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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Découvrez les candidats au comité de la Fédération des éleveurs du galop (partie 4)

Élevage / 14.03.2019

Découvrez les candidats au comité de la Fédération des éleveurs du galop (partie 4)

La Fédération des éleveurs du galop renouvellera son comité lors de son assemblée générale du 31 mars 2019. Ses électeurs sont appelés aux urnes avant le 27 mars, date limite pour voter. D’ici là, nous vous proposons de découvrir les candidats.

Émilie Quessada : « Il est important de respecter un équilibre entre les acteurs majeurs et ceux qui constituent la base »

Jour de Galop. – Pourquoi vous présentez-vous ?

Émilie Quessada. – Je suis âgée de 35 ans et l’associatif a toujours occupé une place importante dans mon parcours. Notre destin est lié au bon fonctionnement de la filière. Dès lors, donner de son temps et de son énergie dans cet objectif est tout à fait naturel. Les chevaux et les courses ne sont pas uniquement mon métier. C’est aussi ma passion. Si aujourd’hui je souhaite franchir une étape supplémentaire dans mon engagement associatif, en me présentant au comité de la Fédération des éleveurs du galop, c’est que plusieurs éléments m’y encouragent. Il y a bien sûr le soutien et les conseils de plusieurs personnalités de la filière hippique. Mon expérience associative, dans laquelle j’ai toujours fait preuve d’assiduité, me permet de mesurer le temps et l’énergie nécessaires lorsque l’on accepte un mandat. Et je sais que j’ai la capacité et la disponibilité pour m’impliquer de manière efficace au sein du comité de la Fédération des éleveurs du galop. En outre, je crois que l’une des forces du système français, c’est son maillage territorial et sa diversité. Du nord au sud de la France, on élève avec succès quatre races de galopeurs. Installée dans le Sud-Ouest, où j’élève – entres autres – des pur-sang arabes, je crois pouvoir faire partie de ceux qui font exister cette diversité au travers de leur mandat. Enfin mon parcours, probablement différent de celui d’une partie des élus de la fédération, représente aussi l’opportunité de tisser des liens de manière pragmatique avec d’autres familles de la filière cheval.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Il faut trouver des solutions pour encourager les petits éleveurs et permis d’entraîner à se développer. Nous devons également remobiliser les spectateurs autour des courses car ils sont la base de notre économie. Certains problèmes que les courses connaissent actuellement, j’ai eu l’occasion de les appréhender dans d’autres univers de la filière, par exemple la diminution du public lors des événements, le manque de partants ou la disparition des petits éleveurs. Cette expérience me pousse à penser qu’il est important de respecter un équilibre entre les acteurs majeurs et ceux qui constituent la base de la pyramide. Prenons un exemple. La rupture de cet équilibre a provoqué la quasi-disparition des shows de pur-sang arabes en France, alors qu’ils étaient au centre d’un commerce florissant voici quelques décennies. Au galop, il faut que ceux que l’on appelle les petits éleveurs continuent à produire. Leur présence est complémentaire de celle des grands élevages mais elle est tout aussi importante. Sur le plan économique bien sûr, mais aussi pour encourager la création de vocations et l’implantation du sport hippique dans la société.

Les acteurs majeurs, quelle que soit la filière du monde du cheval, ont globalement une bonne santé économique. Il y a toujours un marché pour le très haut de gamme. Pourtant, ils sont eux aussi dépendants du bon fonctionnement de notre univers dans son ensemble. Or ce dernier n’existe pas sans la base des éleveurs et des entraîneurs.

Des efforts sont engagés pour faire revenir du public aux courses. Mais ils peuvent probablement être amplifiés. Et il existe parfois des leviers inattendus. Prenons un exemple. Ma fille pratique les courses à poney. Chaque compétition crée de nouvelles vocations. Et chaque enfant qui se lance dans ces épreuves draine toute sa famille, qui se retrouve donc sur les champs de course. Dans cette foule qui se rend sur les hippodromes, quel que soit son lien avec le cheval, il y a forcément des parieurs et des propriétaires en devenir.  

Quel a été votre parcours ?

