Jacques Cyprès : « Le plan obstacle 2019 permet de revaloriser nos courses black types vis-à-vis de l’étranger »

Élevage / 17.12.2018

Jacques Cyprès : « Le plan obstacle 2019 permet de revaloriser nos courses black types vis-à-vis de l’étranger »

Président de la Société coopérative agricole des éleveurs de chevaux de course (Scaecc) qui gère le haras de Cercy, Jacques Cyprès nous a présenté la prochaine journée portes ouvertes de ce site qui aura lieu le samedi 5 janvier à partir de 9 h. Nous sommes aussi revenus avec lui sur plusieurs sujets d’actualité concernant l’obstacle.

Par Christopher Galmiche

Jour de Galop. – Comment la journée portes ouvertes du haras de Cercy se présente-t-elle ?

Jacques Cyprès. – L’Assemblée générale de la coopérative se tiendra le matin. C’est l’occasion de faire le bilan de l’année passée avec l'ensemble des personnes présentes. Depuis deux ans, nos étalons saillissent environ 700 juments. Et c’est un chiffre encore en progression. Nous avons déjà 400 réservations pour la saison de monte 2019. Il faut rappeler que nous nous sommes mis en coopérative à Cercy pour rester dans la norme de ce qui se faisait précédemment avec les Haras nationaux, en particulier au niveau de l’accessibilité des étalons. Je pense qu’au-delà de 5.000 € ou 6.000 €, un étalon d’obstacle est trop cher. Il faut rester les pieds sur terre. D’autant que les allocations ont plutôt tendance à baisser et il faut que tout le monde s’y retrouve. De notre côté, nous voulons être en capacité d’investir tout en rendant service à l’élevage français. C’est notre principale mission.

Comment la journée se déroulera-t-elle ?

Après l’Assemblée générale, vers 11 h 30, nous passerons à la présentation des étalons. Nous inaugurerons aussi un nouveau bâtiment qui s’appellera "Voix du Nord". Nous avons déjà des bâtiments rendant hommage à des sires défunts du haras qui ont marqué l’histoire de l’obstacle français, à l’image de Laniste (Tarquin), Quart de Vin (Devon) et Vidéo Rock (No Lute). Ensuite, nous offrirons un déjeuner à tout le monde. À l’issue de ce repas, il sera possible de revoir les étalons, en demandant à les faire sortir individuellement. L’après-midi se tiendra aussi l’Assemblée générale des porteurs de parts, qui sont les propriétaires des étalons de la coopérative.

Existe-t-il un engouement autour de l’arrivée de Tunis ?

Il y a déjà pas mal d’effervescence autour de cet étalon, ainsi que de nombreuses réservations, au point que cela devient assez impressionnant. Cette année, nous aurons une dizaine d’étalons au total. Outre Tunis (Estejo), nous avons le nouvel arrivant Jeu St Eloi ** (Saint des Saints), Coastal Path (Halling), Elliptique (New Approach), Free Port Lux (Oasis Dream), Gris de Gris (Slickly), Karaktar (High Chaparral), Rail Link (Dansili), Racinger (Spectrum) et Cokoriko ** (Robin des Champs).

Quel est le fait principal de l’année 2018 pour le haras de Cercy ?

En 2018, le fait le plus marquant de la coopérative est à mettre au crédit de Cokoriko. La saison a été marqué par la réussite de sa production sur les champs de courses français. Il y en a eu beaucoup aux courses et dans l’argent. Les statistiques sont impressionnantes. Cokoriko est premier père de 3ans de première production et troisième père de 3ans derrière Martaline (Linamix) et Saint des Saints (Cadoudal). Nous avons par ailleurs réalisé de très belles ventes Osarus à Maisons-Laffitte. Le haras de Cercy a en effet vendu treize des quinze chevaux présentés sous sa bannière.  

À titre personnel, quels sont vos meilleurs souvenirs, avec vos élèves, en 2018 ?

La deuxième victoire de Bipolaire (Fragrant Mix) dans le Prix La Haye Jousselin (Gr1) fait partie de nos meilleurs souvenirs. Il y a aussi Dieu Vivant (Network), qui a gagné le Grand Steeple-Chase de Deauville (L), Arry (Boris de Deauville), qui a remporté la Grande Course de Haies de Deauville (L), Flying Startandco ** (Cokoriko), qui a enlevé le Prix Finot (L), et Fort Jolie (Cokoriko), qui a gagné deux courses de haies et que j’estime beaucoup. Je retiens également le fait que tous nos produits de Cokoriko ont gagné : Faro, Flying Startandco et Fort Jolie.

Que pensez-vous du marché de l’obstacle, dont les résultats cette année ont été très bons ?

Lorsque l’on présente de la qualité, il est en effet très bon. Mais cette qualité est vraiment nécessaire si l’on veut parvenir à vendre.

Que vous inspire le nombre de partants constaté dans les courses pour AQPS ?

Il a été dit à l’Assemblée générale des AQPS qu’il y avait un nombre moins important de 3ans en plat. Mais rien qu’avec les chevaux de mon élevage, nous n’avons couru que trois poulains en plat alors que tout le reste a débuté en obstacle directement. Que ce soit Faro, Fort Jolie ou Flying Startandco, ce sont des sujets qui auraient débuté en plat il y a quelques années. En toute logique, il faut donc se dire que la baisse des partants en plat chez les AQPS est liée à leur arrivée plus précoce sur les obstacles. Si l’on regarde les statistiques des partants sur cinquante ans, on constate une augmentation de la présence des AQPS dans les épreuves pour sauteurs. C’est une certitude. Étant plus nombreux, il est donc logique d’en voir battre plus souvent les pur-sang sur les obstacles

Que pensez-vous du plan obstacle 2019 présenté par France Galop ?

C’est très bien pour l’élevage français d’avoir revalorisé nos courses black types car nous en avons besoin dans les catalogues de vente. Il y a énormément de Grs1 à l’étranger qui ne valent pas une Listed en France. Mais dans un catalogue, il restera gravé jusqu’à la fin des temps "vainqueur de Gr1". La promotion de courses black types de notre pays remet un peu les pendules à l’heure vis-à-vis de l’étranger. De plus, nous avons revalorisé de bonnes courses. Je pense que le Conseil de l’obstacle a fait du bon boulot sur ce point, malgré la crise. Si nous avions d’ailleurs un ou deux Grs1 de plus en France, ce serait une bonne chose.