SPÉCIAL ÉTALONS - Tunis, l’un des meilleurs sauteurs de sa génération à Cercy

Élevage / 28.01.2019

SPÉCIAL ÉTALONS - Tunis, l’un des meilleurs sauteurs de sa génération à Cercy

Par Adrien Cugnasse

L’annonce de son arrivée au haras de Cercy a fait le buzz. Tunis, qui a fait carrière sous l’entraînement de Guillaume Macaire, sera l’une des vedettes de la saison de monte 2019 chez les sauteurs. Doté d’un pedigree presque totalement neuf, il a été syndiqué en moins de deux heures…

Les dirigeants du haras de Cercy veulent surfer sur la mode des étalons sauteurs qui leur a si bien réussi avec Cokoriko (Robin des Champs) en 2018. Pour la saison de monte 2019, ils vont accueillir une recrue de taille avec Tunis (Estejo). Magnifique poulain né en Pologne, où il a gagné en plat, à 2ans, sur 1.600m, ce pensionnaire de Guillaume Macaire a prouvé qu'il était un vrai cheval d'Auteuil. Il y a d'ailleurs remporté trois Groupes et une bonne partie de ses 613.880 € de gains. Lauréat des Prix Amadou (Gr2), Aguado et d’Indy (Grs3), il s'est aussi classé deuxième des Prix Cambacérès, Renaud du Vivier et Alain du Breil (Grs1). En 14 courses à Auteuil, Tunis n’a jamais terminé plus loin que troisième. Suffisamment précoce pour gagner à 2ans, il s’est placé au niveau Gr1 sur les obstacles à 3ans puis à 4ans. Troisième meilleur 3ans français sur les haies en 2017 – avec une valeur de 70 – il s’est hissé au deuxième rang en 2018, avec une valeur de 74.

Ces stallion making races d’Auteuil. En 2017, quatre des dix meilleurs étalons français avaient eux-mêmes couru sur les obstacles. En 2018, leurs statistiques sont encore meilleures car ce sont quatre des huit meilleurs sires qui sont passés par les épreuves de sauteurs. Les entiers sont rares en obstacle, mais le très fort taux de réussite de ces derniers les rend très attractifs. En 2018, pas moins de six étalons ayant fait leurs preuves en obstacle ont sailli 100 juments ou plus. C'est un remarquable signe de confiance de la part du marché et des éleveurs. On parle parfois de stallion making races dans l’univers du plat. Ce terme pourrait aussi trouver son application chez les sauteurs. Le podium des Prix Cambacérès, Renaud du Vivier et Alain du Breil a vu passer, outre Tunis, de futurs bons étalons comme Saint des Saints (Cadoudal), Buck's Boum (Cadoudal), Nickname (Lost World), Villez (Lyphard's Wish), Denham Red (Pampabird), Cyborg (Artic Tern), Dom Alco (Dom Pasquini), Quart de Vin (Devon), Tiaia (Nic), Verdi (Maurepas), Samaritain (Maravedis), Wild Risk (Rialto), Orvilliers (Tanerko)…

Un débutant qui fait recette. Andrée Cyprès, responsable de la promotion, de la communication et de l'événementiel au haras de Cercy, nous a expliqué au début de mois de janvier : « Le fonctionnement d'une coopérative permet de fédérer les gens pour le bénéfice de l'élevage français. Dans notre contexte, un cheval comme Cokoriko ne peut pas être vendu à l'étranger, alors que la demande pour ce type de profils est forte. Sa syndication n'avait pas été évidente. Certains n'y croyaient pas. À l'inverse, Tunis a été syndiqué en une heure trente ! Là aussi, cela permettra de conserver un jeune sire prometteur en France. Façonner un étalon d'obstacle est très long. Il faut au moins quatre années et les profils attractifs sont vraiment difficiles à trouver. Surtout que ce marché des pères de sauteurs attire désormais des acteurs avec des moyens importants, qu'ils soient en France ou outre-Manche. Pour nous, il n'est jamais évident de trouver les finances pour lutter. Mais il n'y pas de secret : pour faire émerger les futurs bons étalons de demain, il faut être capable de lancer des jeunes. Et notre région, avec sa jumenterie nombreuse, a prouvé sa capacité à mener à bien ce type d'opération. En 2019, nous ne proposons pas moins de cinq sires dont les premiers produits conçus en France pour l'obstacle ont 3ans ou moins. C'est un engagement fort. Nous sommes très heureux de voir que les éleveurs nous suivent dans cette démarche. Il suffit de regarder l'engouement suscité par l'arrivée de Tunis. C'est un magnifique cheval, très chic. Ses performances récentes sont encore dans toutes les têtes (…) Tunis est assuré d'atteindre la centaine de juments. C'était un cheval assez précoce pour bien courir en plat à 2ans et avec une capacité d'adaptation suffisante pour être rapidement performant en France à 3ans. Son entourage nous a confié qu'il n'avait jamais eu le moindre problème de santé, ce qui est quand même une vraie qualité pour un cheval de haut niveau sur les obstacles, après avoir débuté sa carrière à 2ans. Tunis était vraiment un roc, sain, net et doué. »

TUNIS

Estejo & Tracja, par Llandaff

Prix Amadou (Gr2)

Prix Aguado & d'Indy (Grs3)

Deuxième des Prix Cambacérès, Alain du Breil & Renaud du Vivier (Grs1)

Stationné au haras de Cercy (58)

3.500 € H.T. P.V.   

Adhérent Scaecc : 3.000 € H.T. P.V.

La famille d’un gagnant du St Leger polonais. Élevé par les Haras nationaux polonais, Tunis est un fils d’Estejo (Johan Cruyff), un cheval d’origine allemande, vainqueur du Premio Presidente della Republica et du Premio Roma (Grs1). Il est installé en France, au haras de Jalogny, où il va désormais produire des sauteurs à partir de juments françaises.

Tracja (Llandaff), la mère, avait déjà donné plusieurs vainqueurs avant Tunis, dont Tasmania (Tempelwachter), une bonne gagnante en steeple-chase dans les pays de l’Est. Il s’agit de la famille de Trypolis (Saphir), lauréat du St Leger polonais. Le pedigree de Tunis est différent de celui des autres étalons disponibles en France : il est notamment indemne du sang de Sadler’s Wells (Poliglote, Martaline, Saddler Maker, Authorized…), Linamix (Martaline, Al Namix…), Cadoudal (Saint des Saints, Kapgarde…), Monsun (Network...), Caro (Turgeon…)…

 

 

 

Danehill

 

 

Johan Cruyff

 

 

 

 

Teslemi

 

Estejo

 

 

 

 

 

The Noble Player

 

 

Este

 

 

 

 

Ermione

TUNIS (M5)

 

 

 

 

 

 

Lyphard

 

 

Llandaff

 

 

 

 

Dahlia

 

Tracja

 

 

 

 

 

Nible

 

 

Turbia

 

 

 

 

Truskawka