Annulation et report de la réunion de samedi à Deauville - Le témoignage de Stéphane Alcade, pousseur au G.T.H.P.

Courses / 17.12.2018

Annulation et report de la réunion de samedi à Deauville - Le témoignage de Stéphane Alcade, pousseur au G.T.H.P.

Dans notre précédente édition, nous avons donné la parole à deux jockeys concernant les conditions climatiques du samedi 15 décembre à Deauville, qui ont entraîné le report de sept des neuf courses de la réunion au dimanche matin. Nous avons voulu avoir l’avis du personnel des stalles du G.T.H.P. Stéphane Alcade, un des pousseurs bien connus des professionnels du galop, nous a donné son sentiment.

Jamais connu cela. « Je vais vous dire le fond de ma pensée : j’ai connu la neige, la pluie, la canicule… Mais je n’ai jamais connu cela. Et ça fait vingt et un ans que je pousse les chevaux, aussi bien le matin à Chantilly qu’aux courses ! Je parle en mon nom et aussi au nom de toute l’équipe. Il pleuvait, nous étions trempés et gelés. Cela gelait sur les stalles. Les chevaux avaient de la glace qui se collait à eux lorsque nous fermions les portes des stalles. Nous avons connu des températures extrêmement basses, comme du -10 degrés. Mais c’était un froid sec : on a froid, on se couvre, et on n’en parle plus. Je ne peux pas pousser avec les gants, je le fais à mains nues. Je pense que la situation était très compliquée samedi. J’avais une collègue, lors de la course d’inédits où il y a eu deux ou trois poulains compliqués, qui nous disait : "Dépêchez-vous, je ne sens plus mes mains." Nous avions la sensation d’avoir les mains complètement brûlées. Je ne suis pas un gringalet, j’ai fait l’armée… Mais au travail, je n’ai jamais connu cela. »

Le report, la bonne décision pour les équipes. « Il y a eu beaucoup de commentaires sur cette annulation et report. Il faut se souvenir que les jockeys n’ont pas grand-chose sur le dos. On ne peut pas comparer un driver, un jockey de trot et un jockey de galop. Au trot, quand il fait froid, ils peuvent rajouter deux ou trois combinaisons de ski. Je ne dis pas que ce n’est pas difficile pour eux, mais ce n’est pas comparable avec les jockeys. Je pense que c’était une bonne décision de reporter les courses au dimanche. Sur le terrain, c’était vraiment très compliqué… et j’ai connu les quatre saisons ! Le vent était glacial. D’ailleurs, le département était en vigilance orange et il y a eu de nombreux accidents sur la route avec les pluies verglaçantes. J’avais prévenu ma responsable en lui disant que cela allait très compliqué pour faire la journée dans ces conditions. Après, c’est une décision qui n’appartient qu’à France Galop. On nous aurait dit de continuer, nous l’aurions fait. Pour les jockeys, c’était vraiment difficile. Je ne sais pas quel était le ressenti côté balances et rond. Mais sur la piste, c’était vraiment glacial et je ne sais pas si le mot rend vraiment compte des conditions. C’était un congélateur, un vrai congélateur. »