SPÉCIAL JEUNES ENTRAÎNEURS - Christopher Head, l’héritier d’une dynastie à la renommée internationale

Courses / 17.12.2018

SPÉCIAL JEUNES ENTRAÎNEURS - Christopher Head, l’héritier d’une dynastie à la renommée internationale

Dans la famille Head, on est entraîneur de génération en génération. Après William, Alec, Freddy ou encore Christiane, Christopher n’a pas dérogé à la règle et a obtenu sa licence en début d’année. Il a présenté son premier partant, Near Gold (Dansili), jeudi dernier à Chantilly.

Jour de Galop. – Quel a été votre parcours avant votre installation ?

Christopher Head. – Mon père a toujours estimé qu’il avait été très chanceux d’avoir réussi dans le métier. Il ne pensait pas qu’on pouvait avoir autant de chance sur plusieurs générations, et voulait donc me protéger et faire en sorte que j’aie une belle carrière. J’ai fait des études dans le domaine de l’informatique, mais le naturel est revenu au galop et j’ai quand même décidé de travailler avec lui pour apprendre le métier. Cela a duré pendant sept ans. Ensuite, j’ai été au service de ma tante, Christiane, durant trois ans. Puis j’ai fait un stage chez Guillaume Macaire, car je trouvais que c’était complémentaire, même si je ne compte pas avoir des chevaux d’obstacle. Je recommanderais d’ailleurs à tous les futurs professionnels qui veulent s’installer de faire au préalable un stage chez un entraîneur de sauteurs. Ce fut une très bonne expérience, qui m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Je suis ensuite revenu sur Chantilly pour passer ma licence d’entraîneur. Je l’ai obtenue en début d’année, mais je me suis installé un peu plus tard, le temps d’atteler un réseau avec des propriétaires, car il faut d’abord les convaincre de faire confiance à un jeune professionnel.

Comment votre écurie  s’organise-t-elle ? Pourquoi avez-vous choisi le centre d’entraînement de Chantilly ?

Je veille actuellement sur un effectif de six chevaux et je vais bientôt en avoir deux de plus. J’ai la chance d’avoir notamment la confiance de Jean-Louis Bouchard, à qui appartient Near Gold, qui s’est classé deuxième la semaine dernière pour sa première sortie sous mon entraînement. Je collabore également avec l’écurie Normandy Spirit, pour laquelle nous avons acheté des yearlings aux ventes. Ils l'ont été par le biais de Gérard Larrieu, avec lequel je travaille énormément. J’ai toujours voulu créer un triangle de confiance entre un courtier, un propriétaire et un entraîneur, et ça se met très bien en place. J’ai choisi de m’installer à Chantilly car j’y ai mes marques, et le soutien de mon père, qui n’est pas loin, est important pour moi. J’ai l’avantage de pouvoir travailler de temps en temps mes chevaux avec les siens, ce qui me permet d’avoir des lignes.

Quel est l’aspect le plus plaisant de votre métier ? Et à l’inverse, le plus difficile ?

Le plus plaisant, c’est la proximité des chevaux, évidemment. Le fait de pouvoir travailler avec l’animal tous les jours, c’est la base de notre passion. En revanche, c’est difficile de prendre du recul, de savoir se détacher un peu du quotidien pour pouvoir les travailler et les faire courir à bon escient. 

Comment envisagez-vous votre avenir dans ce milieu ?

C’est difficile à dire, car au jour d’aujourd’hui, tout est neuf pour moi. Je démarre avec un certain nombre de chevaux, qui est assez conséquent pour un début. Si jamais ça fonctionne, je suppose que d’autres clients me feront confiance, mais je ne pourrais pas prédire si mon effectif s’agrandira ou non, c’est un peu trop tôt. Nous avons tous connu une sorte d'âge d’or. Celui de mon grand-père ne fut pas celui de mon père, ni celui que je connaîtrai. Il faut vivre avec son temps et rester positif. En attendant, je compte bien faire de mon mieux !