Qui sont ces jeunes Français qui ont fait le choix de s’installer à l'étranger ? Johann Gérard-Dubord

International / 08.02.2019

Qui sont ces jeunes Français qui ont fait le choix de s’installer à l'étranger ? Johann Gérard-Dubord

Qui sont ces jeunes Français qui ont fait le choix de s’installer à l'étranger ?

De plus en plus de jeunes Français s’installent à l’étranger pour commencer leur carrière professionnelle dans les courses et y restent ! Nous nous sommes intéressés à ces différents profils vivant en Irlande, Angleterre, Australie, aux États-Unis, ou encore aux Émirats arabes unis. Voici leurs portraits.

Johann Gérard-Dubord

31 ans

AUSTRALIE

Sydney

Assistant de Clare Cunningham

Warwick Farm

Jour de Galop. - Quel a été votre parcours avant d’aller en Australie ?

Johann Gérard-Dubord. - Je suis issu d’une famille du milieu des courses. Mon grand-père, Jean Laborde, a fondé le haras du Bosquet qui a ensuite été repris par ma tante Véronique Laborde qui s’en occupe toujours aujourd’hui. Mon père, Philippe Gérard-Dubord, était jockey d’obstacles au service de Claude Rouget. Plus jeune, j’avais l’habitude de passer mes week-ends et mes vacances scolaires au haras familial. J’ai toujours eu un intérêt prononcé pour l’élevage. Lorsque j’étais au lycée, j’ai commencé à aller monter à l’entraînement durant les vacances scolaires, tout d’abord chez Jean-Pierre Totain puis chez Jean-Claude Rouget. Après obtention de mon bac ES j’ai décidé de partir pendant un an en Angleterre pour perfectionner mon anglais avant de décider de la voie dans laquelle j’allais poursuivre mes études. Par l’intermédiaire de Jean-Claude Rouget, je suis donc allé à Newmarket pour passer quelques mois chez sir Mark Prescott, puis dans un haras pour voir un peu plus la partie élevage, à Cheveley Park Stud. Ma première expérience chez sir Mark Prescott s’étant très bien passée et m’ayant beaucoup plu, j’ai donc fait le choix de retourner travailler à son écurie plutôt que de rentrer en France pour reprendre mes études. Lors des six derniers mois de mon séjour, j’ai fait un passage chez Paul Nicholls pour découvrir la discipline de l’obstacle dans ce pays. Au total, je suis resté deux ans et demi en Angleterre.

Ayant pris le goût de voyager, j’ai ensuite décidé de partir aux États-Unis pour voir un autre système de courses ainsi que des manières de travailler différentes. Je suis allé chez Patrick Biancone où j’ai été son assistant pendant un an et demi. Ma destination suivante, à la suite des conseils de M. Biancone, a été l’Australie. J’ai d’abord travaillé pour John Thompson, puis pour John O’Shea jusqu’à ce que mon visa se termine. Je suis ensuite rentré en France pour quelques mois afin de décider de la suite de ma carrière. Durant cette période, John O’Shea a été nommé comme entraîneur particulier de Godolphin en Australie et il m’a proposé de revenir travailler avec lui. Ce que j’ai accepté et je suis maintenant basé depuis 2014 dans ce magnifique pays. Aujourd’hui, je travaille avec Clare Cunningham à Warwick Farm, à l’ouest de Sydney.

Pourquoi avoir fait le choix de rester à l’étranger ?

Au départ, j’ai fait le choix de partir à l’étranger avec la seule intention de faire progresser mon niveau d’anglais. J’ai ensuite pris goût aux voyages, mais aussi à la découverte de nouvelles méthodes de travail ainsi que de styles de vie très différents.

Gardez-vous des liens avec la France ?

Étant à environ 24 heures de trajet de la France il est évident que je n’ai pas la possibilité de rentrer aussi souvent que souhaité. Heureusement, grâce aux différentes technologies, il est aujourd’hui assez facile d’être en contact avec ses proches et de se tenir informé des actualités de la société française au quotidien. Je reste également très attentif aux courses françaises, certains entraîneurs australiens avec qui je suis régulièrement en contact étant toujours à la recherche de chevaux français qui pourraient potentiellement convenir aux courses australiennes.

Qu’avez-vous trouvé de mieux qu’en France ?

Ce que j’ai trouvé de mieux qu’en France, c’est bien sûr un pays où la culture cheval est très forte et où la filière est en plein essor. Le niveau des allocations ainsi que les investissements faits par les propriétaires, qu’ils soient australiens ou étrangers, ne cessent de progresser. Tout cela fait que l’Australie m’offre aujourd’hui beaucoup plus d’opportunités que la France pour mon avenir.