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Grippe équine : 174 écuries britanniques sous quarantaine

International / 08.02.2019

Grippe équine : 174 écuries britanniques sous quarantaine

Grippe équine : 174 écuries britanniques sous quarantaine

À cette heure, nous ne sommes certains que d’une chose : il n’y aura pas de course en Angleterre avant le mercredi 13 février. Alors que la filière britannique est paralysée, avec un nombre toujours plus important de chevaux en quarantaine, les mesures de précaution pourraient aussi perturber la saison de monte et ceux qui préparent Cheltenham.

Par Charlotte Rimaud

Le point de départ. Tout est parti d’un cas dans l’écurie de Donald McCain : Raise a Spark (Multiplex), a couru à Ayr mercredi et il a été testé positif le lendemain. Au total six chevaux de McCain sont positifs et suite à cela, la BHA a déclaré : « Nous avons pris la décision de restreindre les déplacements de ces chevaux, mais aussi de ceux de cent vingt autres entraîneurs qu’ils auraient pu croiser aux courses, et de suspendre les épreuves jusqu’à mercredi, au plus tôt. »

Une deuxième vague de quarantaine. La BHA a identifié un autre cas suspect, dans une deuxième écurie, qui a débouché sur à la mise en quarantaine de plus de 50 effectifs supplémentaires. L’institution annonce : « Cette écurie avait des partants à Newcastle le 5 février et à Wolverhampton le 6 février, et à ce titre, la BHA a pris des précautions supplémentaires pour ces 54 écuries qui avaient également des partants en début de semaine et en effectuant des tests chez eux également. La BHA travaille en étroite collaboration avec l’Animal Health Trust afin de fournir suffisamment de matériel pour effectuer les prélèvements et de gérer le volume de tests envoyés : ceux effectués sur un total de 174 écuries sont en cours. Il ne sera pas possible de tester tous les chevaux de toutes les courses avant la fin du week-end. Cependant, nous travaillerons avec les entraîneurs pour identifier les chevaux prioritaires ou à risque et nous assurer qu’ils sont testés rapidement. »

On y verra plus clair lundi. Nick Rust, directeur général de la BHA, a déclaré : « Lundi, nous serons en mesure de prendre une décision définitive quant au retour des courses. Je ne sais pas si nous aurons besoin de quelques jours supplémentaires. Mais je crois sincèrement que ce sera pour quelques semaines au plus, car nous avons agi rapidement. Si nous jouons avec le feu, nous pourrions avoir de sérieux problèmes pendant trois à six mois. Et tout le monde serait perdant. C’est une forme grave de grippe qui affaiblit les chevaux, acteurs principaux de notre sport. Leur bien-être est primordial. En agissant rapidement, nous parviendrons à limiter la propagation, mais tant que nous ne connaîtrons pas l’étendue de la propagation du virus, il est difficile de prendre une décision. »

Des alternatives pour préparer les meetings. Pour compenser la perte d’activité pour l’ensemble des acteurs de la filière, des courses alternatives seront organisées. Nick Rust a ajouté : « Nous nous préparons à prendre d’autres dispositions pour que, quand les courses reprendront, il y ait d’autres courses pour les chevaux qui ont manqué les préparatoires à Cheltenham ou Aintree. » Même si les courses ne sont pour le moment annulées que jusqu’au 13 février, un membre de la BHA a avoué qu’il ne pouvait pas confirmer pour le moment que le Festival de Cheltenham pourrait avoir lieu sans encombre. Ce qui serait un événement vraiment catastrophique pour les courses anglaises. Ce point est développé dans le mot de la fin de cette édition.

Prendre son mal en patience. Dan Skelton, top entraîneur d’obstacles en Angleterre, a déclaré aux médias britanniques : « Nous n’avons pas eu d’épidémie de grippe ou quoi que ce soit d’aussi grave depuis longtemps. Si une réunion est annulée à cause de la météo, nous râlons tous pour reprendre, alors qu’aujourd’hui c’est très différent. Il s’agit du bien-être des chevaux et tout le monde reconnaît que c’est une priorité. Si cette épidémie prend du temps à être éradiquée, nous devons l’accepter, nous ne pouvons rien faire de plus. »

Les foals sont les plus à risque. Cette épidémie de grippe équine n’aurait pas pu survenir à un pire moment pour les éleveurs anglais et irlandais qui doivent déjà faire face au Brexit. En effet, alors que la saison des poulinages bat son plein, les haras de Grande-Bretagne et d’Irlande accueillent tous les jours de nouveaux poulains. Mais la saison de monte va également débuter et engendrer de nombreux mouvements de chevaux d’élevage. Les foals représentent la population la plus sensible. Le conseiller sanitaire de la Thoroughbred Breeders’ Association, James Crowhurst, a déclaré au Racing Post : « Cette grippe est très grave, en particulier chez les poulains et surtout ceux de moins d’un mois. Notre conseil est de donner des traitements supplémentaires contre la grippe aux juments avant qu’elles ne soient saillies et de faire preuve d’une vigilance accrue lorsque des chevaux à l’entraînement croisent d’autres chevaux au haras. L’épidémie n’a pas encore été signalée dans des haras et, heureusement, cela fait très longtemps que l’on n’a pas eu de cas à l’élevage. »

La protection passe par les mères. James Crowhurst a expliqué que le système immunitaire des poulains ne leur permettait pas (encore) de se faire vacciner directement contre des maladies comme la grippe équine. La meilleure chose à faire est donc de s’assurer que les juments soient correctement vaccinées pendant la gestation. Il a déclaré : « Les poulains n’ont pas suffisamment d’anticorps avant l’âge de cinq ou six mois. Lorsqu’il s’agit de les protéger, l’objectif est de stimuler les juments dans les derniers mois de la gestation, puis les anticorps importants passeront par le colostrum de la jument afin que le poulain puisse l’absorber. Leur protection provient donc des anticorps de la jument, qu’elle concentre dans son lait. En stimulant les juments, vous donnez une certaine protection aux poulains jusqu’à ce qu’ils soient immunologiquement aptes à être vaccinés. »

Pas de limitation de déplacements dans les haras. À cette heure, les seuls cas confirmés ou suspicion de maladie concernent des chevaux à l’entraînement. Dès lors, James Crowhurst a déclaré qu’il n’était pas nécessaire de limiter immédiatement les déplacements des chevaux d’élevage. Il a toutefois ajouté que la TBA était prête à adopter toute disposition nécessaire en cas d’évolution de la situation. Son équivalent irlandais, l’Irish Thoroughbred Breeders’ Association a pris note des cas récents de grippe équine et conseille fortement aux éleveurs de vérifier les vaccins de leurs chevaux.