À LA UNE - La grande rentrée de l’élevage français

Institution / Ventes / 11.02.2019

À LA UNE - La grande rentrée de l’élevage français

Mardi 12 février, Arqana lance la saison des ventes françaises avec sa vacation mixte de février. Cette année, la vente se déroulera sur deux jours. Ludovic Cornuel, directeur bloodstock, Freddy Powell, directeur, et Éric Hoyeau, président directeur général d’Arqana, font le point sur ce rendez-vous.

Les grands indicateurs de la vente mixte de février

Édition       Présentés     Vendus (%)        Prix moyen (évol.)       Prix médian (évol.)        C.A. (avec amiables)

2018           352               281 (79,83 %)      9.957 €                          4.000 €                            2 851 100 €

2017           263               201 (76,43 %)      10.328 €                        5.000 €                            2.075.901 €

2016           293               237 (80,89 %)      7.137 €                          4.500 €                            1.709.400 €

Comme en 2018, la vente de février va se dérouler sur deux journées. Après une saison record – au niveau du chiffre d’affaires global –, l’agence Arqana se remet donc en selle avec un catalogue plus fourni et probablement plus solide que celui de l’année dernière. Éric Hoyeau et Ludovic Cornuel nous ont dit : « Cette vacation est un rendez-vous important dans le calendrier français pour beaucoup d’acteurs du marché. Outre l’intérêt des lots qui vont passer sur le ring, c’est aussi le lancement de la saison des ventes. Les éleveurs aiment se retrouver pour ce qui est également un moment de convivialité. La présence de deux dispersions, celle de l’élevage de la marquise de Moratalla et celle du haras de Manneville, renforce l’intérêt de cette vente tout en lui offrant une exposition internationale. Ces deux noms sont connus au-delà des frontières de l’Hexagone, grâce à la réussite des chevaux qui leur sont associés. C’est aussi un apport de lots de qualité au sein du catalogue. Nous avions déjà organisé la vente de février sur deux journées l’année dernière. Mais après avoir battu le record d’inscriptions au mois de décembre, par effet de vase communiquant, cette vacation a vu son offre croître. Nous nous adaptons à l’offre. »

Des dispersions synonymes d’opportunités. La vente de février s’inscrit dans le prolongement de celle de décembre. Comme toujours dans ce type de vacation, le catalogue se nourrit des opportunités que le marché lui offre. Une situation comparable avec l’édition 2012, au sujet de laquelle Ludovic Cornuel précise : « La dispersion de l’effectif de madame Wildenstein avait suscité beaucoup d’intérêt. » Lorsqu’un élevage reconnu cesse son activité en mettant l’ensemble de son cheptel sur le marché, les éleveurs trouvent l’occasion d’acquérir des chevaux de qualité, aptes à faire souche ou à briller en course. Dans le cas de la dispersion Wildenstein, on se souvient de News Reel (Vespone). Acquis pour 12.000 €, il a ensuite remporté quatre victoires, dont le Prix Guillaume de Pracomtal et le Prix Général de Rougemont (Ls), pour un total de 274.555 € de gains. Mais on peut également penser à N'Avoue Jamais (Marignan), achetée 48.000 € à la vente de février et qui, plus tard, a donné un poulain vendu 155.000 € en tant que store. Ludovic Cornuel précise : « Dans le cas des deux dispersions de cette année, il y aura d’autres lots à passer en vente après la vacation de février. Concernant l’élevage Farès, certaines juments, dont la date de terme ne leur permettait pas d’être présentes cette semaine sur le ring, seront proposées au mois de juillet à Deauville. Les produits d’élevage de la marquise de Moratalla, foals et yearlings, vont passer en vente tout au long de l’année au sein de nos vacations. La vente de février n’accueille que les chevaux à l’entraînement et les juments. »

Une clientèle internationale. Traditionnellement, en février à Deauville, on croise des acheteurs venus des îles britanniques, mais aussi d’Europe de l’Est et du Maghreb. Ils viennent se greffer à la demande hexagonale, et à ce sujet, Ludovic Cornuel explique : « Cette vente de février a la particularité de regrouper toutes les catégories de chevaux, des yearlings aux chevaux à l’entraînement. Et ce, sur plusieurs segments de marché, notamment en ce qui concerne la valeur. Cela répond à la demande d’une clientèle, française et internationale, venue d’horizons divers. Encore une fois, les dispersions ont créé de l’intérêt et un pouvoir d’attraction à l’étranger. » La réussite des sujets issus de cette vacation fait écho à cette dimension internationale. C’est en février 2016 à Deauville que Paul Nataf a déniché My Sister Nat (Acclamation), lauréate du Prix Bertrand de Tarragon (Gr3), troisième du Shadwell Prix de la Nonette (Gr2), puis exportée aux États-Unis. L’édition 2017 a vu passer Champ de Bataille (Dream Well) et Roi Mage (Poliglote). Le premier a remporté la Gran Corsa Siepi di Milano et la Gran Corsa Siepi di Merano (Grs1). Le deuxième s’est imposé dans le Prix Georges Courtois (Gr2).

