Comment refaire l’histoire ?

Élevage / 29.01.2019

Comment refaire l’histoire ?

Par Baudouin de La Motte Saint-Pierre

Vice-président des PP

Membre du Comité et du Conseil du plat

« Comme chaque soir, j'ai lu l'édition quotidienne de Jour de Galop, devenu au fil du temps irremplaçable.

Quelle satisfaction de voir le ralliement d'associations assez silencieuses – ou même soutenant l'inverse – pendant plus d'un an à la position des PP et la mienne propre dans la remise en cause de la malheureuse réforme de la prime à l'éleveur.

En effet, dès mars 2018, les PP ont pris en compte les réactions des éleveurs en alertant dans des chroniques, en demandant un réexamen de cette suppression de la prime à l'éleveur pour les chevaux d'âge. Les conséquences psychologiques et financières imposaient au minimum une consultation. Cela a été fait avec un questionnaire au résultat sans appel : plus de 75 % des éleveurs consultés ont souhaité revenir à l'ancien système.

L'association Paris Province dont je suis le vice-président est intervenue par mon intermédiaire au Comité de France Galop du 25 juin pour prévenir le président Rothschild de l'incidence catastrophique de cette réforme pour le moral et la trésorerie des éleveurs. J'ai réitéré depuis ma position de rapporter la mesure à chaque séance du Conseil du plat, à chaque séance du Comité. Notre association s'est sentie bien seule dans son combat, et les réponses, quand il y en a eu, ont été, au mieux méprisantes, souvent violemment agressives.

Pendant l'été, aux courses de La Teste, en août, Yves Fremiot, président du Syndicat des éleveurs du Sud-Ouest, a été le premier à nous soutenir dans cette bataille et a envoyé au président de France Galop une lettre réclamant le retour à la prime pour tous. Ce n'est malheureusement que beaucoup plus tard que la Fédération des éleveurs, poussée par sa base, a décidé de se rallier à nous.

Cette petite mise au point n'a pas pour but de diviser mais bien au contraire d'insister sur l'union d'une grande partie des éleveurs, désormais acquise, à revenir en arrière.

Comme l'a écrit Jean-Paul Challet, « toute victoire est belle et mérite l'attribution d'une prime ». Si l'entraîneur et le propriétaire font courir leur cheval et récoltent leur pourcentage et allocation, même à 6ans et plus, pourquoi l'éleveur serait-il oublié ?

Bien entendu, il faut, pour retrouver l'équité, que les taux soient revus selon l'enveloppe à distribuer en ces temps difficiles.

Nous ne doutons pas de la clairvoyance de notre président dans l'urgence à revoir ce dossier. »