurs. Un des objectifs des propriétaires et des éleveurs, c’est de faire sortir leurs chevaux d’Iran pour se mesurer à la concurrence internationale. »