La France en souffrance dans les Groupes en 2018

Courses / 10.11.2018

La France en souffrance dans les Groupes en 2018

La France en souffrance dans les Groupes en 2018

En remportant le Prix Fille de l’Air (Gr3), samedi à Toulouse, Gaining (American Post) a tiré le rideau sur la saison des Groupes français. La jument avait déjà gagné sa place chez Juddmonte après son succès au niveau Listed en 2017. Mais cette victoire dans le dernier Groupe du programme va lui donner accès à des croisements d’une gamme supérieure lors de sa deuxième carrière. Elle a donc le regard tourné vers l’avenir, tout comme son jeune entraîneur, Henri-François Devin qui restera comme une des bonnes notes de la saison. Cette année, il a doublé le nombre de ses victoires de Groupe, passant de deux à quatre. Et en 2018, Nonza (Zanzibari), issue de l’élevage familial, lui a permis d’intégrer le cercle restreint des entraîneurs ayant gagné un Gr1.

La France des courses s’incline à domicile. La course toulousaine nous offre l’opportunité d’établir un premier bilan de la saison 2018. Grâce à un drop de dernière minute, réalisé par Wonderment (Camelot), l’entraînement français a gagné — 14 victoires contre 13 — le match qui l’oppose au reste de l’Europe dans les Grs1 du programme hexagonal. Cependant, le score dans la compétition pour l’ensemble des Groupes français, avec 72 succès pour les étrangers contre 43 pour les français, a plus l’allure d’une fin de match de basket-ball. Ces chiffres sont là pour prouver combien cette saison a été difficile pour les chevaux français. Les pur-sang entraînés dans l’Hexagone ont gagné 63,4 % des Groupes du pays. Cela peut paraître bien si on regarde leur taux de réussite dans les Grs1 (51,8 %). Mais la comparaison avec l’année 2017 est plus cruelle. L’année dernière, les français avaient gagné 81 Groupes sur 112, c’est-à-dire 72,3 %. C’est une baisse de presque 9 % en termes de taux de réussite. On peut se consoler en se disant que le score dans les Grs1 de 2017 était de 12 victoires pour les français, contre 13 pour le reste de l’Europe. Pourtant, ce n’est qu’une maigre compensation et soyons honnêtes, une défaite reste une défaite.

Pourquoi un tel score ? En fouillant dans nos archives, nous avons trouvé deux éléments qui permettent de donner une première explication. La première vient du nombre de chevaux français ayant décroché un rating de 120 ou plus : ils ne sont plus que trois, dont le meilleur est Cloth of Stars (Sea the Stars) avec 123. Il occupait la même place en 2017 avec 125, en sachant que l’année dernière, six français étaient crédités de 120 ou plus. Les 3ans de haut niveau nous ont manqué. Le meilleur rating de cette génération appartient à Polydream (Oasis Dream), avec 118. Parmi les 11 meilleurs chevaux vus en France en 2018, outre la pouliche Wertheimer, on ne trouve que trois français : Wind Chimes (Mastercraftsman), Intellogent (Intello) et Cascadian (New Approach). La deuxième explication est liée à la montée en puissance des anglais qui ont amélioré leur score. Ils avaient gagné 27 Groupes en 2017 et ils sont passés à 39 cette année.