INT’L YOUNG FROGS -  Jeunes, français… et voyageurs !

International / 05.02.2019

INT’L YOUNG FROGS - Jeunes, français… et voyageurs !

Par Charlotte Rimaud

De plus en plus de jeunes Français s’installent à l’étranger pour débuter leur carrière professionnelle dans les courses… et parfois, ils y restent ! Nous vous proposons une série de portraits de ces Frenchies, qui ont choisi de s’expatrier.

Julie Danet

29 ans

AUSTRALIE

Scone (New South Wales)

Responsable unité de poulinage

Haras : Bhima Thoroughbreds

Jour de Galop. – Quel a été votre parcours avant l’Australie ?

Julie Danet. – Je suis allée à la Maison familiale rurale de Vimoutiers de la classe de 3e au BEP. En deuxième année de BEP, nous sommes allés un mois en Irlande. Je n’avais aucun problème sur le plan "professionnel", mais c’était plus difficile en cours… J’ai donc demandé à mes professeurs de me trouver un travail en Irlande. À 18 ans, j’ai commencé à travailler là-bas. J’ai commencé par un haras, puis un autre, avant d’arriver à Coolmore. En Irlande, j’ai appris l’anglais sur le tas mais aussi le monde du pur-sang et des courses, en allant aux ventes, chez des entraîneurs, etc. Après quatre ans en Irlande, Coolmore m’a envoyée dans leur antenne en Australie et j’y suis restée. Être dans une grande maison comme Coolmore, cela aide évidemment. Peu à peu, j’ai pris des responsabilités. Je suis maintenant responsable d'une unité de poulinage à Bhima Thoroughbreds.

Pourquoi avoir fait le choix de rester à l’étranger ?

Avant d'arriver à Bhima Thoroughbreds, j'avais déjà travaillé chez Coolmore en Irlande et en Australie, pendant un certain temps. Je ne me voyais pas repartir en France. J’ai fait ma vie ici, j’ai mon chien, mes amis et je suis passionnée par mon travail actuel. Les Australiens sont très sympas, très accueillants. Le climat aide beaucoup aussi, même s’il fait très chaud en ce moment. Je me sens bien en Australie, et puis j’ai désormais la nationalité australienne !

Gardez-vous des liens avec la France ?

Je suis bien sûr en contact avec ma famille, mais c’est le seul lien que j’ai avec la France. Et j’ai l’impression de maîtriser beaucoup moins bien la langue française qu’anglaise, du moins à l’écrit.

Paul-Alexis Potey

27 ans

ÉTATS-UNIS

Paris, Kentucky

Responsable de barn

Indian Creek Farm

Jour de Galop. – Quel a été votre parcours avant d’arriver aux États-Unis ?

Paul-Alexis Potey. – Tout a commencé durant l’été 2012, où j’ai fait mes premiers pas au sein des Aga Khan Studs grâce à Georges Rimaud, à qui je dois beaucoup puisqu’il m’a donné ma chance. À l’époque, je terminais mes études de commerce. Mon diplôme d’IUT en poche, j’ai eu l’opportunité, par son intermédiaire, de partir en Australie, où j’ai travaillé un an au sein d’Arrowfield Stud en tant que palefrenier. À mon retour, j’ai de nouveau travaillé aux Aga Khan Studs, puis à l’écurie des Monceaux pour les préparations de ventes de yearlings. Là encore, j’ai beaucoup appris grâce à Henri Bozo. Ces deux expériences m’ont profondément marqué puisque j’ai découvert une passion et un réel engouement pour la filière des chevaux de course. Fort de ces deux expériences, j’ai intégré l’Irish National Stud en 2017. De retour en France, j’ai travaillé pour Fairway Consignment avant de m’envoler pour les États-Unis, au Kentucky plus exactement, où, pendant l'année 2018, j’ai travaillé à Indian Creek en tant que responsable de barn. Cette expérience a été très bénéfique. Actuellement, j’attends mon visa pour y retourner.

Pourquoi avoir fait le choix de rester à l’étranger ?

J’adore voyager : il y a tant de choses à apprendre et chaque expérience est très spéciale. Mais avant tout, il y a surtout la curiosité de voir comment cela se passe ailleurs. Ma plus forte découverte concerne le management, basé sur la confiance dans chaque individu. On se soucie peu des diplômes. On met les gens en situation de responsabilité et on attache beaucoup d’importance tant à la motivation qu’à l’engagement personnel. Nous sommes jugés sur nos résultats et quand ils sont là, on nous fait évoluer davantage et ça va très vite ! C’est pourquoi les opportunités à l’étranger sont devenues prioritaires. Selon moi, c’est actuellement la meilleure voie pour évoluer professionnellement.

Qu’avez-vous trouvé de mieux qu’en France ?

La France est mon pays. En matière d’élevage, c’est le top, mais le marché est mature. Les possibilités d’évolution sont très limitées. J’y ai appris l’excellence, mais j’ai donc pris le parti d’aller à l’étranger pour évoluer professionnellement. C’est pourquoi, j’ai choisi les pays anglo-saxons et plus particulièrement les États-Unis, ainsi que l’Australie.