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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Édouard Monfort : « J’ai voulu apprendre auprès des meilleurs »

Courses / 06.12.2018

Édouard Monfort : « J’ai voulu apprendre auprès des meilleurs »

Édouard Monfort a sellé son premier gagnant, qui était son premier partant, ce mercredi à Deauville. Représentante de Franck Raoul, Céline et Maxime Monfort, Just Sherry (Intense Focus) a remporté le Prix de Bonnerie. Le jeune homme de 29 ans a obtenu sa licence en janvier 2018 et est installé depuis un mois à peine. Après ce succès inaugural, Édouard Monfort a accepté de répondre à nos questions.

Par Charlotte Rimaud

Jour de Galop. – Où êtes-vous installé et depuis quand ?

Édouard Monfort. – Je suis installé depuis la fin du mois d’octobre dans les écuries de Guy Henrot, à Luché-Pringé, dans la Sarthe. C’est un centre d’entraînement privé que je partage avec Mathieu Brasme. Lui y est installé depuis plus longtemps. J’aime beaucoup cet endroit.

Pourquoi avoir choisi ce centre privé ?

J’avais visité plusieurs installations, mais celui-ci m’a semblé parfait. Il a de très bonnes pistes naturelles en sable. C’est aussi très calme et situé au cœur des bois. C’est idéal comme environnement pour les chevaux. Nous sommes aussi tout proches de l’autoroute, à 2 heures de Paris, environ 3 heures de Deauville et non loin des autres hippodromes de l’Ouest. Finalement, nous sommes assez bien localisés pour atteindre les différents champs de course. C’est important de prendre en compte les déplacements.

Combien de chevaux avez-vous actuellement ?

Aujourd’hui, neuf chevaux sont dans mes boxes, à l’entraînement, et d’ici la fin de l’année, je devrais en avoir 12. J’ai de la chance puisque pas mal de personnes m’ont fait confiance dès le début. J’ai un 2ans, sept yearlings et ma 3ans Just Sherry avec laquelle j’ai gagné hier et qui va recourir le 23 décembre. Je suis à la recherche de chevaux prêts à courir. En tant que jeunes professionnels, nous sommes jugés sur notre capacité à entraîner des 2ans. Je ne pense pas diversifier mon activité vers l’obstacle, de toute manière, le centre d’entraînement où je suis basé n’est pas équipé pour. Je souhaite vraiment me consacrer au plat.

Quel a été votre parcours ?

Je suis né dans les courses. Mon père nous a donné le virus. Ma sœur est permis d’entraîner et mon frère est associé avec mon père. J’ai aussi monté en courses de gentlemen-riders. J’ai fait des études d’ingénieur en agronomie et travaillé dans ce domaine pendant 3 ans, continuant à monter en course le week-end. Mon travail me plaisait mais je savais que je n'y serais pas épanoui durant toute ma vie. Et puis les chevaux étaient toujours présents dans ma tête…

Vous avez donc choisi de vivre votre passion au quotidien ?

Oui, je voulais tester un autre parcours pour être certain de vouloir travailler avec les chevaux. Je voulais comparer avec le monde hors courses, si je puis dire. Quand j’ai pris la décision de devenir entraîneur, je me suis donné 3 ans pour apprendre auprès des meilleurs. Alors, je suis allé chez Willie Mullins, en Irlande, pour la saison d’obstacle. J’en ai pris plein les yeux ! À mon retour, j’ai intégré l’écurie Fabre, où j’ai été responsable d’une cour chez madame Fabre. J’ai fait cela pendant une saison de courses également. Puis j’ai eu un petit peu plus de responsabilités chez monsieur Rouget, où j’étais stagiaire entraîneur.

Vous avez été six fois Cravache d’or des amateurs dans l’Ouest et une fois au niveau national ex-aequo avec Florent Guy. Que vous a appris votre expérience de gentleman-rider ?

Je trouve que c’est l’une des meilleures écoles de la filière. J’y ai appris à surmonter les aléas de la vie. On se prend des claques et on se relève. Si l’on n’est pas performant, on ne monte pas, c’est tout simple. Monter en amateur c’est très formateur. Il faut sans cesse se remettre en question, toujours s’adapter. J’ai aussi eu la chance de monter souvent pour mon père. Je pense qu’il n’y a pas d’autre sport dans lequel on peut ressentir les mêmes joies et émotions.