Découvrez les candidats au Comité de la Fédération des éleveurs du galop (épisode 2)

Élevage / 12.03.2019

Découvrez les candidats au Comité de la Fédération des éleveurs du galop (épisode 2)

La Fédération des éleveurs du galop renouvellera son Comité lors de son Assemblée générale du 31 mars 2019. Ses électeurs sont appelés aux urnes avant le 27 mars, date limite pour voter. D’ici là, nous vous proposons de découvrir les candidats.

Nicolas de Watrigant : « Il faut absolument moderniser les courses »

Jour de Galop. – Pourquoi vous présentez-vous ?

Nicolas de Watrigant. – Je fais partie de la nouvelle génération d’éleveurs et je pense qu’il est nécessaire qu’elle soit représentée. Nous avons aussi la responsabilité d’agir afin de prendre ensemble des décisions collégiales. Il faut accepter l’expérience des anciens en l’adaptant aux exigences actuelles. Je souhaite apporter des idées au débat, dans un esprit fédérateur, entre grands et petits éleveurs. Car sans un projet commun et innovant, il nous sera difficile d’aborder l’avenir sereinement.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Il y a aujourd’hui une certaine morosité dans l’univers des courses françaises, et même du pessimisme pour certains. Nous devons à mon sens absolument retrouver notre positivité, notre enthousiasme et redonner de l’éclat à notre sport. Nous pouvons y parvenir à condition que tout le monde marche dans la même direction. Nos priorités me semblent être les suivantes. Redonner à la jeune génération de l’intérêt pour les courses et les paris hippiques.

Pour y parvenir, il nous faut créer pour eux de nouveaux jeux. À commencer par "l’ante post betting" qui existe à l’étranger. Il permet au joueur de parier sur son cheval favori en début de saison, pour le prochain Prix de l’Arc de Triomphe par exemple, à une cote intéressante ; ainsi, le cheval sera suivi durant toute la saison. Cela rend ainsi le pari d’autant plus passionnant. Nous devons aussi nous emparer des cotes fixes en mutuel. Elles existent sur les paris sportifs et sont très prisées des jeunes. Il faudrait créer des jeux pour les novices avec des duels entre chevaux et entre jockeys. Nous pourrions par exemple créer un championnat de jockey pour capter davantage le grand public.

Il nous faut aussi absolument moderniser l’image des courses. Pour ce faire, il nous faudrait décupler notre communication, en commençant au sein même de la filière. Entre professionnels et propriétaires par exemple, afin de garder nos propriétaires en haleine toute l’année. Aidons nos professionnels à s’équiper pour mieux communiquer avec eux. La création d’une application pour smartphone par exemple, où toutes les informations sur le cheval circuleraient entre l’éleveur, l’entraîneur, le courtier et le propriétaire, à l’image de ce qui se fait sur les réseaux sociaux. En bref, nous devons œuvrer pour plus de transparence afin que le propriétaire ait plus d’intérêts à suivre ses protégés. Ramener du monde sur les hippodromes est primordial, car si nous voulons plus d’investisseurs dans la filière, il faut pour cela que les propriétaires prennent du plaisir à aller aux courses. Facilitons le sponsoring à des prix raisonnables en région parisienne, comme c’est déjà le cas en province. Ce doit être un lieu de fête et d’expérience unique. Nous devons nous adapter à notre temps, en nous modernisant dans notre approche et notre communication vers le grand public. Au-delà des Pistes illustre bien cela. L’association fait un travail formidable pour renvoyer une image positive de nos chevaux après leur carrière en course. Et nous devons accentuer l'aide que nous leur accordons. Utilisons davantage les réseaux sociaux et leurs influenceurs qui peuvent arriver à faire bouger des foules entières, montrons nos élevages, nos hippodromes, racontons nos belles histoires. À ce point nous pourrions relier la multipropriété, la rendre plus accessible et communiquer de façon plus intense à ce sujet, comme c’est le cas dans d’autres pays.

Enfin, sous forme de partenariat, il faudrait trouver un moyen pour que chaque école française amène dès le plus jeune âge ses élèves sur les hippodromes. Nous ferons tomber dans la marmite les jeunes pousses ! Les courses à poneys sont un très bon déclencheur, elles vont créer des passions et de futures vocations.  Pour les aider à se multiplier, aidons-les davantage en les sponsorisant et en les mettant encore plus en avant.

Quel a été votre parcours ?

