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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Les éleveurs et propriétaires du Sud-Est unis autour d’objectifs communs

Courses / 11.02.2019

Les éleveurs et propriétaires du Sud-Est unis autour d’objectifs communs

Le 4 février, l’hippodrome de Marseille-Pont-de-Vivaux accueillait une réunion en semi-nocturne, mais également l’Assemblée générale des propriétaires du Sud-Est. Celle-ci s’est tenue à quelques heures d’intervalle de celle des éleveurs de la région. Serge Tardy, président de l'Association des propriétaires du Sud-Est et de Corse, nous a livré les points clés de cette réunion.

Serge Tardy, également vice-président du Syndicat national des propriétaires, nous a dit : « Chez nous, la population de propriétaires et d'éleveurs est souvent la même. Nous avons décidé de coupler nos deux Assemblées générales, de les enchaîner l'une après l'autre, de façon à ce qu'il y ait le maximum de personnes. C’est très symbolique d'être ensemble, réunis autour des projets, des propositions et des débats. La première partie de l’Assemblée des propriétaires concernait les comptes. Ils ont été validés, le quitus pour la bonne gestion a été donné. » 

L’avenir de l’hippodrome du parc Borély : « Le président de la Société hippique de Marseille, Patrice Camacho, s’est ensuite exprimé sur la pérennité de Borély, actuellement remise en cause par des déclarations de certains élus de la mairie. Il considère que la Société hippique a des arguments juridiques forts à faire valoir et qu’en termes de calendrier électoral municipal, l'équipe remettant en cause l'avenir de l'hippodrome ne sera plus aux commandes lorsque la décision devra être prise. Les élections auront en effet lieu en 2020 et le renouvellement du bail se fera quelques années plus tard. Le président de la Société hippique s’est montré confiant et déterminé. C’est un message que les socioprofessionnels présents ont entendu avec satisfaction, et nous espérons que l’issue des démarches entreprises sera positive pour la continuation de l’exploitation de ce site. »

Une région force de proposition. « Nous avons ensuite repris les thèmes abordés lors de l'Assemblée générale du Syndicat national à Deauville. En qualité de syndicat régional, relayé par notre Syndicat national, nous considérons que France Galop doit activer un vrai plan de relance. Le public, qu’il soit sur un hippodrome ou devant un écran, fournit les futurs parieurs et les futurs propriétaires. Nous avons fait de nombreuses propositions dans ce sens et regrettons que l’Institution n'affirme pas sa volonté de créer cette dynamique. C’est l’un des principaux axes à privilégier, déployé dans un plan national qui englobe toutes les régions. Les participants au débat allaient tous dans le sens de cette évidence. »

Le Sud-Est dans une spirale positive. « On assiste à l’émergence ou à la redynamisation de professionnels dont la réussite doit s’inscrire dans la durée. On peut citer par exemple Fréderic Rossi, Jérôme Reynier, Richard Chotard, Fabrice Vermeulen, Christophe Escuder et bien d’autres qui "performent" avec un taux de réussite flatteur. Une alchimie se met en place et cela fonctionne. Cela va de pair avec la dynamique des jockeys. Les top-jockeys, au premier rang desquels Christophe Soumillon, ont confiance dans les capacités des professionnels de la région. Cela contribue à tirer le niveau général vers le haut, y compris celui des jockeys régionaux qui sont très compétitifs. Cela tient aussi, bien sûr, au renouvellement naturel des propriétaires. Certains d’entre eux sont aujourd’hui capables de prendre des risques, avec des effectifs assez nombreux. Il y a Antoine Bardini, l'écurie LH, le haras de la Gousserie, Jean-Claude Seroul et bien d’autres, cela représente un cheptel important. Tous ensemble, Société hippique, éleveurs et propriétaires, nous sommes parvenus à l’amélioration de nos performances. »

Une redistribution du programme et des allocations qui doit être mieux pensée. « Mais en parallèle, nous constatons que le programme est de plus en plus orienté pour que le cheptel monte à Paris le plus régulièrement possible. Il y a donc un déséquilibre qui se crée en termes de conditions de courses comme d’allocations et nous le regrettons. Ce n'est pas conforme à nos attentes. Le programme devient très contraignant et lorsqu’on veut respecter les hommes et les chevaux, cela devient très difficile de répéter ces déplacements. Nous le faisons malgré tout, mais au prix de voyages exténuants et dangereux qui pèsent probablement d’une certaine façon sur la moyenne des partants. Par le passé, un cheval avait localement sa course toutes les trois semaines. Mais ces cinq dernières années, tout cela a été déconstruit. Sur un plan technique comme sur un plan commercial, cette logique peut et doit être remise en question. Ce n’est pas un sujet tabou. »

2019, une année électorale décisive. « Nous allons avoir des élections décisives pour l’avenir de notre activité. Le système électoral, tel qu'il est organisé, contribue à disperser les élus sur des thèmes partisans. De fait, dans les instances de décision, ces derniers n’arrivent pas à dégager une majorité nette et des propositions qui conviennent au plus grand nombre. Dans une situation difficile qui nécessite des décisions fortes, c'est assez pénalisant pour la dynamique de gestion. Il faut être unis autour d'un socle de propositions. Pour finir sur le Syndicat national, celui-ci est le seul, à mon sens, à avoir cette aptitude à aller au-delà des intérêts partisans, afin de servir l'intérêt collectif. Fort de près de 2.000 adhérents, il rassemble Parisiens comme Provinciaux, passionnés d'obstacle comme de plat, propriétaires individuels ou en association, entraîneurs. C’est un point rassurant pour tous, d’autant que les idées fortes ne nous manquent pas »