Comment les 2ans français sont-ils perçus depuis l’étranger ?

Courses / 07.03.2019

Comment les 2ans français sont-ils perçus depuis l’étranger ?

Nos confrères du TDN ont publié un article en deux parties sur la situation des 2ans en France. Tom Frary, à l’aide de statistiques, souligne leur faible présence et leur manque de compétitivité dans les grandes échéances. Bien que la précocité n’ait jamais été l’un des points forts de la filière française, à une époque où le marché se polarise sur ce critère, la France court-elle un risque de marginalisation sur la scène hippique internationale ?

Quid de la fierté nationale lorsque la plupart des grandes courses réservées aux 2ans sont remportées par des concurrents étrangers ? Sur le long terme, quel est l’impact plus ou moins conscient sur les entraîneurs, les propriétaires et mêmes les éleveurs ? Ce sont les questions que Tom Frary s’est posées.

Une affaire de culture ? Les Français, de manière générale, ont conscience que leur patience pénalise la carrière des chevaux à 2ans mais qu’elle sert leur ambition de sortir des 3ans. Cette situation est-elle inhérente au programme français ? La France a-t-elle sorti de grands 2ans ? Tom Frary souligne l’existence de grandes différences culturelles entre la France et la Grande-Bretagne en ce qui concerne les 2ans. Pourtant certains ont déjà brillé dans le registre de la précocité.  C’est le cas de François Boutin qui a entraîné plusieurs champions à 2ans pour la famille Niarchos. Mais les champions sont toujours des exceptions et ils ne font pas des généralités. D’un point de vue anglo-saxon, la culture française axe tout sur la saison de 3ans.

Un problème de programme ? Pour Tom Frary, cette tendance à être exagérément patient et la relative faiblesse du programme réservé aux 2ans, ont poussé un certain nombre de grandes casaques internationales à orienter les poulains ayant un profil plus tardif vers leurs entraîneurs français. S’il n’y a aucun doute sur le fait que l’élevage hexagonal a sa place sur la scène internationale, cette culture de la patience n’est-elle pas en train de s’autoalimenter ? On confie des chevaux tardifs à des entraîneurs patients, ce qui influence le programme et renforce encore l’orientation de l’élevage, des ventes et de la répartition des courses. 

L’impact du préentraînement. Une autre différence culturelle entre les Britanniques et les Français, vient du fait que beaucoup de propriétaires tricolores envoient leurs 2ans au préentraînement pendant de longues périodes, afin de réduire les coûts. Or selon les propos recueillis par le TDN, plus un cheval arrive tard chez son entraîneur, moins il a de chance de participer à une course cette même saison.

De belles exceptions. Il y a toujours de (belles) exceptions à la règle. Selon Tom Frary, l’exemple le plus frappant est celui de Siyouni (Pivotal). Aujourd’hui étalon renommé en France, il est la preuve que la précocité n’est pas un point négatif. Aujourd’hui, si l’on recherche des chevaux plus précoces, Tom Frary explique qu’il faut diriger son regard vers le sud de la France où des entraîneurs comme Didier Guillemin, Christophe Ferland, Philippe Sogorb ou encore Jean-Claude Rouget et François Rohaut ont tendance à plus sortir leurs 2ans. Pour lire l’article complet en anglais, cliquez ici 

http://www.thoroughbreddailynews.com/pdf/tdn/tdn190307e.pdf