Un Kitten’s Joy placé de Gr1 à 2ans au haras d'Annebault

Élevage / 13.11.2018

Un Kitten’s Joy placé de Gr1 à 2ans au haras d'Annebault

Avec Luck of the Kitten, European Bloodstock Management (Vita et Niccolo Riva) importe en France l’un des premiers fils de Kitten’s Joy, dont il est l’un des descendants les plus précoces. Proposé à 3.500 €, ce miler fera la monte au haras d'Annebault.

Pendant les prochaines ventes Arqana, mais également à l’occasion du salon des étalons du Lion-d’Angers, les éleveurs auront l’occasion de découvrir ce cheval précoce qui est passé proche d’une victoire dans le Breeders’ Cup Juvenile Turf (Gr1, 1.600m). L’arrivée de Luck of the Kitten (Kitten’s Joy) en France correspond à l’une des tendances actuelles qui consiste à aller chercher des courants de sang nouveaux pour apporter de la diversité à notre jumenterie. En 2018, l’Amérique est en effet redevenue à la mode en Europe. Principalement grâce à deux étalons capables de donner des top-chevaux de gazon des deux côtés de l’Atlantique : Scat Daddy (Johannesburg) et Kitten's Joy (El Prado).

La cote de Kitten's Joy à l’international. Ce dernier a pris une dimension internationale ces dernières années, avec en particulier Hawkbill (Coral Eclipse Stakes & Longines Dubai Sheema Classic, Grs1) mais aussi et surtout Roaring Lion. Celui qui est considéré comme comme le meilleur mâle de 3ans en Europe fait partie cette année des rares chevaux à avoir gagné quatre Grs1 sur le vieux continent : Coral Eclipse Stakes, Juddmonte International Stakes, Qipco Irish Champion Stakes & Qipco Queen Elizabeth II Stakes. Deux gagnants de Gr1 en Angleterre, alors qu’il n’a jamais fait la monte sur le Vieux Continent, c’est un score remarquable pour Kitten's Joy. L'Europe commence à peine à mesurer les qualités d'améliorateur – plus de 160 black types, dont 41 gagnants de Groupe – de cet étalon. Cette année, à la vente de septembre de Keeneland, ses statistiques sont remarquables (moyenne de 131.543 $ et top price à 725.000 $). En Europe, les premiers fils de Kitten’s Joy au haras ont été bien accueillis et Roaring Lion est très attendu en Angleterre, où il sera l’un des débutants les plus en vue pour 2019.

Né pour réussir sur le gazon. El Prado (Sadler’s Wells), le père de Kitten’s Joy, a donné un autre fils dont la réussite est internationale. Il s’agit de Medaglia d'Oro, qui vient de passer à 200.000 $ la saillie et qui est le père de Talismanic (Breeders’ Cup Turf, Gr1, Prix Maurice de Nieuil, Gr2), de Passion for Gold (Critérium de Saint-Cloud, Gr1), et d'Al Zir (3e du Racing Post Trophy, Gr1)… Outre le fait qu’il est un petit-fils d’El Prado, Luck of the Kitten peut se prévaloir d’être issu d’un croisement particulièrement efficace : Kitten’s Joy sur Giant’s Causeway. C’est le même que celui du double lauréat de Gr1 en Europe Hawkbill. Mais c’est aussi celui de deux autres black types, dont Holiday for Kitten (Thoroughbred Club of America Stakes, Gr2).

Une origine maternelle qui réussit en Europe. La mère de Luck of the Kitten, placée de stakes sur le gazon et génitrice d’un autre black type, est donc une fille de Giant’s Causeway, dont la lignée mâle est particulièrement vivante en Europe (Shamardal, Lope de Vega…). Les deuxième, troisième et quatrième mères de Luck of the Kitten sont issues d’étalons bien connus sur le vieux continent : Alleged (Hoist the Flag), Mr. Prospector (Raise a Native) et Northern Dancer (Neartic). La troisième mère, Sha Tha (Mr Prospector), deuxième des 1.000 Guinées (Gr1), s’est illustrée en produisant State Shinto (Pleasant Colony), lauréat du Prix Dollar (Gr2) et du Prix du Prince d’Orange (Gr3).

Un vrai 2ans. Doté d’un physique puissant, à l’américaine, Luck of the Kitten est un cheval correct dans ses dessous. Élevé par Ken et Sarah Ramsey, il a gagné deux courses à 2ans, dont sa deuxième sortie, un maiden doté de 43.160 $. Lors de sa troisième sortie, il s’est classé deuxième des Kentucky Downs Juvenile Stakes (100.000 $ d’allocation sur le turf) avant de gagner les Zuma Beach Stakes (L, 1.600m), sur le gazon de Santa Anita. Lanfranco Dettori, qui a monté le poulain lors de ses premières courses, a notamment déclaré à la presse américaine : « C’est un cheval qui a toujours montré beaucoup de vitesse. » Quatre semaines après avoir décroché du caractère gras, Luck of the Kitten a pris la deuxième place dans le Breeders’ Cup Juvenile Turf (Gr1, 1.600m). Dans cette épreuve, après avoir supporté le poids de la course et imprimé un train très sélectif, il ne s’est incliné que face à Hootenanny (Quality Road), un autre pensionnaire de Wesley Ward qui venait de se classer deuxième du Darley Prix Morny (Gr1). Pour sa rentrée à 3ans, Luck of the Kitten ne fut battu que du minimum dans les Transylvania Stakes (Gr3, 1.800m) en terrain souple.

La sélectivité du mile. Vita et Niccolo Riva nous ont expliqué : « Luck of the Kitten est clairement l’un des produits de Kitten’s Joy les plus précoces. Ses résultats à l’âge de 2ans parlent d’eux-mêmes : cinq courses, deux victoires et trois deuxième places, dont une dans un Gr1 international, la Breeders’ Cup Juvenile Turf. Sa vitesse était remarquable, comme l’a notamment souligné Lanfranco Dettori. Le cheval a ensuite été capable de rester performant à 3ans, toujours sur le mile, en se classant deuxième de Gr3 et en se plaçant au niveau Gr2. C’était un cheval de course généreux et dur, avec de l’énergie, qui était capable d’aller devant, alors que beaucoup de Kitten’s Joy ont tendance à revenir de l’arrière. Performant en bon terrain comme sur les pistes assouplies, c’était un vrai miler. Or on connaît la sélectivité des courses sur le mile et leur importance pour produire des étalons de valeur. »