Que faire face au retour de l’artérite virale ?

Élevage / 07.02.2019

Que faire face au retour de l’artérite virale ?

COMMUNIQUÉ DE LA FÉDÉRATION DES ÉLEVEURS DU GALOP

« Tout le monde a encore à l’esprit la crise "artérite virale" de 2007. Alors que nous sortons depuis quelques mois seulement d’une épidémie sévère de rhinopneumonie, deux foyers jugés sévères et liés à ce virus de l’artérite qui restait calme depuis près de dix ans, ont fait leur réapparition. Depuis la mi-octobre, les responsables et directeurs de haras, vétérinaires, le Respe, sont tous en extrême vigilance vis-à-vis de l’AVE.

Comme souvent, on "importe" ces maladies, ou du moins elles "entrent"  chez nous !

En début de saison de monte, il convient donc d’être très vigilant sur tous les "intrants" de nos haras et élevages, de même que de protéger au mieux les étalons. La rupture de vaccins pour ces maladies a eu un impact sensible dans l’organisation et la préparation de la monte. Et il convient de bien s’assurer aussi que l’immunité de nos étalons reste bonne ; leur séropositivité est un élément important, l’absence de virus dans le sperme est une garantie absolue, pas très facile à obtenir chez nos pur-sang peu habitués à ces pratiques de récoltes.

Le  "sanitaire", sous ses aspects contraignants, jugé souvent coûteux, parfois superfétatoire, est une clé indispensable à l’économie de notre filière ; il est bien plus un investissement quotidien qu’une dépense pour juste "bien faire" comme dans les règles.

Ces règles ont un sens, un "bon sens" pourrions-nous dire : minimiser les risques tout en facilitant les échanges, la monte, les transports, les courses. Soyez donc très vigilants, tous les jours : pour vos chevaux, bien sûr, mais aussi pour tous ceux qui rentrent dans vos élevages ou qui ne font que passer. Les principaux signes d’alerte sont toujours les mêmes. Il s’agit parfois d’avortements, à faire analyser en urgence après un tour gynécologique complet de l’effectif des mères en particulier. Il faut également surveiller les signes respiratoires, les plus fréquents sont propres à la grippe ou à la rhinopneumonie. De manière générale, il faut veiller à tous les signes cliniques suspects chez les juments, notamment dans les 14 jours post-saillie.

Il faut surveiller les œdèmes du fourreau chez les mâles, papules sous cutanées chez les jeunes. Rappelons qu’en 2007, ce fut un des signes d’alerte. L’infertilité anormale chez les étalons est à prendre en considération également. Le mode de transmission est multiple, d’où la gravité potentielle des épidémies quand elles se propagent : soit pendant la saillie ou lors du contact avec le souffleur, soit lors de nez à nez, soit par le biais du matériel de travail en contact avec des muqueuses ou liquides biologiques contaminés. La transmission peut se faire également via les fœtus nés de mères ayant avorté à cause du virus (très forte charge virale parfois) et également par le personnel.

Globalement il est préconisé de mettre en place un dispositif de biosécurité sévère dès la première suspicion, et ce tant qu’elle n’est pas levée sur tous les haras.

Que veulent dire les tests sanguins ? La présence d’anticorps (Elisa ou séroneutralisation) est le signe d’une vaccination. Elle doit avoir été régulière dans le temps chez l’étalon en monte, de même que pour les souffleurs, et cela sans rupture. Cela peut-être également le signe d’une maladie en cours ou d’une infection passée.

Chez les juments, ces taux d’anticorps doivent être stables ou déclinant dans l’intervalle des tests, lequel doit dater de 14 jours au moins. Il doit avoir été pratiqué par le même laboratoire. D’ici là, il est plus que jamais conseillé d’être "à jour" de ces obligations et tests divers en matière d’artérite et de s’inspirer de la version "en ligne" du Code of Practice 2019, qui n’a pas été modifié en septembre 2018, lors de la dernière réunion du Comité ou nous étions présents (FEG).

En dehors de la vaccination réservée aux étalons, la meilleure des préventions reste le diagnostic précoce et l’isolement avec l’intervention rapide du vétérinaire et l’aide du Respe et de votre commission sanitaire ! »