Hector de Lageneste, la tête sur les épaules, le regard vers les sommets

Courses / 12.11.2018

Hector de Lageneste, la tête sur les épaules, le regard vers les sommets

Par Christopher Galmiche

Moins de vingt-quatre heures après son premier succès de Groupe en France, dans le Prix Sytaj (Gr3), dimanche à Auteuil, acquis avec Ecbatane (Balko), le jeune entraîneur Hector de Lageneste nous a expliqué pourquoi cette victoire était si forte en émotion.

Jour de Galop. – Comment avez-vous vécu la course d’Ecbatane dans le Prix Sytaj ? On a l’impression qu’elle a gagné toute la course…

Hector de Lageneste. – C’est un peu cela. Nous avions beaucoup de choses pour nous dans cette épreuve, bien que nous montions plusieurs étages. C’est un succès que nous avons essayé de construire depuis longtemps avec son propriétaire, Patrice Détré. Nous avons beaucoup échangé sur ce que nous devions faire. Nous avons couru des épreuves qui n’étaient pas évidentes avant le coup, dans de bons lots, parce que nous voulions qu’elle prenne ses marques sur Auteuil. Nous avons commencé par un steeple de 3.500m, puis sur 4.400m. Nous avons suivi ce programme pour être au top en vue du Gr3 et ne pas avoir d’excuses.

À partir de quand avez-vous pensé à cette course pour elle ?

Après le meeting de Pau, nous avons échangé et nous nous sommes dit qu’elle pourrait avoir le profil pour ce Gr3. Suite à sa victoire dans le Prix Radio Paris à Compiègne, nous avons alors fait de ce Gr3 un vrai objectif.

Comment vous sentez-vous après cette première victoire de Groupe ?

Je me sens bien, mais il faut garder les pieds sur terre. Nous avons repris le travail, il faut se concentrer parce que nous n’avons pas le temps de nous endormir ! Cela fait trois ans et demi que je suis installé. Nous avons gravi des échelons petit à petit. J’ai construit une base solide autour de moi, avec mon équipe. Mais tout ne s’arrête pas là.

Vous avez choisi Ecbatane à l’élevage. Qu’est-ce qui vous avait alors sauté aux yeux ?

C’est une très bonne famille. Guillaume Macaire m’a toujours dit que les souches AQPS, avec des bases anglo-arabes, donnaient de très bonnes juments qui, de plus, font de très bonnes mères derrière. Ecbatane provient d’un bon courant de sang et, yearling, elle était très belle. Elle m’avait plu. J’en avais parlé à Patrice Détré. Il m’a dit qu’il adorait la famille maternelle et, du coup, nous sommes retournés voir Ecbatane. Nous avons fait affaire ensemble.

Quel devrait être le programme de la pouliche ?

Elle est rentrée ce lundi matin. Même si elle a gagné facilement, elle a fait 4.300m dans le terrain lourd d’Auteuil et c’est une pouliche qui se donne beaucoup dans ses courses. Il faut voir comment elle va récupérer. De toute manière, le programme est simple car il ne lui resterait que le Prix Morgex (Gr3, 25/11) à courir. Mais c’est dans quinze jours. C’est la pouliche qui va nous dire si elle recourt. Si elle est vraiment très bien, nous en rediscuterons. Pour l’instant, la suite du programme est un point d’interrogation.

Comment est née votre amitié avec Patrice Détré ?

Nous nous sommes liés d’amitié chez mon oncle [Nicolas de Lageneste, ndlr], il y a une quinzaine d’années. J’avais fait une bêtise en cassant le quad de mon oncle et à cette époque, je ne m’intéressais pas encore aux chevaux. Je ne faisais que de la moto. Pour rembourser le quad, j’ai travaillé chez mon oncle, à repeindre les portes de box l’été. À cette époque, Patrice est venu faire des stages durant l’été chez mon oncle, pour s’occuper des chevaux. Nous avions presque le même âge, nous avons commencé à échanger, à faire connaissance. Nous nous sommes rapidement bien entendus. C’est d’ailleurs grâce à lui que je suis dans le milieu des courses. Nous avions fait un deal car il voulait essayer la moto. Je lui ai dit : « Le matin tu m’apprends à monter à cheval et l’après-midi, je t’apprends à faire de la moto. » J’achetais le Turf et je l’apprenais par cœur de A à Z. J’appelais Patrice pour lui poser des questions lorsque je ne comprenais pas certaines choses.

Ensuite, vous êtes passé chez Emmanuel Clayeux, Guy Cherel et Guillaume Macaire. Trois professionnels reconnus où vous avez dû apprendre énormément…

Avant cela, j’ai fait mes premiers stages chez Éric Vagne, à Moulins. J’ai fait mes premiers canters chez lui. Il m’a vraiment mis le pied à l’étrier et appris beaucoup de choses. J’ai ensuite fait deux ans d’apprentissage et un an en tant que jockey chez Emmanuel Clayeux. Puis je suis allé chez Guy Cherel avant de partir chez Guillaume Macaire, pour lequel j’ai monté pendant deux ans avant d’être assistant pendant deux autres années. J’ai appris énormément de choses de chacun de ces entraîneurs. J’ai été jockey parce que j’aimais la compétition. Mais j’ai construit cette carrière de jockey pour qu’elle me serve en tant qu’entraîneur. J’avais déjà cela en tête. Je pensais que ces professionnels allaient beaucoup m’apporter en tant que jockey, mais surtout en vue de mon futur d’entraîneur. Ce sont trois personnes qui ont des méthodes complètement différentes.

Quels sont vos futurs objectifs ? Le meeting de Pau se profile…

C’est vrai que Pau est important pour moi car j’y suis installé. Mais ce n’est pas non plus un objectif parce que je ne peux pas me concentrer sur trois mois dans l’année uniquement. Il faut que je gagne des courses toute l’année. Comme je n’ai pas beaucoup de chevaux, je ne garde qu’un petit pilier pour Pau. J’ai ce qu’il faut pour faire un meeting correct. Pour le futur, je veux continuer comme cela, à avoir une clientèle qui me fait confiance, des jeunes chevaux qui arrivent tous les ans. Je veux continuer avec l’esprit que j’ai depuis que je suis installé en établissant une base solide pour monter petit à petit la pyramide.

[à plat]

Hector de Lageneste en résumé

Installé entraîneur public à Pau depuis février 2015 (licence obtenue en février 2014)

Ancien jockey d’obstacle passé par les maisons Vagne, Clayeux, Cherel et Macaire

Assistant entraîneur chez Guillaume Macaire pendant deux ans

8 octobre 2015 : première victoire dans le Prix Johnston à Bordeaux avec Un Petit Loup (Loup Solitaire)

3 mai 2016 : premier succès parisien à Enghien grâce à Zeaudiak (Laverock), vainqueur du Prix du Jurançon

19 mai 2018 : première victoire à Auteuil grâce à Eden Conti (Khalkevi), lauréat du Prix Djarvis

11 novembre 2018 : premier succès de Groupe dans le Prix Sytaj (Gr3) grâce à Ecbatane (Balko).