Les jeunes lions du cheikh Fahad

Élevage / 15.11.2018

Les jeunes lions du cheikh Fahad

Le cheikh Fahad Al Thani nous avait confié, lors d’une interview à la fin de l’hiver 2017 : « Nous sommes encore des bébés par rapport à toutes les grandes opérations d’élevage et je les regarde avec beaucoup d’admiration, pour apprendre. » Le projet du cheikh Fahad, qui veut monter une grande activité dans le pur-sang (pour se faire plaisir avec ses frères associés dans Qatar Bloodstock et Qatar Racing et sans jeter l’argent par les fenêtres), a franchi un nouveau palier avec l’annonce des tarifs des étalons qui seront stationnés chez Tweenhills Farm & Stud. Il a attendu que son cheval Roaring Lion (Kitten’s Joy) soit élu Cartier Horse of the Year et il a affiché les prix.

Roaring Lion à 40.000 livres. La liste de cette année comprend six étalons, dont deux feront leurs débuts : un sera à son premier voyage en Europe et un autre est attendu en Angleterre dans le cadre de la mini-navette européenne lancée en collaboration avec les Aga Khan Studs. La couronne de Horse of the Year est une jolie plus-value publicitaire pour Roaring Lion, qui sera proposé à 40.000 livres, le tarif le plus haut parmi les débutants en Europe mais loin de celui demandé pour le lauréat de la Triple Crown, Justify (Scat Daddy), qui est proposé à 150.000 dollars, c’est-à-dire 115.512 livres ou 132.000 euros. David Redvers, manager de Qatar Racing, a dit : « Il est, et avec une certaine avance, le meilleur cheval que j’aie managé et l’un des plus durs que j’aie vu courir. Son pedigree et son modèle en font un des plus intéressants prospects d’étalons des dernières années. » Le père de Roaring Lion, Kitten’s Joy, est à la lutte pour son deuxième titre de Champion Sire aux États-Unis après celui de 2013 acquis presque seulement avec les gains de ses produits sur gazon. Et son grand-père El Prado (Sadler’s Wells) avait décroché la couronne en 2002.

Zoustar, la bombe australienne. Pendant la rencontre avec le cheikh Fahad, nous avions même affronté l’argument de Zoustar (Northern Meteor), qui avait terminé sa troisième saison en Australie et était très attendu là-bas. Il avait répondu avec grande gentillesse : « Non, ce n’est pas encore le moment. Je ne pense pas que proposer un autre étalon australien à un marché déjà très chargé sur ce créneau soit une bonne idée. L’objectif, c’est de l’envoyer plus tard, s’il se montre capable de bien produire. » Les petits Zoustar ont installé papa en tête du classement des First Crop Sires en Australie de la saison 2017-2018 avec 3,2 millions de dollars australiens de gains, qui lui ont permis de signer un record. Ses produits ont formé le tiercé gagnant des Coolmore Stakes (Gr1), le sprint pour les 3ans qui est considéré en Australie comme une course qui fait les étalons. David Redvers a expliqué : « Les éleveurs européens ont la chance d’utiliser un étalon record. On pense à un book limité et il y a un syndicat qui va le supporter, donc les éleveurs doivent se presser pour s’assurer une saillie. » Zoustar est proposé en Angleterre à 25.000 livres, c’est-à-dire un peu plus de la moitié du tarif (60.500 Aus$) demandé en Australie.

Charm Spirit change de pays mais pas de prix. Le vétéran Lightning Spirit (Pivotal) a attendu ses 7ans et sa 24e sortie pour remporter son premier Gr1 et entrer au haras par la grande porte. Dabid Redvers a ajouté : « C’est un des plus beaux yearlings que j’aie vu et sa carrière parle pour lui. » Il sera offert à 8.500 livres.

On pouvait s’attendre à une hausse du prix pour Charm Spirit (Invincible Spirit), qui est à une seule unité de No Nay Never (Scat Daddy) dans le classement européen des First Crop Sires selon le nombre de gagnants. Mais son tarif reste inchangé puisque ses nouvelles 17.500 livres ont la même valeur que les 20.000 euros qu’il affichait cette saison au haras de Bonneval. Havana Gold (Teofilo), qui avait eu de très bons débuts avec ses 2ans en 2017, est confirmé à 15.000 livres alors que Hot Streak (Iffraaj), qui aura ses premiers 2ans en 2019, monte de 6.000 à 7.000 livres après les bons retours de ses yearlings, qui ont affiché un prix moyen de 47.268 euros pour cinquante vendus.