Pas de baisse d’allocations au galop en 2019

Institution / Ventes / 17.12.2018

Pas de baisse d’allocations au galop en 2019

Lundi après-midi, Édouard de Rothschild a confirmé deux choses importantes devant le Comité de France Galop : les allocations sont maintenues en 2019 (ainsi que la rémunération des sociétés régionales premium) et l’hippodrome de Maisons-Laffitte fermera ses portes fin 2019. Ce soir, nous vous proposons de découvrir de larges extraits de son discours, en attendant le temps des commentaires.

« Au 9 décembre, les paris hippiques sont en retrait de 2,6 % par rapport à l’an dernier. C’est-à-dire 220 millions de chiffre d’affaires en moins sur onze mois et près de 70 millions de produits bruts de paris, également en moins. C’est la prolongation de la tendance des huit dernières années au cours desquelles nous avons perdu aux alentours de 1,8 milliard d’enjeux. Dès la deuxième moitié de 2017, n’acceptant pas cette fatalité, je me suis employé, avec mes amis du Trot, à chercher, puis à trouver et mettre en place un nouveau management au PMU. Nouveau management pour revisiter et relancer.

Cyril Linette vous a dévoilé les grands axes de son plan lors du dernier Comité.
Ce plan est maintenant devenu un objet concret avec une série d’initiatives prévues pour le début de l’année. Parmi elles, le nouveau Quinté+, la simplification de la gamme de paris et la réduction du calendrier premium. Elles ont toutes en commun de reconquérir les turfistes les plus fidèles, leur redonner l’envie de jouer avec une offre plus lisible, des espérances de gains plus élevés et une place très limitée au hasard. 

Pourquoi devrions-nous croire à ce plan plus qu’à tous ceux qui vous ont été présentés depuis des années ? Parce que les hypothèses de chiffre d’affaires du PMU pour les trois ans à venir sont réalistes. Le management prévoit, pour 2020 et 2021, un niveau d’enjeux proche du chiffre d’affaires de 2018.

Trente millions de charges de marketing, commercial et informatique sont budgétés pour financer cette relance en 2019. La moitié du budget sera dévolue à des actions de recrutement de nouveaux parieurs. 

Ce plan repose aussi très largement sur des réductions de coûts qui, fin 2019, seront égales à 50 M€ par an ; 25 M€ de ces 50 millions ont déjà été mis en place en 2018 et, comme l’avaient annoncé Bertrand Méheut et Cyril Linette en juin, ils sont au rendez-vous et sont effectifs à fin décembre. Bertrand Méheut et Cyril Linette sont en train de changer le train de vie du PMU car 50 millions sur 400 millions de charges, cela représente 12 %, ce qui est considérable dans ce laps de temps. 

Il ne s’agit donc pas, contrairement au plan précédent, d’une stratégie de croissance de chiffre d’affaires aléatoire, plus fondée sur des intentions que des réalités. Il s’agit d’actions concrètes qui sont à la main du management du PMU sur des leviers existants.

La somme de ces actions va nous amener, en 2019, aux alentours de 745 M€ de résultat net du PMU, à comparer avec 793 millions pour 2017 et 780 millions pour 2018. Le plan de relance du PMU a pour caractéristique de faire porter l’effort sur la seule année 2019 avant de revenir à 780 M€ de résultat net dès 2020. 

C’est la raison pour laquelle j’ai fait le choix de ne pas faire porter aux acteurs des courses le coût exceptionnel de cette politique de relance. Le budget de France Galop qui vous sera présenté en détail ce matin prévoit en effet : 

  • Le maintien des allocations au niveau de cette année,
  • et le maintien de la rémunération des sociétés premium au niveau de 2018, même si plusieurs de leurs réunions perdent le label premium l’an prochain. 

Au 1er janvier 2019, France Galop aura 35 M€ de trésorerie nette en propre dans ses caisses et une avance en compte courant au PMU de 70 millions mobilisable à très court terme à notre demande. Ceci a déjà été discuté avec le management du PMU. Que sont ces réserves ? D’où viennent-elles ? Ce sont celles que nous avons engrangées les bonnes années, et objectivement, elles ont été constituées pour faire face à des années plus difficiles. Deux mille dix-neuf est une année d’investissements et, par voie de conséquences, nous avons les moyens de financer cette année de relance sur nos comptes propres, sur notre trésorerie. 

Nous avons fait un choix différent du Trot car nous avons une année d’avance sur eux, puisque nous avons déjà baissé nos allocations de 25 M€ fin 2017. Gouverner c’est prévoir ! Et je pense que la confiance est un élément déterminant de notre activité. Si les propriétaires, les éleveurs, les entraîneurs, les parieurs n’ont pas confiance, nous irons dans le mur. 

Moi, je crois au plan du PMU ; tirer des conclusions négatives par avance, cela serait envoyer un signal très négatif.  

Mais qui dit confiance, ne dit pas suivre aveuglément : avec certains de mes collègues du Conseil d’administration, nous avons beaucoup insisté pour obtenir un plan B du PMU dans le cas où celui-ci ne se déroulerait pas conformément à leur prévision. Il y a toute une série de mesures qui sont prévues et anticipées en cas de scénario moins positif. 

Lucide, je le suis, nous le sommes. Les perspectives à moyen terme du PMU prévoient pour 2020 et 2021 un résultat net qui repasserait au-dessus de 780 M€. Ces 780 M€ de résultat net représentent quand même 100 M€ de moins que dans les bonnes années. L’effort d’ajustement de notre modèle, à ce niveau de revenus, doit donc impérativement être poursuivi. 

Je veux vous dire ici maintenant un mot sur Maisons-Laffitte. C’est un sujet, une question que certains d’entre vous nous ont régulièrement posée au cours de cette mandature. Ma réponse a toujours été la même : nous y travaillons, nous y réfléchissons. Nous avons étudié les différentes options et celle qui a été retenue nous semble de très loin la meilleure pour préserver Maisons-Laffitte sur la carte hippique française, tout en ajustant notre modèle à l’environnement dans lequel nous évoluons. Un environnement qui change vite et beaucoup. 

Ne plus courir sur l’hippodrome de Maisons-Laffitte, c’est une étape douloureuse, d’abord pour les salariés, mais également pour les Mansonniens évidemment, beaucoup plus largement pour tous les amoureux des courses qui ont vécu de bons moments sur cet hippodrome, mais c’est une étape nécessaire. 

En tant que société-mère, France Galop travaille pour l’intérêt général et doit œuvrer de manière proactive dans l’ajustement d’un modèle d’organisation des courses à une situation économique différente. 

En tant que société organisatrice de courses, France Galop se doit d’être exemplaire dans sa gestion. Je soutiens donc ce projet, qui est à la fois porteur de 5 M€ d’économies annuelles mais qui apporte aussi, enfin, une réponse à la problématique du centre d’entraînement qui souffre depuis trop longtemps de voir sa situation économique se dégrader, sans qu’aucune décision forte ne soit prise.

Votre mobilisation et votre soutien sont essentiels pour que nous réussissions ensemble cette transformation. Oui, l’heure est difficile, mais j’ai confiance en nous et c’est rassemblés avec méthode, professionnalisme et détermination que nous y arriverons. 

Et nous y arriverons ! »