L’offre est solide chez les chevaux à l’entraînement. L’année dernière, c’est un cheval à l’entraînement qui avait réalisé le top price, à 300.000 €. Ce segment en particulier sera probablement plus fort en 2019, comme nous l’a confié Ludovic Cornuel : « On mesure là aussi l’effet positif des dispersions au moment de la constitution d’un catalogue. Mais il faut également noter la présence d’un pensionnaire d’André Fabre, qui courait sous les couleurs du Gestüt Ammerland, avec un profil remarquable : Baltic Baron (Shamardal). » Pris en valeur 43, ce lot 33 a décroché une victoire et neuf places en dix sorties, se classant notamment deuxième du Derby du Midi (L). Frère de cinq black types, c’est un petit-fils de la championne Borgia (Derby allemand, Grosser Preis von Baden, sur le podium de la Breeders' Cup Turf et du Prix de l’Arc de Triomphe, Grs1). Toujours dans cette catégorie, on remarquera aussi la présence de plusieurs chevaux allemands de bon niveau, comme Wild Max (Maxios). Issu de la grande souche des "W", il s’est classé troisième du Preis des Winterfavoriten (Gr3). Pris en valeur 39, ce lot 22 a gagné avec style une bonne course sur 2.000m en Allemagne. Il est présenté par Ronald Rauscher. Chez les sauteurs, l’équipe de l’agence souligne la présence du lot 5, Katana One (Sunday Break), un pensionnaire de David Cottin quatrième du Prix Congress (Gr2). Dans cette catégorie des chevaux à l’entraînement, on remarquera également la présence du lot 468. Marinka (Planteur) s’est classée deuxième du Premio Vittorio Crespi et troisième du Premio Luciano Mantovani (L). Elle sera présentée par le Gestüt Ohlerweiherhof.

Des juments pleines d’étalons très attractifs. Cette vente de février représente enfin l’opportunité d’acquérir des juments pleines de sires très en vue. Un certain nombre a donné des gagnants de Gr1 en 2018 ou en ce début 2019, si bien que leur réussite est dans toutes les mémoires et le sera probablement aussi au moment des ventes de yearlings.  En plat, c’est le cas d’Invincible Spirit (un lot), Intello (un lot), Myboycharlie (deux lots), Pedro the Great (trois lots), Camelot (deux lots), Zanzibari (un lot)… et sur les obstacles, on peut penser à Spanish Moon (un lot) ou à Kapgarde (un lot). En dehors des juments issues des dispersions, on notera par exemple la présence du lot 463, Al Mas (King’s Best), pleine de Wootton Bassett (Iffraaj). Présentée par Charles Brière, c’est une sœur d’Onthemoonagain (deuxième des Flower Bowl Stakes, Gr1).

Une première pour les nouvelles recrues d’Arqana. La vacation de février sera aussi la première vente pour une équipe renforcée grâce à l'arrivée de Mathieu Legars et Marta Kubicka, deux polyglottes ayant longtemps vécu à l’étranger. Avec une équipe plus forte, la grande ambition d’Arqana pour 2019 est donc d'attirer une clientèle toujours plus internationale sur le marché français. À ce sujet, Éric Hoyeau et Freddy Powell ont commenté : « Plus qu’un changement, il s’agit plutôt d’un renforcement de notre équipe, comme nous l’avions déjà annoncé. Nous avons besoin de personnes supplémentaires pour poursuivre notre développement. C’est une étape nécessaire qui s’inscrit dans notre volonté de rationnaliser les choses. Ce sont deux profils différents. Les acteurs du marché connaissent très bien Mathieu et sa maîtrise parfaite de l’activité n’est plus à prouver. Expérimenté, apprécié… C’est un profil dont l’intégration dans notre équipe est très facile. Marta a un parcours différent. Après avoir engrangé de solides expériences dans d’autres secteurs d’activité, elle a développé une réelle passion pour notre secteur. Elle montre une énorme motivation. Cette vente sera donc le moment idéal pour qu’ils prennent leurs marques en vue des échéances de l’année. C’est un parfait "gazon" pour des éléments de valeur ! »