Grégory Vayre, la passion chevillée au corps

Courses / 16.01.2019

Grégory Vayre, la passion chevillée au corps

Jeunes propriétaires, Grégory et Ambre Vayre ont déjà fait parler d’eux dans le monde du galop. En un mois, ces passionnés de chevaux ont signé un premier succès de Listed avec Cartabianca (Vision d'État), lauréate du Prix Petite Étoile (L) à Deauville pour l’entraînement de David Morisson, et sorti l’un des favoris du Prix Camille Duboscq (L), Duc de Meran (Nathaniel), entraîné par Hector de Lageneste. Focus sur ces propriétaires sachant conjuguer passion et emploi du temps chargé dans la restauration, et sur leurs chevaux.

 

Duc de Meran, ou l’œil d’Hector.Après une honnête carrière en plat au cours de laquelle il a gagné à trois reprises, deux fois pour Christophe Escuder et une fois pour Pia Brandt, Duc de Meran a été acheté par Hector de Lageneste pour 20.333 €, à l’issue de sa victoire dans un réclamer en plat à Lyon-Parilly. La suite, c’est Grégory Vayre qui nous la raconte : « Tout le mérite revient à Hector [de Lageneste, ndlr]. C’est lui qui a repéré et réclamé Duc de Meran. Le lendemain de sa réclamation, le cheval est arrivé chez lui, il m’a appelé et envoyé une vidéo. Il m’a dit qu’il avait réclamé Duc de Meran en vue de l’obstacle. J’ai confiance en lui, je lui ai donc donné mon accord pour prendre une part du cheval. Comme je lui ai dit que j’aimais bien être associé pour vivre cette passion, il a trouvé une autre personne pour le poulain et c’est ainsi que tout a commencé. » Frank Walter et son père (Scuderia Waldeck) sont ainsi associés à Grégory Vayre sur Duc de Meran, qui est invaincu pour eux. Il a d’abord enlevé le Prix Jean d’Ariste, puis le Prix Joseph de Gontaut-Biron, devenant ainsi l’un des favoris du Prix Camille Duboscq (L). Pourtant, au départ, Grégory Vayre a dû se fier à l’œil d’Hector de Lageneste : « C’est une belle histoire. Pour l’anecdote, je n’y croyais pas beaucoup. Nous étions allés le voir sauter dans le petit manège du domaine de Sers. C’était assez compliqué et c’est à ce moment-là qu’Hector a vu clair. Il m’a dit que ça irait tout seul et il ne s’est pas trompé ! Duc de Meran a bien débuté, aucun ordre n'avait été donné à son jockey pour ses premiers pas. Il l’a fait correctement, les oreilles pointées, en cheval sérieux. Après une première course, il est toujours difficile de savoir qui on a battu. Puis il l’a refait plaisamment lors de sa deuxième sortie. Je ne sais pas s’il sera favori du Prix Camille Duboscq et je ne sais pas si Laterana (Saint des Saints) va courir. J’espère qu’elle sera présente parce que tous les passionnés de course aiment voir ce genre de match. »

 

Un partage.Grégory Vayre est un passionné et comme tout passionné, il aime échanger avec ses entraîneurs et ses associés. Il apprécie également d’avoir des nouvelles régulières de ses chevaux. C’est pourquoi il travaille avec de jeunes professionnels, comme Hector de Lageneste, Gabriel Leenders et Simone Brogi entre autres. « Je préfère que les entraîneurs aient une part dans mes chevaux. Cela permet de partager l’aventure avec eux. Sinon, nous sommes associés avec des amis comme Simone Brogi. Généralement, ce sont plutôt les entraîneurs qui trouvent des associés. Mais je souhaite vraiment être avec des gens passionnés. J’aime également bien avoir des nouvelles de mes chevaux et des vidéos. Gaby [Leenders] et Hector sont vraiment deux jeunes gens assez connectés. Ce sont des passionnés, ils partagent et aiment leurs chevaux. C’est vraiment très intéressant de travailler avec eux. Avec Simone, c’est la même chose, nous avons des nouvelles régulièrement. Je voulais travailler avec Xavier Thomas-Demeaulte et du coup, nous lui avons mis un cheval qui a pris 3ans, sous les couleurs de ma femme. C’est Nicolas de Watrigant qui l’a acheté et nous avons décidé de travailler avec Xavier. Je me suis aussi associé sur une pouliche, que Nicolas a également acquise, avec l’écurie Vivaldi et l’écurie Bartok. Ils travaillent beaucoup avec Fabrice Chappet, chez qui ils ont mis la jument. Nous avons également un poulain avec Gérard Augustin-Normand [Suman] qui est chez Rodolphe Collet. C’est lui qui a entraîné toute la famille, notamment la sœur, Sahpresa (Sahm). Nous avons aussi des chevaux chez David Morisson avec lequel nous partageons une belle histoire. Nous nous sommes rencontrés en 2011 lors du meeting de Pau où nous avions sympathisé. Le jour où j’ai pu avoir des chevaux, nous lui en avons confié. C’est ainsi que je lui ai acheté Cartabianca (Vision d'État). »

 

