Coralie Pacaut : « Si je termine tête de liste chez les femmes jockeys, j’entrerai dans l’histoire »

Courses / 14.11.2018

Coralie Pacaut : « Si je termine tête de liste chez les femmes jockeys, j’entrerai dans l’histoire »

Par Alice Baudrelle

Pointant actuellement à la 16e place du classement des jockeys, à égalité avec Antoine Hamelin, Coralie Pacaut a rejoint depuis peu le rang des professionnels. Ȃgée de 20 ans, elle a intégré l’équipe de Jean-Claude Rouget depuis cet été et ne cesse d’aligner les succès. Portrait d’une jeune femme déterminée à qui tout sourit actuellement.

Jour de Galop. – Vous avez signé votre 85e succès le 3 novembre dernier. Pensiez-vous que la perte de votre décharge surviendrait aussi vite ?

Coralie Pacaut. – Pas du tout ! J’ai gagné ma première course il y a un peu plus de trois ans, et la deuxième deux semaines plus tard. Ensuite, j’ai mis un an et demi avant de m’imposer de nouveau, car mon patron de l’époque, Philippe Demercastel, avait peu de chevaux à l’écurie. À partir du moment où j’ai rejoint l’équipe de Tony Castanheira et rencontré mon agent, Alexis Doussot, tout s’est très vite enchaîné.

Comment avez-vous fait leur connaissance ?

J’avais fait le meeting de Cagnes-sur-Mer 2016-2017 pour Philippe Demercastel, et ses chevaux étaient dans la même cour que ceux de Tony Castanheira. À la fin du meeting, je suis partie pendant un mois et demi à Miami, chez Mark Casse, afin de voir autre chose. En rentrant, j’ai été embauchée chez Tony Castanheira. C’est un entraîneur qui m’a vraiment inspirée, il a été jockey lui-même par le passé et sait donc mieux que quiconque ce qu’il faut faire. C’est lui qui m’a lancée et il m’a toujours donné des conseils après chaque course, même lorsque je ne montais pas pour lui. Il m’a aussi témoigné sa confiance en me faisant monter dans des courses sans décharge. C’est également lui qui m’a présenté Alexis Doussot.

Vous n’êtes pas issue du sérail. Qu’est-ce qui vous a attirée dans le milieu des courses ?

Quand j’étais petite, je passais toutes mes journées de vacances au poney-club. J’ai fini par vouloir exercer un métier où je pourrais monter à cheval, et j’aimais l’esprit de compétition qui régnait lors des concours. Une fille de mon collège allait entrer à l’Afasec et m’en a parlé, ce qui m’a poussée à m’y inscrire. Mes parents ont été un peu durs à convaincre, car je suivais des cours dans une école privée et j’avais de bonnes notes. Et surtout, je leur avais dit au début que je voulais devenir architecte ! Ils ne connaissaient rien aux chevaux, mais désormais ils sont beaucoup plus investis. Mon père regarde toujours ce que je vais monter, il suit les engagements… J’ai réussi à les convertir à ma passion !

Vous êtes plutôt grande, mais vous ne semblez pas avoir de problèmes de poids…

Non, je peux descendre jusqu’à 50 kilos sans problème. J’ai la chance de ne jamais être au régime. Avant, je courais souvent avec mon père car il faisait des marathons, et j’ai gardé cette habitude. Cela me permet de me maintenir en forme, et c’est agréable ici de pouvoir courir sur la plage.

Quels sont vos atouts en compétition ?

On m’a souvent dit que j’avais une bonne main et que je donnais généralement de bons parcours aux chevaux, mais je ne sais pas si c’est vrai (rires) !

Vous êtes au service de Jean-Claude Rouget depuis le 1er septembre. Comment votre collaboration a-t-elle débuté ?

J’ai toujours travaillé dans de petites structures et j’ai voulu voir comment ça se passait dans une écurie plus "importante". J’ai donc décidé de faire le meeting de Deauville pour Jean-Claude Rouget. Au début, il ne comptait pas me faire monter, mais les occasions se sont présentées. Cela s’est tout de suite bien passé et il m’a proposé de rester travailler pour lui à Deauville. Je me suis très bien adaptée à la vie là-bas.

Maintenant que vous avez perdu votre décharge, comment appréhendez-vous l’avenir ?

Plutôt bien, je ne me pose pas trop de questions. Je vais continuer à travailler toujours plus dur et j’ai un très bon agent qui joue son rôle à 100 %. Je vais faire le prochain meeting de Cagnes-sur-Mer pour Jean-Claude Rouget et j’espère que les choses vont continuer dans le bon sens. J’ai monté ma première Listed mardi à Chantilly, pour l’entraînement de Mathieu Boutin, et j’espère qu’il y en aura d’autres ! Ce serait vraiment beau aussi de réussir à m’imposer dans une belle course sans décharge, un Quinté ou une Classe 1 par exemple. Mon objectif de fin d’année est de dépasser Mickaëlle Michel au nombre de victoires, car elle a pour le moment huit succès d’avance sur moi. Si j’arrive à récolter plus de succès qu’elle, non seulement j’obtiendrai la Cravache d’or chez les femmes jockeys, mais j’établirai aussi un nouveau record de victoires pour une femme. Et ça, ça me ferait entrer dans l’histoire !