TRIBUNE LIBRE - Votre meilleur cross-selling, c’est nous

Courses / 16.10.2018

TRIBUNE LIBRE - Votre meilleur cross-selling, c’est nous

Par Thomas Le Boucher

Éleveur, joueur et consommateur

« Dimanche 14 octobre 18 h, le thermomètre affiche encore 23 degrés sur l'hippodrome d'Auteuil à l'issue d'une magnifique journée au cours de laquelle les cracks ont pu s'illustrer dans des courses limpides. Le public, encore nombreux, regarde les derniers chevaux rentrer au rond. Une journée de courses comme on en raffole… ou presque.

Qu'on se rassure, une semaine après que le mécontentement des supporters anglais suite à l'Arc de Triomphe a fait la Une du Racing Post, l'hippodrome d'Auteuil conserve son titre du pire hippodrome parisien en matière de restauration.

Avant d'attaquer le cœur du problème, revenons un instant sur l'Arc de Triomphe qui retrouvait son écrin. Après trois ans d'attente, ParisLongchamp était fin prêt pour faire rayonner les courses françaises à l'international. Un cadre somptueux, des champions venus des quatre coins du monde et avec eux, leurs supporters venus par milliers pour les encourager et faire la recette de France Galop et du PMU. Une ambiance de rêve en somme !

Ceux qui ont eu la chance de s'attabler dans les différents restaurants de l'hippodrome ou d'être gracieusement invités ont été ravis. Ravis car ils ont pleinement pu profiter de ce magnifique endroit qu'est ParisLongchamp.

Pour les autres c'est une toute autre histoire. Ne nous attardons pas sur le prix des billets, on pourrait y consacrer une tribune.

On plaint les supporters, les familles et plus généralement tous les curieux venus assister au spectacle comme ils seraient venus voir un match de foot ou de rugby. Tous ces gens qui ont passé leur après-midi dans les files d'attentes en quête de leur pinte de bière, d'un burger tiède ou pour valider un pari.

Certaines questions méritent d'être posées. Quid du Petit Pré qui a pourtant tant séduit pendant les Jeuxdi ? Quid des "désoiffeurs", ces distributeurs de bières ambulants qui permettent une consommation sans limite ? Quid d'une offre de restauration à la hauteur de l'événement ?

 

Revenons à cet après-midi sur la butte Mortemart. Ici, pas de Petit Pré, pas de "désoiffeurs", pas même un snack ni une buvette.

Il est 18 h, les troupes se dirigent logiquement vers le Karly Flight pour clôturer la journée. Le "Karly," cette brasserie avec une vue imprenable sur le rond de présentation, où l’on aurait envie de passer la journée... On aurait envie oui, mais on ne le fait pas !

Le Karly, c'est l'endroit où l’on commande une demi-heure avant la première pour être servi pendant le Quinté et espérer avoir l'addition pour la 5e. On exagère… presque.

Le Karly c'est LA brasserie de l'hippodrome où en tant que sociopro, on ne va pas déjeuner. Pourquoi ? Parce que la nourriture y est – assez – médiocre, – relativement – chère et que le service est aussi détestable qu'interminable.

Après avoir laborieusement pris un café en milieu de réunion sur une table pas encore desservie du déjeuner, nous invitons nos amis à terminer cette belle journée autour d'un dernier verre. Trois heures plus tard, les tables ne sont toujours pas desservies. Qu'à cela ne tienne, nous sommes des durs à cuire, ce n'est pas ça qui va nous arrêter.

S'asseoir au Karly, c'est une expérience. On tente d'abord de héler un serveur, courage… On en tient un ! Il est 18 h 10, la terrasse est pleine, les rayons du soleil encore présents : on rêve tous d'une bière. La désillusion commence… Il est donc 18 h 10, la maison ne sert plus de bières à la pression, il y a rupture de stock de 1664 en bouteilles, « il est trop tard pour commander des cafés » et on ne peut demander un Perrier tranche pour cause de pénurie de citron. À croire que nous étions 30.000 personnes cet après-midi à Auteuil !

 

Est-il nécessaire d'en dire plus ? Si, un conseil peut-être, pour les amoureux des courses qui font du rabe : après avoir sifflé votre Coca, ne tardez pas trop car le tunnel pour rejoindre le métro ferme à 18 h 50 (ah ! ces Parisiens qui rentrent en métro…). Pas d'excès de zèle à Auteuil.

En résumé, vous avez adoré ParisLonchamp ? Venez donc passer un dimanche à Auteuil !   

Chers dirigeants, avant de partir à la conquête d'un public nouveau à grand coup de campagne marketing et d'études de marché, nous vous en prions, assurez le minimum, on se chargera du reste ! Votre meilleur "cross-selling" c'est nous, les propriétaires, les éleveurs, les joueurs, les jeunes passionnés des courses qui faisons découvrir notre univers à nos amis dès que nous en avons l'occasion. Notre sport, on le connaît, on l'aime et on sait le vendre, alors s'il vous plaît, ne nous mettez pas de bâtons dans les roues.

À votre disposition. »