Passionnée depuis l’enfance, j’ai pratiqué le concours complet et le CSO pendant longtemps, au point de décrocher mon monitorat. La rencontre avec mon conjoint, il y a une quinzaine d’années, m’a fait plonger dans le monde de l’élevage. Des chevaux d’endurance dans un premier temps, mais depuis environ cinq ans de plus en plus vers les galopeurs. Nous faisons saillir une dizaine de juments par an. Nos premiers chevaux de course ont été vendus à l’étranger. Les premiers doivent courir cette année. Les galopeurs prenant de plus en plus de place dans notre effectif, j’ai rejoint l’Afac (Association française du cheval arabe de course) en 2018. Fréquentant de manière professionnelle plusieurs familles de la filière cheval – les courses, l’endurance et les concours de show de pur-sang arabes – j’ai souhaité mettre à profit cette compétence particulière. Récemment, j’ai par exemple fait partie des personnes qui ont aidé l’Afac à résoudre des questions liées à la réglementation commune avec les autres types d’utilisateurs de pur-sang arabes. Ce fut aussi l’occasion d’intégrer le conseil d’administration de l’Afac. Les chevaux arabes ont apporté beaucoup d’investisseurs aux courses françaises, y compris chez les pur-sang anglais. C’est une porte d’entrée extraordinaire et on observe d’ailleurs une autre tendance, avec de plus en plus d’éleveurs de chevaux d’endurance qui basculent une partie de leur effectif vers les courses.

Alain Régnier : « Retrouver une politique de courses et d’élevage réaliste, basée sur le bon sens paysan »

Jour de Galop. - Pourquoi vous présentez-vous ?

Alain Régnier. - Je me représente pour soutenir notre élevage, grand ou petit. Nous sommes tous des éleveurs passionnés. La Fédération des éleveurs fait un gros travail à l’international, mais également sur le sanitaire, le juridique, la commission étalons, la commission jeunes et à Bruxelles. Nous avons besoin d’une fédération forte pour soutenir nos élevages auprès de France Galop et de l’administration. Que ce soit à la fédération ou au conseil du plat à France Galop, je veux défendre nos courses et nos élevages, en province comme à Paris.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Si j’avais quelque chose à proposer, ce serait d’avoir à France Galop un comité fort et plus puissant. Mais aussi de limiter le nombre de mandats dans la durée. Sans citer de noms, certains sont là depuis fort longtemps (cooptés et élus). Chez nous, on appelle cela des pique-assiettes, comme dans le cas des sénateurs. Avoir de vrais chefs d’entreprise, éleveurs, entraîneurs et propriétaires, pas ceux qui sont là pour critiquer mais ceux qui sont là pour sauver et faire avancer notre maison mère, France Galop, car c’est elle qui nous fait vivre. Chez les cooptés, on ne choisit pas ses amis mais des personnes compétentes. Avec un bon comité et un bon conseil d’administration, nous pourrions retrouver une politique de courses et d’élevage réaliste, basée sur le bon sens paysan.

Quel a été votre parcours ?

Après avoir été éleveur de porcs, en 1991, j’ai créé le haras de la Haie Neuve et l’élevage Béré. Partis de rien avec mon épouse, nous avons monté toute la structure, investi dans les poulinières et les étalons en association avec Emmanuel de Seroux (Narvick International). En janvier 2018, nous avons transmis le haras à Tangi Saliou. Nous avons gardé un élevage de 19 poulinières, des étalons, mais sommes devenus éleveurs sans sol.

Jean-Pierre Deroubaix : « La priorité est de retrouver de la convivialité sur les hippodromes parisiens »

Jour de Galop. - Pourquoi vous présentez-vous ?

Jean-Pierre Deroubaix. - J’ai la chance de voyager dans le monde entier et je pense que mon expérience est utile à la Fédération des éleveurs. Je suis moi-même éleveur de pur-sang anglais – en pension au haras du Berlais et au haras du Logis Saint-Germain – et de pur-sang arabes. Je suis gérant d’étalons depuis plus de vingt ans et l’une des trois personnes à l’origine de la Route des étalons. Je connais toutes les facettes de l’élevage, de l’exploitation en courses et du marché international. Je suis un ardent défenseur de l’amélioration de la race et de la qualité, en créant des associations de personnes pour acheter de meilleurs chevaux d’élevage, mais je soutiens également l’égalité pour tous concernant les primes à l’éleveur.

Quel a été votre parcours ?

Né au haras de Bois Roussel, dont mon père a été le directeur pendant 30 ans, copropriétaire du haras de Sou, dirigé par mon frère Gilles, j’ai suivi des stages vétérinaires, d’élevage, d’entraînement et de commerce dans cinq pays différents. J’ai ensuite travaillé pendant 14 ans à l’agence Horse France, puis à mon propre compte, en créant FBA il y a plus de 25 ans et en rachetant l’agence FIPS, il y a 10 ans. Je suis manager d’élevages et d’écuries de course de pur-sang anglais (Valentin Bukhtoyarov, etc.) et de la Royal Cavalry d’Oman (pur-sang arabes), avec des clients dans quinze pays différents. Je suis également conseiller de cinq jockey clubs étrangers.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Nous avons l’un des meilleurs systèmes du monde, la priorité est de retrouver de la convivialité sur les hippodromes parisiens. Il faudrait peut-être que les visiteurs puissent voir les chevaux de près, les voir être sellés face au public, par exemple, qu’ils puissent manger des choses simples et peu chères (budget famille). Il faudrait aider les parieurs à suivre leurs chevaux facilement, tourner dans le rond de présentation dans l’ordre des numéros, placer les chevaux dans les stalles de départ dans l’ordre des numéros, tant de choses faciles et peu coûteuses. Finalement du bon sens, se mettre à la place du client, c’est tout. Organiser plus de journées portes ouvertes dans les écuries, dans les haras, inviter les journalistes et les commerçants locaux, etc.

