Le mot de la fin - Exportations

Le Mot de la Fin / 11.11.2018

Le mot de la fin - Exportations

Parfois la France ressemble à un grand magasin des courses où tout est à vendre. On peut le regretter. Mais la filière française ne serait pas viable sans l’argent issu du commerce, et donc des exportations. Pendant longtemps, les Anglo-Irlandais se sont contentés d’acheter des sauteurs à l’entraînement, puis des chevaux d’élevage, reconnaissant ainsi le savoir-faire des entraîneurs et des dresseurs français. À présent, ils jettent également leur dévolu sur les pères de chevaux d’obstacle. D’ailleurs, une simple consultation du palmarès des étalons ayant le plus sailli en Angleterre et en Irlande cette saison est éloquente. Soldier of Fortune (Galileo) a été l’étalon le plus sollicité avec 290 saillies. Il a débuté au haras en France, comme Diamond Boy (235 juments) ou Walk in the Park (192 saillies). On peut donc se demander pourquoi les Anglo-Saxons achètent des étalons d’obstacle, plutôt que de les fabriquer eux-mêmes. D’une part parce c’est un exercice long et difficile, alors qu’intégrer dans son haras un sire ayant déjà donné des black types peut se révéler une opération très rentable. D’autre part car les Français "sortent" beaucoup plus rapidement des jeunes étalons. À Auteuil, les 3ans passent déjà un vrai test. Alors qu’il faut attendre l’âge de 5ans ou 6ans pour avoir une idée de la qualité de la première génération d’un étalon irlandais. L’élevage français a donc un cycle de deux années plus court quand il s’agit de faire émerger des pères de sauteurs. En sachant que la nature a horreur du vide, si bien que les exportations et mises à la retraite sont actuellement compensées – en France – par la montée en puissance de nouveaux sires…