Les courses annulées pour assurer la sécurité des jockeys

Courses / 15.12.2018

Les courses annulées pour assurer la sécurité des jockeys

Les courses annulées pour assurer la sécurité des jockeys

La réunion de ce samedi à Deauville a été annulée, après la deuxième course, sur demande des jockeys et suite aux mauvaises conditions météorologiques. Les courses, et notamment le Prix Luthier (L) et le Prix des Sablonnets (L), sont reportées à ce dimanche matin. La sécurité des jockeys a primé. D’importantes pertes sont à prévoir au niveau des paris hippiques.

En milieu d’après-midi, France Galop a publié un communiqué officialisant le report des épreuves. Les opérations débuteront à 9 h 20 ce dimanche et la première course va s’élancer à 9 h 50. Le départ de la septième course sera donné à 12 h 50. C’est au retour de la deuxième épreuve, le Prix du Grand Chesnay (Inédits), que les jockeys ont demandé l’annulation des courses restantes, estimant ne pas être en mesure de monter dans des conditions de sécurité optimales. Gérald Hovelacque, premier commissaire de France Galop, s’est alors exprimé en direct de Deauville : « Suite à cette demande d’annulation des courses, à partir de la troisième, nous avons étudié les conditions de report et avons trouvé une plage demain matin (…) Des chevaux sont venus d’Angleterre et d’Irlande, notamment pour courir les deux Listeds, ils sont prêts à rester jusqu’à dimanche. Les faire rester à Deauville jusqu’à mardi était plus compliqué et le même problème s’est posé pour les jockeys. »

Les raisons du report. Un peu plus tôt dans l’après-midi, Gérald Hovelacque avait déclaré : « Avec l’effet du vent, les jockeys sont frigorifiés à cheval. La pluie gèle sur les lunettes et ils ne sont pas maîtres à bord. Les conditions de sécurité font que nous avons convenu d’annuler le reste de la réunion. Les entraîneurs ont un point de vue différent, mais ni eux ni les commissaires ne montent les chevaux. » Alors que l’annulation devenait certaine, le report des épreuves a mis du temps à être officialisé. À ce moment-là, alors qu’il était encore possible que les sept épreuves restantes ne soient jamais courues, une partie des socioprofessionnels présents à Deauville a fait part de son mécontentement. À ce sujet, Gérald Hovelacque a précisé : « Nous les avons écoutés et avons pris en considération leur avis. Le représentant des entraîneurs avec lequel nous avons discuté nous a dit qu’effectivement il avait fait un tour dans le vestiaire, rencontrant des jockeys frigorifiés et pas en mesure de monter en toute sécurité leurs chevaux. Je crois que les propriétaires les plus raisonnables ont compris la situation. »

Au trot comme au galop, on fait le pari d’une météo plus favorable ce dimanche. Météo France avait placé en vigilance orange la Normandie, avec une température de -2 °C annoncée à Deauville pour un ressenti à 0 °C selon l’agence. Gérald Hovelacque a dit : « Prendre en compte les intérêts des socioprofessionnels est important. Mais il faut aussi tenir compte des conditions météorologiques. À titre d’exemple, le starter nous a dit que l’eau qui tombait sur les stalles continuait à geler. Avec un vent de sud piquant dans la ligne d’en face, les jockeys nous ont dit que l’effet était absolument terrible. Nous faisons le pari qu’il fera meilleur demain. » Ce dimanche, les trotteurs avaient rendez-vous à Vincennes, où il faisait également très froid avec, comme à Deauville, de la pluie glacée. La température de l’air avoisinait aussi les -2 °C, mais le ressenti était à -4 °C selon Météo France. La réunion n’a cependant pas été annulée. Fabrice Douville, le régisseur de l’hippodrome de Vincennes, a d’ailleurs expliqué au micro d’Equidia : « Il est certain que les conditions ne sont pas idéales pour entretenir une piste de course, mais je dois saluer le travail de mes collaborateurs. Les ouvriers de piste font bien leur travail. Il n’y a rien à dire. Entretenir une piste, c’est faire des choix, et les choix sont toujours dictés par une météo. Nous savons très bien qu’aujourd’hui ce n’est pas l’idéal pour les chevaux et cette météo va se dégrader dans l’après-midi. Nous avons de très bonnes courses dimanche, une montée des températures demain, la piste sera sûrement en dégel avec plus de 10 °C de différence. »

Un si grand froid était peu prévisible. Contacté par téléphone, Franck Le Mestre, directeur de l’hippodrome de Deauville-La Touques, nous a expliqué : « Nous étions tous à pied d’œuvre ce matin très tôt pour herser la piste et justement essayer d’anticiper ce phénomène de pluie verglaçante. Le problème n’a finalement pas été celui de la piste. Il s’est posé au niveau des jockeys qui ont dû faire face à des conditions très difficiles : de la pluie, du vent avec une température mesurée exactement à 0,6 °C. Le ressenti était terrible. Si la sécurité des hommes est en jeu, celle des chevaux l’est aussi. La décision a donc été prise avec les commissaires d’annuler et de reporter les courses du jour. »

Un casse-tête pour l’organisation. La difficulté majeure pour l’organisation des courses du jour au lendemain, dans un calendrier très serré, réside dans la prise en charge des chevaux et de leur entourage au pied levé. Franck Le Mestre a ajouté : « Il faut évidemment reloger tout le monde et prévoir de la nourriture. Nous avons pu trouver du foin et du grain pour tout le monde, mais également listé des solutions de logement pour le personnel. Il faut aussi penser au travail des pistes, s’assurer que les équipes en place, que ce soit de l’ordre du technique, des vidéos, des services médicaux ou vétérinaires, soient disponibles le lendemain. Il faut aussi pouvoir avoir de la restauration sur l’hippodrome ainsi que des équipes pour prendre les jeux PMH. » Un réel casse-tête, mais Franck Le Mestre reste positif : « Pour qu’une telle organisation fonctionne, il faut s’assurer que tout ait lieu dans les meilleures conditions possibles, en défendant les intérêts de chacun et en faisant de la sécurité de tous une priorité. »

Des conséquences sur les paris hippiques. Même si le Quinté de ce samedi était à Vincennes, cette annulation a bien sûr eu d’importantes conséquences en matière d’enjeux. Les réunions sur les hippodromes dépendant de France Galop, comme Deauville, sont celles qui assurent la recette maximale et font donc vivre la filière. Le report ne devrait pas permettre de récupérer les sommes perdues, car le samedi après-midi est une plage horaire très prisée des parieurs, contrairement au dimanche matin (en moyenne jusqu’à trois fois plus faible pour des courses équivalentes). La réunion reportée dimanche à Deauville sera néanmoins support d’enjeux PMU.