SPÉCIAL JEUNES ENTRAÎNEURS - Florence Patarin : « Nous ne pouvons pas rester sur nos acquis, nous nous devons d’être toujours en mouvement, c’est ce qui me plaît »

Courses / 16.12.2018

SPÉCIAL JEUNES ENTRAÎNEURS - Florence Patarin : « Nous ne pouvons pas rester sur nos acquis, nous nous devons d’être toujours en mouvement, c’est ce qui me plaît »

Florence Patarin a longtemps travaillé avec Jean-Paul Gallorini à Maisons-Laffitte. À présent installée en tant qu’entraîneur dans le Sud-Ouest, à La Teste-de-Buch, elle nous a expliqué son parcours et confié ses impressions par rapport à l’avenir des courses.

Jour de Galop. – Quel a été votre parcours avant de vous installer ?

Florence Patarin. – Je viens initialement du concours complet. Pendant mes études, j’ai découvert les courses par l’intermédiaire d’un permis d’entraîner et j’ai été cavalière, ce qui m'a permis d'avoir une expérience en course. Suite à cela, j’ai travaillé avec Alain Bonin. J’ai dû arrêter en raison de problèmes de santé et pendant cette longue période, j’ai repris mes études. Cela m’a permis d’avoir deux masters. Mais la passion des courses a repris le dessus. J’ai eu la chance de monter à l’entraînement, et ce pour différentes personnes. Je suis allée en Amérique du Sud, aux États-Unis chez Graham Motion, j’ai aussi monté en Belgique lorsque je travaillais sur la myopathie atypique. Enfin, j’ai été chez monsieur Gallorini pendant sept ans. Cette dernière expérience a été la clé de voûte de toutes mes formations antérieures.

Où êtes-vous installée ?

Je suis à La Teste-de-Buch depuis le mois d’octobre. J’ai aujourd’hui entre cinq et six chevaux, ainsi que deux au préentraînement au haras de la Barbottière. J’ai principalement des 2ans, donc nous allons débuter doucement. Les chevaux me diront la discipline dans laquelle ils se plaisent le plus, que ce soit en plat ou en obstacle. J’ai la chance de bénéficier de la confiance de madame Laboue et de son mari.

Pourquoi avoir choisi de vous installer à La Teste-de-Buch ?

Géographiquement parlant, je pense que c’était le meilleur endroit pour trouver des courses qui convenaient à mes engagements. Je pense que c’est la vie qui dicte les opportunités. Les pistes sont bonnes ici pour travailler, aussi bien en plat qu’en obstacle. Pour le moment, cela me convient parfaitement.

Selon vous, quel est l’aspect le plus difficile de votre métier ?

Ce qui est le plus délicat dans notre métier, c’est le fait qu’on attende de nous l’excellence dans tous les domaines, entraînement, gestion, communication. On ne peut pas se permettre de ne pas savoir où en sont les chevaux. Il faut pallier à tout. C’est la vraie problématique du métier. Nous sommes attendus au tournant. Lorsque nous avons des coups de chance, il faut les saisir. Il faut jouer les bonnes cartes sans perdre sa déontologie.

Et l’aspect le plus plaisant ?

L’aspect le plus sympathique est la magie perpétuelle que nous offre ce métier. J’ai eu la chance de voir autre chose, le côté recherche également. Ce métier, c’est une remise en question quotidienne. Nous ne pouvons pas rester sur nos acquis, nous nous devons d’être toujours en mouvement, c’est ce qui me plaît.

Comment imaginez-vous les courses dans dix ans ?

Aujourd’hui, face à un contexte socio-économique très difficile pour la filière, il faut trouver les moyens de travailler ensemble. Nous ne devons pas perdre l’âme de ce fantastique monde des courses. C’est ce qui m’inquiète le plus. Dans dix ans, j’espère que nous aurons su trouver suffisamment de ressources intellectuelles pour améliorer les choses. J’ai envie d’être optimiste, même si le chemin sera dur. Nous devons faire la part des choses et trouver des solutions. La France est un pays reconnu dans le monde équestre et hippique, je doute que nous finissions comme la Belgique, l’Italie, l’Allemagne. Nous sommes en quelque sorte un fer de lance dans la discipline, c’est à la fois une chance mais aussi une responsabilité.