J’ai fait des études agricoles en alternance au haras de Fresnay-le-Buffard ainsi qu’au haras du Mézeray, puis j’ai eu la chance de voyager pendant plusieurs années à l’étranger, afin d’acquérir de l’expérience dans différents haras comme Shadwell, Coolmore Australie, Arrowfield, Windsor Park Stud et Lane’s End Farm aux États-Unis. J’ai aussi été deuxième assistant entraîneur chez Luca Cumani et j’ai travaillé pour l’agence de vente Magic Millions. J’ai également monté en courses de gentleman-rider. Depuis trois ans, je suis cogérant du haras de Mandore, dans le Sud-Ouest ; j’élève avec ma femme, Méryl, des pur-sang arabes et des pur-sang anglais et dirige Mandore International Agency, une agence de courtage qui conseille plusieurs propriétaires français et étrangers. Je suis également consultant pour Al Shaqab Racing ainsi que pour la famille Tsui, propriétaire de Sea the Stars.

Guillaume Vitse : « Je pense que nous devrions passer à l’insémination artificielle »

Jour de Galop. – Pourquoi vous présentez-vous ?

Guillaume Vitse. – Travaillant dans l’élevage, j’ai envie de m’investir davantage au sein de la filière, de manière à apporter mon expérience, avec un œil extérieur et avec des idées nouvelles, épauler les têtes pensantes, faire avancer les choses, garder un esprit positif, conquérant, et ne pas se laisser abattre.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Ce que j’aimerais changer précisément concerne la saison de monte. Je pense que nous devrions passer à l’insémination artificielle. Je trouve cela complètement aberrant. On prend des risques avec la monte naturelle, que ce soit pour les étalons, pour les juments, pour les hommes. Cela devient pénible. Nous pouvons très bien passer en insémination artificielle, comme le font les races selle et trotteurs français, etc., tout en gardant cette rigueur au niveau sanitaire et en contrôlant le nombre de juments saillies par étalon. Je suis certain que tout le monde sera très content et que cela se passera beaucoup mieux.

Quel a été votre parcours ?

Mon parcours est émaillé de voyages pendant six ans à l’étranger, où j’ai accumulé de l'expérience dans certains des plus grands haras du monde. J’ai commencé en 1991 à Plantation Stud, en passant ensuite par Thorton Stud, Coolmore, Kildangan Stud et Lane’s End Farm. Ensuite, je suis rentré en France, œuvrant au haras de Montaigu pour la préparation aux ventes, puis j’ai travaillé au haras de Colleville depuis sa création. Aujourd’hui, avec ma femme, nous avons créé notre propre structure, Normandie Breeding.

Nicolas de Chambure : « C’est notre avenir qui est en jeu et je ne voudrais pas que notre génération se regarde dans vingt ans en regrettant de n’avoir rien fait »

Jour de Galop. – Pourquoi vous présentez-vous ?

Nicolas de Chambure. – Je me présente cette année au Comité de la Fédération des éleveurs car je suis passionné. Vu la situation difficile dans laquelle se trouve le galop français aujourd’hui, il est indispensable de prendre ses responsabilités et de libérer du temps pour travailler sur les problématiques de notre filière. C’est notre avenir qui est en jeu et je ne voudrais pas que notre génération se regarde dans vingt ans en regrettant de n’avoir rien fait.

Quel a été votre parcours ?

J’ai aujourd’hui 34 ans et j’ai repris la structure familiale du haras d'Étreham depuis 2012. Avant cela, mon parcours a été partagé entre trois années d’école de commerce et cinq années passées en Irlande, en Australie et aux États-Unis. Nous avons la chance de travailler dans un secteur extrêmement mondialisé, où chaque pays possède ses qualités, sa culture et ses problématiques propres, et il était très intéressant de s’immerger dans ces différents environnements. Mon année passée à l’entraînement chez David Hayes, en Australie, fut une de mes expériences les plus enrichissantes. Ce pays est actuellement dans un cercle vertueux grâce au niveau de ses allocations. Celles-ci sont la clé de voûte de notre système, car par effet de domino, tout dépend d’elles. Elles permettent de récompenser les propriétaires, donc aux éleveurs de bien valoriser leur production. C’est un business modèle sain qui tire l’ensemble de l’activité vers le haut.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Il me semble qu’aujourd’hui, les instances se concentrent trop exclusivement sur les réformes structurelles et de gestion de coût. Il est évidemment indispensable de réfléchir à notre gouvernance ainsi que de réformer France Galop pour plus d’efficacité et de rationalité, mais j’ai la sensation que la relance est le parent pauvre de notre filière. Je pense que c’est un vrai projet de relance, avec une vision à vingt ans dont nous avons aussi besoin. Celui-ci doit permettre une réflexion ouverte, innovante et audacieuse, afin d’adapter nos courses à la société actuelle tout en valorisant au mieux son classicisme et ses traditions. C’est à ce projet de relance qui bénéficierait à tous que je souhaiterais travailler en priorité.

