COMMUNIQUÉ DE LA FÉDÉRATION DES ÉLEVEURS DU GALOP - Comment faire avancer le marché dans un contexte incertain ?

Élevage / 16.11.2018

COMMUNIQUÉ DE LA FÉDÉRATION DES ÉLEVEURS DU GALOP - Comment faire avancer le marché dans un contexte incertain ?

COMMUNIQUÉ DE LA FÉDÉRATION DES ÉLEVEURS DU GALOP

Comment faire avancer le marché dans un contexte incertain ?

Le 31 octobre et le 1er novembre, seize nations étaient réunies pour le congrès de la Fédération internationale des éleveurs de pur-sang (International Thoroughbred Breeders’ Federation ou ITBF). Le meeting était organisé à Lexington, pendant deux journées, en préambule à la Breeders’ Cup. La France a, comme d’habitude, pleinement joué son rôle dans les débats.

La conjoncture soulève de nombreuses questions, notamment en ce qui concerne les difficultés rencontrées par une partie du marché : est-ce dû au comportement de la dizaine d’acheteurs très influents ? Au prix des ventes ? À la perte de propriétaires ? Aux conditions difficiles d’entraînement ? Il s’agit certainement d’une combinaison de ces facteurs. Les représentants venus du monde entier ont échangé autour de la question suivante : « Comment faire avancer le marché de l’élevage dans un contexte incertain, voire difficile ? »

Beaucoup de pays rencontrent les mêmes problèmes. Les seize pays membres de l’ITBF — dont la France, représentée par Loïc Malivet, Tim Richardson, Hubert Honoré, Guillaume Fortier et Romane Carron de la Carrière — prenaient part à l’assemblée générale des fédérations internationales des éleveurs. Les statistiques internationales de la filière élevage (naissances, poulinières et étalons en activité, résultats des ventes et courses) témoignent que les sujets de préoccupations sont communs dans de nombreux pays (mis à part le Japon, l’Australie et les États-Unis) : manque de propriétaires, ventes très sélectives, coûts de fonctionnement très élevés… À noter, la France, contrairement aux autres pays, a une production en augmentation, qui s’explique par le système attractif des primes, une fiscalité incitative et des allocations de courses importantes.

Ces projets qui font bouger les courses. Les États-Unis ont mis en valeur leur projet de reconversion des chevaux de courses : "The Retired Racehorse Project" est un véritable succès fondé sur une approche business de cette préoccupation sociétale. La France a mis en avant les résultats de l’association Au-delà des pistes, une démarche saluée et soutenue par plusieurs pays. La nécessité du soutien des agences de ventes et des autorités hippiques envers ces associations a été exposée (la Fédération des éleveurs a pu le faire en versant 1/1.000 des primes à l’élevage, soit un montant de 9.000 € pour 2018). L’Irlande est à l’origine de la "smart card all included". Il s’agit d’un passeport biologique équin contenant leurs certificats vétérinaires, le livret d’identification et les autres documents relatant l’historique sanitaire du cheval. Il est en effet urgent d’utiliser la technologie au profit d’une simplification des démarches administratives.

Rendez-vous en 2020 en France. Le vieillissement des éleveurs est une préoccupation internationale : au cours des cinq dernières années, 8 % des éleveurs ont stoppé leur activité et 90 % d’entre eux ont plus de 35 ans. Enfin, 66 % ont 55 ans et plus. Un thème qui sera abordé lors de la prochaine réunion de l’EFTBA (Fédération européenne) fin novembre à Newmarket, avant d’envisager un meeting européen de jeunes éleveurs en 2019. L’assemblée générale s’est clôturée par l’annonce de stratégies communes et un vote approuvé à l’unanimité : les pays membres de l’ITBF se sont prononcés CONTRE l’utilisation des méthodes artificielles d’élevage pour les pur-sang. Very good news : la France a été choisie pour organiser la prochaine session de l’ITBF ! Elle se tiendra en 2020, certainement en juin afin que les délégations étrangères puissent se rendre au Prix de Diane et à Royal Ascot par la suite. C’est une formidable occasion de mettre en avant la réussite de notre filière des courses, autour de l’élevage, avec tradition et distinction "à la française".

La France en pointe sur les questions sanitaires. Réunis dans la belle salle des ventes de Fasig-Tipton, quatorze délégués vétérinaires prenaient part à ce meeting international. Guillaume Fortier, vétérinaire-conseil de la Fédération et directeur général du laboratoire LABÉO, a présenté un rapport sanitaire du Respe et la création du Groupement d’intérêt scientifique CENTAURE dédié à la recherche pour la filière équine.

Les sujets de discussion ont été nombreux : biosécurité, sécurisation sanitaire des ventes, rhinopneumonie, réseaux de surveillance. Les pays membres ont souhaité mettre en avant et renforcer l’application du Code of Practices (pratiques sanitaires applicables à l’élevage de pur-sang, en vigueur dans les pays européens, mais pas encore dans le reste du monde). Il reste la référence pour lutter efficacement et contrôler la métrite, l’artérite virale et l’anémie infectieuse. Nombre de ces maladies sont liées à l’importation (en ce sens, la monte naturelle est très protectrice, car surveillée et contrôlable), les réseaux permanents de praticiens et de laboratoires de haut niveau constituent toujours le premier maillon de la chaîne. Au sujet de la rhinopneumonie, la vaccination combinée avec une bonne conduite d’élevage reste la meilleure solution face aux avortements contagieux. La position de la France de rendre obligatoire cette vaccination en courses (galop et très récemment au trot) a été saluée. Aucun vaccin n’existe encore contre la forme nerveuse, mais les représentants allemands du laboratoire Boehringer Ingelheim ont annoncé qu’ils travaillaient actuellement sur ce sujet, qui a suscité de nombreux débats.

Une autre discussion animée fut celle de la médication aux ventes, vaste sujet à la fois éthique, bien-être, médical, réglementaire… Un vrai groupe de travail élargi pourrait s’y pencher avec en ligne de mire les bisphosphonates, le Regumate, les anabolisants divers et apparentés, les injections sous-cutanées à but cosmétique, les anti-inflammatoires stéroïdiens.