SPÉCIAL JEUNES ENTRAÎNEURS - Gavin Hernon : « La France est le meilleur pays pour les courses en Europe aujourd’hui et va continuer à l’être »

Courses / 16.12.2018

SPÉCIAL JEUNES ENTRAÎNEURS - Gavin Hernon : « La France est le meilleur pays pour les courses en Europe aujourd’hui et va continuer à l’être »

Gavin Hernon est un jeune irlandais de 26 ans qui s’est installé en juillet 2018 à Chantilly. Il a eu son premier partant et premier gagnant d’entrée de jeu durant le meeting d’août deauvillais. Ce dimanche, Gavin Hernon a signé sa 4e victoire de l’année grâce à Mutarabby (Tamayuz), dans le Prix Vodkato (D), à Deauville. Le jeune entraîneur nous a expliqué son parcours.

Jour de Galop. – Quel a été votre parcours avant de vous installer ?

Gavin Hernon. – J’ai d’abord passé quatre ans chez Jim Bolger. Pendant mes études en Irlande, j’ai toujours été attiré par les courses en France. J’ai étudié le commerce international à Dublin et, pendant ce cursus, j’ai effectué un échange universitaire à Lille. Grâce à Christy Grassick à Coolmore je suis arrivé chez André Fabre en tant que stagiaire premier garçon. J’étais d’ailleurs chez madame Fabre sur les Lions. Je suis ensuite allé travailler chez Nicolas Clément pendant un temps. Et à ce moment-là, on m’a proposé un poste dans le courtage à FBA. Cette activité était mon deuxième choix après l’entraînement, donc il fallait bien que j’essaye. Mais l’entraînement m’a beaucoup manqué. Je suis reparti à Newmarket chez Ed Dunlop, puis Graham Motion aux États-Unis. Suite à cette dernière expérience, j’ai effectué le stage en France pour devenir entraîneur, et j’ai été reçu en juillet. Dès le mois d’août, nous courions à Deauville avec sept partants, et déjà quelques gagnants.

Où êtes-vous installé ?

Je suis installé à Chantilly avec une vingtaine de chevaux et des propriétaires principalement étrangers. Je suis ravi d’avoir reçu mon premier yearling d’un propriétaire français il y a quelques semaines. Des propriétaires chinois me soutiennent beaucoup. C’est aussi le cas d’un syndicat qui a d’ailleurs son premier partant ce week-end à Deauville [Panda King Racing, ndlr]. Sinon, ce sont beaucoup d’éleveurs irlandais et anglais qui cherchent à gagner en France.

Pourquoi avoir choisi de vous installer à Chantilly plutôt qu’en Irlande ?

En Irlande, il y a une forte concurrence entre les chevaux O’Brien, Bolger, Weld, etc. C’est difficile de s’installer et de débuter dans un contexte comme celui-ci. Et puis, les gains ne suffisent pas. Avec une seule réunion par jour en Irlande, c’est compliqué pour se lancer. Chantilly est un lieu sympa pour la clientèle étrangère. C’est aussi, selon moi, le meilleur centre d’entraînement au monde. Il est très bien géré par Matthieu Vincent et Marin Le Cour Grandmaison. L’ensemble est bien entretenu au quotidien par leurs équipes.

Selon vous, quel est l’aspect le plus difficile de votre métier ?

Je n’aime pas devoir appeler les propriétaires avec des mauvaises nouvelles à leur annoncer.

Et l’aspect le plus plaisant ?

C’est de voir les chevaux progresser sur la piste tous les jours et évidemment gagner des courses. Quand ceux qui ont des petits soucis parviennent à se détendre et à progresser gentiment, c’est vraiment très plaisant.

Comment imaginez-vous les courses dans dix ans ?

Je pense que la France est le meilleur pays pour les courses en Europe aujourd’hui, et va continuer à l’être. Depuis que je m’intéresse aux courses en France, j’entends des choses négatives à leur égard et pourtant rien ne change. Je pense que le droit à l’image dans les courses irlandaises est un véritable problème. En revanche, diffuser les réunions premium françaises sur Sky Racing va sûrement attirer des étrangers en France, ça c’est un bon point pour l’avenir. De manière générale, je pense que nous sommes entre de bonnes mains pour réorganiser le système des courses hippiques en France.