SPÉCIAL JEUNES ENTRAÎNEURS - Céline Hérisson de Beauvoir, la double casquette

Courses / 17.12.2018

SPÉCIAL JEUNES ENTRAÎNEURS - Céline Hérisson de Beauvoir, la double casquette

Âgée de 34ans, Céline Hérisson de Beauvoir n’est pas issue du sérail, mais elle s’est fait connaître dans les pelotons de courses. En fin d’année dernière, elle a ajouté une nouvelle corde à son arc en s’installant entraîneur à La Teste-de-Buch. La jeune femme continue à exercer son activité de femme-jockey en parallèle.

Jour de Galop. – Quel a été votre parcours avant votre installation ?

Céline Hérisson de Beauvoir. – Je ne suis pas issue du milieu hippique, puisque j’étais la seule passionnée de chevaux dans ma famille. Je faisais du poney quand j’étais petite et j’adorais ça. Ma mère connaissait un ancien jockey qui lui a parlé de l’Afasec, et je suis donc entrée à l’école des jockeys de Mont-de-Marsan. J’ai été apprentie chez Bruno de Montzey, puis j’ai été salariée chez Didier Guillemin et chez Frédéric Seguin, qui m’a fait beaucoup monter en course. À l’époque, c’était compliqué pour les filles, car il n’y avait pas de décharge comme aujourd’hui. J’ai gagné un peu plus d’une centaine de courses avant de m’installer entraîneur à La Teste, en fin d’année dernière.

Comment votre écurie s’organise-t-elle ? Pourquoi avez-vous choisi le centre d’entraînement de La Teste ?

J’ai six chevaux de plat à l’entraînement, dont je m’occupe toute seule. Ils appartiennent à des "petits" propriétaires, qui m’ont connue lorsque je montais fréquemment en course. J’ai d’ailleurs initié ma mère à ma passion et elle a pris ses couleurs. C’est pour elle que j’ai fait mon premier gagnant en tant qu’entraîneur, avec Ruster (Indian Rocket), au mois de février. C’est moi qui le montais ce jour-là, comme à chaque fois qu’il court, d’ailleurs. Je monte toujours un peu en course, surtout les poids légers et mon vieux cheval, mais ma carrière de jockey est plus derrière moi qu’autre chose. J’ai repris ma licence cette année parce que certaines personnes m’ont soutenue dans ce sens et que cela fait plaisir, mais je préfère l’entraînement. J’ai remporté trois courses sous mon nouveau statut depuis le début de l’année. J’ai choisi de m’installer à La Teste car j’y avais travaillé lorsque j’étais au service de Frédéric Seguin, et je trouve que le site est très bien. Il y a beaucoup de monde sur les pistes, mais on ne se gêne pas. La qualité de vie n’est pas négligeable non plus !

Quel est l’aspect le plus plaisant de votre métier ? Et à l’inverse, le plus difficile ?

Le plus plaisant, c’est la satisfaction du travail accompli après toute la préparation du cheval, lorsqu’il s’impose. Le plus difficile, c’est de trouver des clients… C’est très compliqué de trouver des nouveaux propriétaires. Je pense que j’ai plus de mal que certains, pour diverses raisons. Je suis une jeune femme, je suis plutôt discrète, et puis je n’ai pas un carnet d’adresses aussi fourni que d’autres.

Comment envisagez-vous votre avenir dans ce milieu ?

Je suis très mitigée, parce que je dirige une structure réduite avec des petits propriétaires, ce qui est de plus en plus rare. Le programme est fait pour les grosses écuries, et j’espère que nous parviendrons à redresser la barre. Malheureusement, les "petits" suivent le bateau des "gros"… Heureusement, l’espoir fait vivre, et je fais ce que j’aime de la meilleure façon possible. J’espère bien que j’aurai étoffé mon effectif dans dix ans et que je serai toujours là !