Jean-Paul Larrieu : « Si tout le monde doit faire des efforts, chacun doit se sentir respecté »

Jour de Galop. – Pourquoi vous présentez-vous ?

Jean-Paul Larrieu. – Comme beaucoup de professionnels de l’élevage, je souhaite être partie prenante des décisions qui font l’avenir de notre filière. La Fédération des éleveurs du galop a besoin de diversité. Au niveau des compétences, bien sûr. Plus les élus sont complémentaires, plus l’action du collectif est large et efficace. Mais aussi en ce qui concerne l’origine géographique de ces derniers : toutes les régions doivent être représentées. Enfin, nous avons besoin de personnes disponibles. Élu de longue date dans le Sud-Ouest, j’ai une certaine expérience de l’associatif et de ses exigences. Et je veux poursuivre mon action à l’échelle nationale. Très au fait des problématiques agricoles de notre métier, j’ai développé des compétences sur les questions sanitaires au fil de mes mandats. C’est l’un des thèmes sur lesquels j’aime travailler.  

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Je crois qu’il faut que notre filière soit capable d’apaiser le climat qui règne sur les questions des primes à l’éleveur. Cette question n’a pas été bien appréhendée et cela a créé des tensions dont nous n’avons pas besoin au moment de relever des défis importants pour l’avenir des courses. Si tout le monde doit faire des efforts, chacun doit se sentir respecté. Prenons un exemple. Pour un éleveur, il est difficile d’accepter qu’il ne touche de prime que dans les Grs1 pour ses pur-sang arabes exportés, quand la règle qui déclenche l’obtention de cet encouragement pour ses sauteurs se base sur un critère de gains hors de l’Hexagone. Faisons simple, compréhensible et équitable. La France des courses existe car « petits » et « gros » participent à son fonctionnement.

Parmi les autres sujets qui me paraissent importants, il y a ceux de la prospection de clients et du sponsoring. Les étrangers l’ont compris bien avant nous et la France a une grande marge de progression sur ces deux points. Mais rien ne se fait facilement et nous devons être capables de consacrer d’importants moyens humains à ces deux thèmes. Les retombées peuvent être très substantielles. Prenons un exemple : plus des deux tiers des allocations des courses françaises de pur-sang arabes sont le fruit du sponsoring. Et cela va en s’accroissant. C’est le résultat d’une implication extrêmement forte de l’Afac dans ce sens et ses efforts ininterrompus depuis plusieurs décennies se matérialisent par plusieurs millions d’euros d’allocations tous les ans.

Quel a été votre parcours ?

Je suis issu d’une famille d’agriculteurs du Béarn où l’élevage des chevaux a toujours été présent. Cette production, qui était annexe, est devenue le cœur de l’exploitation agricole familiale. Fidèle à la tradition régionale, j’élève et je fais courir tous types de chevaux : des pur-sang anglais pour le plat mais aussi pour l’obstacle, des pur-sang arabes et des anglo-arabes. Nous vendons à Deauville, mais aussi à l’amiable. J’ai eu la chance de pouvoir parfaire ma formation au haras d’Ouilly, qui était alors le cœur de l’élevage de Jean-Luc Lagardère. Ce fut une expérience marquante. De retour dans le Sud-Ouest, mes frères et moi avons transformé l’entité familiale en un haras qui accueillie nos chevaux, mais aussi et surtout ceux de nos clients, français et étrangers. J’ai ainsi la chance de côtoyer tous types d’acteurs, locaux et internationaux, petits et grands. Je n’ignore donc les difficultés, l’importance et les forces de personne. Élevant – entres autres – des pur-sang arabes, je suis élu au bureau de l’Afac en tant que secrétaire général, spécialisé dans les questions sanitaires et membre de la commission du stud-book. Cette production m’apporte une ouverture internationale, en Europe mais aussi dans les pays du Golfe et au Maghreb.

 

Retrouvez dès demain la suite de la présentation des candidats au comité de la Fédération des éleveurs du galop.