La belle histoire de Cartabianca.À l’instar de Duc de Meran, Cartabianca(Vision d'État) a été une belle histoire pour Grégory Vayre et son épouse, Ambre, sous les couleurs de laquelle la pouliche a couru. Acquise elle aussi après un succès dans un réclamer, à Dax, Cartabianca a rejoint les boxes de David Morisson, montant les échelons à grande vitesse. « J’avais appelé David en lui disant de regarder un peu les réclamers. J’aime bien commencer de cette manière avec les entraîneurs avant d’acheter aux ventes. David ne pouvait pas venir le dimanche aux courses. J’ai donc appelé Nicolas de Watrigant qui a regardé la jument. Je me suis déplacé et la jument avait bien gagné à l’issue d’une belle ligne droite. Je l’ai réclamée et elle est partie chez David. Nous avons gagné à Tarbes. C’était la première fois que les couleurs de ma femme étaient en piste. Puis, nous avons été troisièmes à Toulouse. Je suis un fan d’élevage, j’ai même été manager de deux haras pendant des années. Elle avait un papier correct, deux frères black types, de ce fait, nous avons tenté le coup dans la Listed de fin d’année [le Prix Petite Étoile]. La jument a très bien gagné en revenant de derrière, comme il faut la monter car elle ne part pas très vite. C’était vraiment une belle histoire. Mais comme il faut faire tourner notre écurie et que nous disposions d’une offre des États-Unis par le biais de Nicolas et de Bertrand Le Métayer, nous l’avons vendue. La jument est donc partie la semaine dernière aux États-Unis. »

 

L’obstacle, une vraie passion.Grégory Vayre voue une vraie passion pour la discipline de l’obstacle. Les chevaux qui courent sous ses couleurs évoluent généralement dans ce sport et ceux qui défendent la casaque de son épouse vont en plat. « Je vais me concentrer pour ma part sur les chevaux d’obstacle. C’est ma vraie passion. Même si c’est dangereux, c’est vraiment une passion car je viens du concours hippique, j’ai une approche différente des courses. Je suis Palois d’origine, avec mes parents nous habitions juste en face de l’hippodrome. Mon père m’a emmené tout petit au Pont-Long. J’ai tout de suite eu cette passion. J’ai fait un stage à 14 ans chez monsieur Ortet. Après j’ai beaucoup grandi et j’ai suivi une autre voie que le monde des courses, partant dans le concours hippique. J’ai travaillé plusieurs années dans ce milieu. » Aujourd’hui, Grégory et Ambre Vayre ont chacun leurs casaques. Mais à partir du mois de mars, une bonne partie de leur effectif évoluera sous les couleurs de la société que France Galop vient d’agréer en leurs noms.

 

Un bon melting pot de chevaux provenant des ventes et des réclamers.Grégory et Ambre Vayre ont connu une belle réussite avec des chevaux en provenance des réclamers. Mais il ne faut pas réduire leur activité de propriétaires à ce créneau. En effet, ils ont aussi acheté aux ventes et ils sont parvenus à trouver leur équilibre en se partageant entre les réclamers et les ventes. « Nous avons beaucoup acheté aux ventes avec Nicolas de Watrigant. Nous avons treize chevaux qui n’ont pas encore débuté. À un moment, je me suis dit qu’il allait peut-être falloir que nous courions ! C’est pour cela que j’ai voulu acheter à réclamer. Nous en avons acheté deux dans cette catégorie avec Gabriel Leenders. Il y en a un qui a gagné en steeple à Pa u[Campinaset une autre qui s’est imposée en haies à Cagnes-sur-Mer [French Dream]. Avec ces deux-là, nous allons courir rapidement. Nous avons envie de courir vite, c’est pour cela que le réclamer est le bon compromis. »

 

Un parcours à cheval entre les mondes équestre et hippique.Grégory Vayre a toujours été passionné par les chevaux et, habitant tout proche de l’hippodrome de Pau, il s’est d’abord orienté vers les courses puis le concours, avant de revenir dans le monde du galop en tant que responsable d’élevage. « J’ai fait du concours hippique. En 2011, j’ai commencé à connaître du monde lors des meetings palois. Je faisais de l’élevage chez mes parents à côté de Pau, notamment dans le poney et les chevaux de sport. Je suis donc parti tenter ma chance à Deauville. J’ai travaillé comme responsable d’élevage au haras des Senora, chez Jacqueline et Thierry Léger. Nous avons débuté l’histoire ensemble. Je suis resté deux ans et demi avec eux, qui sont des passionnés. Ma femme habitait à Bordeaux et je me suis rapproché d’elle. Le père de Nicolas de Watrigant cherchait un responsable d’élevage au haras de Mandore et j’ai foncé sur l’occasion. L’expérience s’est révélée très enrichissante. Travailler avec un homme comme Jean-Marc de Watrigant, c’est quelque chose d’incroyable. C’est une encyclopédie de l’élevage, il m’a appris beaucoup de choses. » Grégory Vayre a eu une poulinière lorsqu’il travaillait à Mandore, revendue ensuite pour se consacrer à la compétition. Avec son épouse, ils ont toutefois conservé une petite activité d’élevage dans les chevaux de sport.