Les grandes ambitions de Philippe Bouaziz pour le haras de Bernesq

Élevage / 15.02.2019

Les grandes ambitions de Philippe Bouaziz pour le haras de Bernesq

Les grandes ambitions de Philippe Bouaziz pour le haras de Bernesq

Le haras de Bernesq a trouvé un second souffle grâce à Philippe Bouaziz, repreneur du site dans le cadre d’une procédure collective. Ce P.D.G. d’une société d’informatique, passionné par les chevaux, ne cache pas ses ambitions. Lors de la vente de février Arqana, il a acheté des juments de qualité.

Jour de Galop. - Quel est votre rapport avec les chevaux et les courses ?

Philippe Bouaziz. - Le cheval et les courses, c’est une histoire de famille. En Algérie, nous élevions depuis plusieurs générations. Mon père est resté un grand passionné, et les courses c’était presque tous les jours ! J’ai fait carrière dans un métier qui me passionne, l’informatique, les technologies, les startups… Mais il faut croire que ce proverbe a du vrai : chassez le naturel, il revient au galop !

Pourquoi avoir décidé d’acheter le haras de Bernesq ?

J’ai eu le plaisir de visiter cet automne le haras, son magnifique château, ses 140 ha de terres extraordinaires. Un immense fleuve passe à 80 m de profondeur sous le haras, ce qui lui garantit un afflux et un débit constant d’eau pure et riche en calcium. Cette eau, puisée et récupérée par le haras, permet de nourrir non seulement les sols en assurant une herbe de grande qualité, mais aussi d’abreuver directement les animaux permettant ainsi un développement extrêmement sain. Enfin, la proximité des plages est aussi un atout intéressant à prendre en compte. La rencontre avec les deux jeunes managers du haras, leur passion et l’attention particulière avec laquelle ils soignent chacun de leurs athlètes et ceux de leurs clients a fait le reste. Le haras représente mon premier investissement dans le milieu du pur-sang anglais. Je suis très confiant pour ce projet. Nous sommes en train de tout mettre en place pour faire de ce "projet de vie" un franc succès. Je suis le principal investisseur pour ce projet, accompagné d’amis proches d’Asie et d’Europe de l’Ouest.

Quels sont vos objectifs ?

L’approche alliant à la fois l’élevage et l’entraînement est ce qui me plaît particulièrement dans cet investissement. En effet, voir naître les chevaux, les faire grandir puis gagner sur les hippodromes représente une aventure magnifique que nous pouvons comparer à une carrière sportive de haut niveau ou à l’incubation d’une startup. Grâce à notre équipe pluridisciplinaire et compétente pour toutes les étapes du projet, nous allons nous efforcer de faire progresser nos chevaux afin qu’ils atteignent le plus haut niveau. Nous sommes tous portés par cette passion et cette forte volonté de faire fleurir le haras, de le rendre prospère et de lui redonner une place centrale dans le milieu de l’élevage et des courses de pur-sang anglais à l’international. Nous sommes persuadés qu’en combinant l’expertise de notre équipe technique avec notre savoir-faire de gestion et de développement d’entreprise, nous réussirons à créer un environnement idéal pour l’avenir de Sarona Farm et que cette collaboration très prometteuse sera fructueuse.

Vous avez acquis plusieurs juments lors de la vente de février Arqana. Est-ce le signe que vous souhaitez encore développer le haras ?

Nous avons donc pour projet de développer deux parties : l’élevage et l’entraînement. L’élevage représente le socle du monde du pur-sang et c’est pour cela que nous avons comme priorité d’acquérir et de renouveler la jumenterie actuelle. Le projet est clairement orienté vers une approche beaucoup plus sélective et élitiste. À Deauville, nous venons d’acquérir Out of Town (Kentucky Dynamite), une 4ans très bien née et déjà placée de Listed. Elle va encore courir cette année, dans le but de lui faire prendre du black type majuscule, puis elle rentrera au haras. Nous avons aussi acheté Nitza (Indygo Shiner), une placée de Groupe que nous allons envoyer à la saillie de Zoffany (Dansili).

Nous avons également pour but d’investir dans de nouveaux étalons et d’offrir aux éleveurs français et étrangers la meilleure qualité possible pour leur jumenterie afin de créer ensemble des partenariats forts et durables. Pour ce faire, nous allons donc rénover la structure d’accueil des chevaux, redynamiser et apporter du sang nouveau à notre élevage afin de devenir une maison de référence lors des prochaines ventes de yearling et juments.

Le haras possède aussi un centre d’entraînement. Allez-vous le conserver ?

En ce qui concerne l’entraînement, nous améliorons de manière significative les infrastructures et le bien-être des chevaux, afin d’assurer un entraînement de qualité optimale sur chacun des élèves que nos clients vont nous confier. Nous allons faire un tri sur l’effectif et concentrer toute notre attention et énergie sur les chevaux les plus prometteurs.

En termes de comparaison, le domaine des courses hippiques est très similaire à mes autres activités liées à l’informatique et notamment les startups autour des nouvelles technologies. Nous sommes dans un environnement extrêmement compétitif qui nécessite de la compétence, de la passion et bien évidemment beaucoup de travail rigoureux.