Alexandre Baudoin-Boin - « La collaboration avec Sébastien Zuliani est un facteur primordial de ma réussite en 2018. » - Par Alice Baudrelle

Courses / 16.11.2018

Alexandre Baudoin-Boin - « La collaboration avec Sébastien Zuliani est un facteur primordial de ma réussite en 2018. » - Par Alice Baudrelle

Alexandre Baudoin-Boin : « La collaboration avec Sébastien Zuliani est un facteur primordial de ma réussite en 2018. »

Ȃgé de 26 ans, Alexandre Baudoin-Boin fait partie des jockeys de l’Ouest qui montent sans faire de bruit. Il réalise actuellement sa meilleure année et espère bien avoir l’occasion de faire ses preuves à Paris dans un proche avenir. Portrait d’un jeune homme qui gagne à être connu.

Par Alice Baudrelle

Jour de Galop. – Vous alignez les bons résultats cette année, avec déjà neuf victoires et de nombreuses places. Quel a été l’élément déclencheur de votre réussite ?

Alexandre Baudoin-Boin. – Il est clair que c’est ma meilleure année. Ma collaboration avec Sébastien Zuliani, qui a de bons débuts en tant qu’entraîneur, y a énormément contribué. C’est un ami de mon père et il n’avait pas de jockey attitré, il a donc fait appel à mes services. Cela s’est bien passé d’entrée de jeu et nous avons continué ensemble. C’est un perfectionniste, il adapte l’entraînement à chaque cheval. Il me fait confiance et me donne beaucoup de conseils sur les parcours. Je lui ai d’ailleurs offert son premier gagnant grâce à Vhisky Singer (Secret Singer), avec lequel je me suis imposé à Segré. Le cheval appartient à sa compagne, Julia, et c’était aussi une première victoire pour elle !

Vous affichez d’excellentes statistiques avec ce cheval que vous avez découvert cet été : deux victoires et quatre places en six sorties.

Il était auparavant chez Étienne & Grégoire Leenders et a subi un an et demi d’arrêt. Nous lui avons fait faire une rentrée à Josselin et il a enchaîné les bons résultats. Sébastien Zuliani a fait un super boulot pour le remettre de l’avant, car le cheval n’avait plus le moral. Nous avons gravi les échelons au fil des courses et nous venons de conclure troisième sur le cross de Fontainebleau, un tracé qui n’est pas trop coulant pour lui. Grâce à cette troisième place, nous sommes qualifiés pour l’Anjou-Loire Challenge. Cela pourrait être une option sympa dans le programme du cheval.

Vous avez aussi remporté votre première course PMU au mois de septembre…

Je me suis en effet imposé avec Chouch’ou (Passing Sale) pour la famille Denuault sur l’hippodrome de Craon. C’était l’année des premières ! Elle aurait pu être encore meilleure si je n’avais pas dû subir un mois et demi d’arrêt suite à une fracture du poignet en mai. C’est vraiment mal tombé, car c’est arrivé juste avant l’été. Or, c’est une période où je monte énormément en Bretagne. Mon année se fait principalement de mai à septembre, puisque je monte beaucoup sur les petits hippodromes de province.

On vous voit beaucoup sur les hippodromes de l’Ouest. Avez-vous déjà tenté votre chance à Maisons-Laffitte ou à Chantilly ?

Oui, j’ai travaillé pour Thierry Civel durant trois mois il y a quelques années, mais la vie parisienne ne me plaisait pas. Je préfère ma campagne et ma vie tranquille avec ma compagne, dans ma maison située près de l’hippodrome de Durtal, avec mon chien… De plus, mes amis sont dans la région. J’ai trouvé un bon équilibre depuis la fin de l’année dernière et c’est ce qui m’a permis d’avancer. Avant, j’étais toujours dans le flou, j’allais d’écurie en écurie… Cela fera bientôt trois ans que je suis au service de Philippe Peltier et j’y suis très bien. La première année a été dure, car j’avais beaucoup de défauts, et il a dû rectifier ma façon de monter. Il m’a beaucoup appris et m’a fait progresser. Le matin, je suis bien entouré puisque je saute ses chevaux avec Johnny Charron, Olivier Jouin ou encore Wilfried Denuault, qui sont de très bon conseil. L’après-midi, je vais sauter les chevaux de Sébastien Zuliani et de mon père. De toute façon, je n’ai pas de chevaux pour Paris. Je n’ai pas d’agent non plus, car j’estime que lorsqu’un entraîneur veut mettre un jockey sur son cheval, c’est parce qu’il l’a remarqué, et non parce qu’un agent l’a appelé.

Vous êtes plutôt répertorié comme un jockey de cross. Est-ce une discipline que vous affectionnez particulièrement ?

Oui, et c’est peut-être ce qui fait que les entraîneurs ne m’appellent pas pour monter à Paris ! Le cross est une discipline exigeante dans laquelle j’ai effectué mes premiers parcours, alors que j’étais encore gentleman-rider. En haies, si on part bien et qu’on a le gaz, c’est plutôt facile. En cross, on peut prendre un mauvais départ et revenir quand même en bon rang si on prend les bonnes trajectoires !

De quelle manière envisagez-vous l’avenir ?

J’espère faire une quinzaine de gagnants par an à partir de 2019 et continuer à gravir les échelons. J’aimerais bien trouver des chevaux capables de courir à Paris, ou même de participer à de bonnes courses PMU. J’aimerais aussi monter davantage la semaine, car on fait surtout appel à moi durant les week-ends. Sébastien Zuliani a quelques jeunes chevaux à l’entraînement, alors ça me motive encore plus pour l’année prochaine !