Céline Gualde : « Je moderniserais le système pour qu’il soit en accord avec la société française d’aujourd’hui »

Jour de Galop. – Pourquoi vous présentez-vous ?

Céline Gualde. – Je suis déjà élue, donc il s’agit de ma deuxième candidature. Je me suis présentée à la base parce qu’il est selon moi du devoir de tous de "participer à l’effort de guerre", de s’investir pour la filière. On est plus légitime pour exprimer son opinion lorsqu’on participe plutôt que lorsqu’on ne fait rien ! Et il est essentiel, en ces temps troublés, d’avoir une Fédération des éleveurs forte et qui rassemble le plus d’adhérents possible.

Je me présente aussi pour être au fait des dossiers en cours. C’est l’occasion d’être au contact d’éleveurs aux profils variés et différents du mien, d’avoir accès aux informations et de réfléchir ensemble. La Fédération des éleveurs est selon moi l’association qui travaille le plus, avec notamment un lobbying essentiel au niveau européen.

Je suis par ailleurs présidente de l’Association normande du cheval de courses d’obstacle, qui organise le concours de modèles et allures du haras du Pin, dans l’Orne. C’est une autre façon d’être utile à la filière.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Je moderniserais le système pour qu’il soit "raccord" avec la société française d’aujourd’hui. Un exemple : je ne suis pas féministe, mais j’ai été choquée par la dernière photo des vœux de France Galop. On y voit le président entouré de ses trois vice-présidents, tous des hommes aux tempes grisonnantes ! La parité est de mise dans toutes les entreprises et les administrations, mais pas à France Galop, ni chez LeTrot d’ailleurs. Si on veut que la société reconnaisse le monde du cheval à sa juste valeur, il faut faire attention à être parallèlement en accord avec ses évolutions. Il ne s’agit pas que de parité d’ailleurs, mais aussi de mixité sociale et dans la pyramide des âges. Le galop doit s’ouvrir, quitter sa tour d’ivoire !

Quel a été votre parcours ?

Je ne suis pas issue du sérail. Mes parents étaient médecins, mais j’ai toujours été passionnée par les chevaux. Je suis journaliste depuis vingt ans. J’ai débuté ma carrière à France 3, puis à l’Équipe TV et Canal Plus notamment, avant de devenir rédactrice en chef adjointe d’Equidia pour les sports équestres. Je rêvais d’avoir un haras et j’ai donc suivi le cursus d’une école agricole en parallèle à mon métier de journaliste. Lorsque le haras a pris de l’ampleur, j’ai quitté mon poste chez Equidia. Cela fait maintenant dix ans que je suis installée à Sainte-Gauburge, sur les 36 hectares de l’écurie Cap Orne. J’élève des chevaux de course d’obstacle, pour moi mais aussi pour des clients, majoritairement britanniques. J’ai mes couleurs au galop et au trot, une discipline que j’aime beaucoup, au point d’avoir une poulinière trotteuse. Nous ferons saillir vingt-cinq juments cette saison. Je conserve ma "casaque" de journaliste et réalisatrice, même si la grande majorité de mon temps est consacrée au haras. Cette autre activité me permet de garder un œil ouvert sur le monde !

Adrien Rambaud : « Je pense qu’il faut mettre l’accent sur le plaisir »

Jour de Galop. – Pourquoi vous présentez-vous ?

Adrien Rambaud. – J’ai 35 ans. Je suis membre du Comité de la Fédération des éleveurs pour la première fois pour la mandature qui s’achève. Je me présente pour continuer à m’investir au sein de la Fédération, mettre à profit mes compétences et défendre et soutenir les intérêts de tout l’élevage français au sein de la Fédération, mais aussi à l’extérieur. J’aimerais mettre tout en œuvre pour défendre les intérêts de tous les éleveurs.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Je n'ai pas d’idée préconçue sur la question. Je pense qu’il faut mettre l’accent sur le plaisir que procurent les courses, pour le propriétaire, pour les joueurs tout autant que pour l’éleveur ! Ce dernier devrait être mis plus en avant. Les entourages des partants des grandes courses sont reçus par France Galop. Qu’en est-il des éleveurs ?

Quel a été votre parcours ?

Ingénieur agronome, je suis petit-fils d’un éleveur qui était installé dans le Cantal. Après plusieurs stages en Angleterre, Irlande et en Argentine, j’ai intégré l’équipe du haras de Manneville en 2010, et j’en suis depuis 2013 le directeur.

Phrase en couleur en fin de papier :

Retrouvez dès demain la suite des présentations des candidats au comité de la Fédération des éleveurs du galop.