L’Europe des ventes approche du cap des 800 millions - Par Franco Raimondi

Institution / Ventes / 16.11.2018

L’Europe des ventes approche du cap des 800 millions - Par Franco Raimondi

À LA UNE

L’Europe des ventes approche du cap des 800 millions

Les sportsmen ont désormais le regard tourné vers l’Extrême-Orient où Ryan Moore et William Buick, les pilotes de Coolmore et Godolphin, ont décroché une licence de la Japan Racing Association. Le premier pour trois semaines, le deuxième pour cinq. Ryan Moore sera donc au Japon pour le Mile Championship ce dimanche, mais également lors de la Japan Cup le 25 novembre et lors du Champions Cup sur le dirt le 2 décembre. Ces trois Grs1 cumulent 8,58 millions d’euros d’allocations. De son côté, le Norvégien sera aussi au départ des deux Grs1 pour 2ans, le Hanshin Juvenile Fillies et le Asahi Hai Futurity, avec à la clé 2,27 millions d’euros. Hongkong propose ce dimanche trois trials pour les Longines International Races, les quatre courses internationales dotées d’un total de 10,49 millions d’euros.

À présent, sur les pistes européennes, l’obstacle a repris ses droits, mais il faut quand même continuer à suivre les épreuves hivernales en plat. Parfois, on a de bonnes surprises. Enable a par exemple débuté le lundi 28 novembre 2016 sur la P.S.F. de Newcastle. Je me souviens qu’un jour un vieux confrère disait que toutes les courses, même les plus modestes, participaient à la sélection du pur-sang (positivement ou négativement !) Mon barbier ne m’a pas vu depuis longtemps et avec le ralentissement de la saison de plat, je vais enfin pouvoir aller faire un tour chez lui… avant de me plonger dans le tourbillon des enchères. D’ici au jeudi 13 décembre, il reste effet 11 ventes de pur-sang à couvrir, c’est-à-dire environ 6.000 lots catalogués. Il s’agit d’un moment décisif pour le marché. Peut-être le plus délicat de l’année.

Par Franco Raimondi

La recette américaine. L’Europe – c’est beau de prononcer ce mot malgré le Brexit et les signaux négatifs qui arrivent d’Italie – et ses chevaux sont sortis de la crise avant les États-Unis. Ce vendredi, alors que 200 sujets devaient encore passer sous le feu des enchères à Keeneland, le chiffre d’affaires total de toutes les ventes américaines était de 1.074 millions de dollars (ou 1,074 milliard si vous préférez) pour 13.317 chevaux vendus. La barre symbolique du milliard a donc été dépassée. Mais le marché américain n’a pas encore retrouvé le niveau d’avant la crise de 2008, avec ses 1.234 millions. Et peut-être qu’il ne l’atteindra pas avant encore plusieurs années. L’offre proposée aux ventes publiques a fondu de 33 %, suite à une chute des naissances qui sont passées de 34.358 en 2007 à 22.500 en 2017. Le prix moyen des chevaux adjugés aux ventes américaines a donc progressé de 58.190 à 81.761 $, soit une augmentation de 40,5 % en plus. C’est une recette. Pas forcément la bonne.

En 2017, l’Europe a dépassé le chiffre d’affaires d’avant la crise. En 2017, le chiffre d’affaires des ventes en Europe a retrouvé le niveau d’avant la crise et 17.642 sujets ont trouvé preneurs pour 809,29 millions d’euros (940 millions de dollars). En 2007, 17.512 chevaux ont été vendus pour un total de 727,03 millions d’euros. La remontée des ventes européennes a dans les faits été plus rapide, car les données de départ sont un peu truquées par la chute de la livre (et donc de la Gns). En 2007, avec une livre on avait 1,43 €. Et cette année-là, le volume des transactions en livres et Gns était de 451,55 millions après conversion en euros, soit 62,1 % du total. La livre a chuté à 1,11 € en 2009, la première année de la crise, avec un total des ventes en Europe de 423,59 millions d’euros, dont 62,8 % en Angleterre.

Et il a presque doublé en 2009. Il ne s’agit pas d’un artifice comptable, les ventes en Europe ont vraiment presque doublé de volume de 2009 à 2017, en affichant une croissance de 91,2 %. L’Angleterre, avec un chiffre d’affaires de 475,56 millions d’euros, enregistre une progression de 78,5 % par rapport à 2009. En 2017, les rings anglais ont généré 58,7 % du chiffre d’affaires européen.

La France a suivi la même tendance pendant la période 2009 – 2017. Et le chiffre d’affaires s’est fixé à 141,3 millions (+78,3 %). Il représente 17,4 % du marché continental. Dans l’Hexagone en 2017, 2.919 galopeurs ont trouvé preneurs, c’est 39,2 % de plus qu’en 2009 et 74,6 % de plus qu’en 2007. Et pour cause, Osarus n’existait pas en 2007. De même Arqana a vendu 2.642 galopeurs en 2017 contre 1.671 une décennie plus tôt.

Il faut trouver 213 millions en 11 ventes. Dans les 11 vacations qui manquent encore pour boucler la saison, l’Europe doit vendre – et acheter – pour un total de 213,68 millions d’euros de chevaux. C’est la condition pour atteindre le chiffre d’affaires de 2017. Ce cap peut vous paraître énorme au premier abord. Et pourtant, il ne s’agit pas d’une mission impossible. L’année dernière, les trois tours de Tattersalls December ont généré 125,37 millions, la Vente d’Automne et la Vente d’Élevage ont enregistré un chiffre d’affaires de 40 millions, alors que l’Irlande avait dépassé 46 millions avec ses quatre ventes Goffs de fin de saison, plus deux petites sessions à Doncaster et Ascot. Nous sommes donc proches d’égaliser le score de 2017. Et il ne faut pas oublier, malgré ce que pense le président Trump, que notre petite Europe n’a pas de complexe à nourrir face aux États-Unis.

Un breeding right de Showcasing adjugé 240.000 € sur Arqana Online

Les ventes en ligne se sont poursuivies aujourd’hui avec la mise en vente d’un Breeding Right de Showcasing (Oasis Dream). Déjà père de 16 gagnants de Groupe, l’étalon de Whitsbury Manor Stud a vu son prix de saillie augmenter à 55.000 £ pour la saison 2019. Sur Arqana Online, 19 inscriptions pour la vente avaient été sollicitées par des éleveurs et courtiers européens et américains. Comme la veille, les enchères ont débuté à 10 h pour se conclure un peu après 18 h 30. The One Agency a eu le dernier mot à 240.000 € pour le compte d’un éleveur anglais.