TRIBUNE LIBRE - À quand la relance ?

Courses / 08.11.2018

TRIBUNE LIBRE - À quand la relance ?

Par Didier Krainc

« Ce tant attendu rapport Arthuis va sans doute secouer le landernau et aider à mieux gérer le déclin pour le ralentir. Mais je doute qu'il l'enraye et inverse l'inexorable tendance. Pourtant posée dans le titre même, la question cruciale de la véritable relance de l'activité n'est pas traitée, pas davantage que par Cyril Linette, le nouveau directeur général du PMU. Pour moi, les priorités de la relance seraient :

  1. Retrouver de l'attractivité auprès des jeunes générations, donc instaurer des possibilités de cote fixe et d'"antepost betting" sur des épreuves ciblées. La cote fixe est clairement le moteur de la croissance exponentielle des paris sportifs. La balayer d'un revers de la main dédaigneux, comme c'est fait dans le rapport, est une grave erreur.
  2. Sortir de l'hégémonie du PMU pour ouvrir véritablement à une concurrence qui permette à de vrais opérateurs alternatifs d'INNOVER. Pourquoi pas la FDJ d'ailleurs ? Mais il pourrait y en avoir beaucoup d'autres, si on ne les bridait pas bêtement. Le changement de statut du PMU n'améliorera pas la capacité d'innovation du mastodonte monopolistique. Il lui permettra juste de se perfuser à la dette. Sinistre perspective...
  3. Sortir de la schizophrénie sport/pari. Assumer clairement le double rôle en ayant deux gammes de paris : l'une pour les courses de sélection, l'autre pour les courses support de jeu
  4. Libéraliser davantage, se dégager de l'emprise de l'État (dans laquelle le rapport Arthuis vise bien sûr à nous maintenir) : davantage d'initiatives entrepreneuriales, moins d'étatisme mais plus de régulation. Pour cela, il faut vite changer la gouvernance antédiluvienne des sociétés-mères, pour les rendre plus agiles, moins ingouvernables et plus à même de faire émerger des têtes nouvelles. Place aux jeunes ! Et pourquoi pas les books ? Quelle ambiance ils savent mettre sur les hippodromes !
  5. Repenser le produit course de fond en comble et se poser les vraies questions existentielles : élitisme ou élargissement ? Professionnalisme ou amateurisme ? Sport ou pari ? Business ou encouragement ? Prime ou commerce ? Propriétaires ou parieurs ? Glamour ou flon flon ? »