Découvrez les candidats au Comité de la Fédération des éleveurs du galop

Élevage / 19.03.2019

Découvrez les candidats au Comité de la Fédération des éleveurs du galop

La Fédération des éleveurs du galop renouvellera son Comité lors de son Assemblée générale du 31 mars 2019. Ses électeurs sont appelés aux urnes avant le 27 mars, date limite pour voter. D’ici là, nous vous proposons de découvrir les candidats (épisode 9).

Antonia Devin : « Dans toute organisation fructueuse, la communication est vitale »

Jour de Galop. – Pourquoi vous présentez-vous ?

Antonia Devin. – Je souhaite continuer à participer aux décisions de la Fédération. Les éleveurs représentent le plus grand nombre d’acteurs de l’Institution. Je considère qu’il est important de participer aux débats et de résoudre les problématiques (T.V.A., primes, programme des courses, sponsoring, écuries de groupes, etc.). C’est nécessaire pour le développement de nos courses et de nos élevages. Je suis déjà membre du Comité et je fais partie de plusieurs commissions.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Dans toute organisation fructueuse, la communication est vitale. Cette année encore, les chevaux français ont brillé à Cheltenham. Nous sommes les meilleurs éleveurs de chevaux d’obstacle au monde. Il n’y a pas de petits éleveurs, la qualité est dense et le poteau d’arrivée avec les "FR" en tête en est la preuve. Cette réussite est le fruit d’une passion débordante. Il nous faut trouver les moyens pour communiquer et partager cette passion avec le grand public. Je trouve que France Galop a fait un travail judicieux avec les JeuxDis à Longchamp. Augmenter le nombre de ces réunions, et pourquoi pas également à Saint-Cloud, est primordial. Il faut développer la culture des courses et accroitre la communication avec les poney-clubs, les clubs sportifs, les collèges, les universités, pour rajeunir et dynamiser la fréquentation des hippodromes.

Il est urgent que France Galop et les acteurs des courses communiquent à travers les médias (réseaux sociaux, presse, TV, radio, blogs) pour inciter le public à se rendre aux courses et à travers la transparence, donner l’envie de parier.

Compiègne, Craon, Le Lion-d’Angers et Clairefontaine réussissent à créer une ambiance festive et conviviale : voilà ce que le public apprécie. La restauration doit être une priorité, chaque budget doit pouvoir être contenté sans réduire la qualité.

Il y a beaucoup de sujets que nous devons débattre ouvertement avec France Galop. Nous, acteurs des courses, sommes responsables pour l’avenir des courses et pour les générations suivantes.

Quel a été votre parcours ?

Je suis issue d’une famille d’éleveurs irlandais qui m’a transmis le goût de la compétition et la passion de l’élevage. Je poursuis cette passion avec mon mari et mes quatre enfants au haras du Mesnil, dans la Sarthe. Je travaille dans tous les aspects de l’élevage et accorde une grande importance à chaque étape. Depuis 40 ans, nous avons un nombre d’étalons constant, dont Turgeon, Kaldounévées, Doctor Dino, Saônois, etc. Nous avons créé et développé une écurie mixte, plat et obstacle, avec notre propre élevage. La réussite de cette écurie m’a offert des expériences inoubliables en famille. Des rêves devenus réalité que je souhaite à tout éleveur.

Christiane Head : « Le système des primes à l’éleveur doit être revu et aménagé différemment, pour que personne ne soit lésé »

Jour de Galop. – Pourquoi vous présentez-vous ?

Christiane Head. – Je me présente car je pense qu’il est très important d’être nombreux au sein de nos syndicats respectifs : propriétaires, éleveurs, entraîneurs. Cela nous donne une meilleure représentativité au sein des instances de France Galop.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Nos courses sont en Europe les mieux dotées. Les propriétaires bénéficient d’une prime pour tous les chevaux français, ce qui n’existe nulle part ailleurs. Nos éleveurs, au même titre, ont des primes pour tous leurs élèves courant en France et à l’étranger, ce qui n’existe nulle part ailleurs également. Le système des primes à l’éleveur doit être revu et aménagé différemment, pour que personne ne soit lésé. Je pense qu’aujourd’hui, nous avons beaucoup trop d’étalons par rapport à notre nombre de juments en France. Il y a peut-être quelque chose à revoir. Je serais pour une limite du nombre de jument par étalon.

Quel a été votre parcours ?

Depuis toujours, j’ai suivi mon père au haras, c’est lui qui m’a donné l’envie de faire de l’élevage en effectuant des croisements comme il me l’a appris.

Hubert Harivel : « Il est urgent de trouver des solutions pour les éleveurs »

Jour de Galop. – Pourquoi vous présentez-vous ?

Hubert Harivel. – Pas pour être élu, mais pour défendre ce qu’il reste des petits éleveurs, les éleveurs sans sol, et redire que le système courses court à sa perte faute d’esprits visionnaires, d’évolutions salutaires. C’est un système oligarchique, clientéliste… Il n’y a pas qu’Arqana dans la vie ! L’État est a minima complaisant, comme trop de médias hippiques, quant aux socioprofessionnels submergés de travail, de charges, ils sont soumis ou silencieux dans leur majorité.

Pourtant des dizaines d’entre eux, dont l’AEP, la Cour des Comptes, Equistratis, les rapports Augereau 2012 et Arthuis 2018, les associations de parieurs/turfistes, Le Veinard, ont mis en évidence l’essentiel des problèmes, des dérives, mais aussi proposé des améliorations, des solutions (non à la privatisation du PMU). Le système intouchable et surpuissant maintient le cap, reste sourd au grand jour, accumulant tant de preuves qu’il décline et vacillera tout seul. La police judiciaire travaille, c’est courageux. Depuis au moins 15 ans, j’ai compris que rien ne changerait, tout est verrouillé, les élections (éleveurs, France Galop) ne servent à rien ; même en phase de croissance rapide du chiffre d’affaires du PMU.

Si vous aviez l’occasion de proposer ou de changer quelque chose dans le système actuel du galop français, quelle serait votre priorité ?

Il est urgent de trouver des solutions pour les éleveurs ne trouvant jamais, ou peu, à placer leurs produits chez des entraîneurs. Ces produits doivent être essayés, donc débourrés et préentraînés. Pourquoi ne pas organiser des visites gratuites de tous les éleveurs par des courtiers pouvant conseiller et orienter l’éleveur, mettre en place une organisation pour envoyer des poulains en République Tchèque pour 6 mois, cofinancer cette partie en France (donner 300 €/mois pendant 6 mois à l’éleveur), en contrepartie le produit devrait courir trois fois, et s’il engrange des gains, ils seront repris dans la limite des 1.800 € (voire même 2.000 €). Cela implique de trouver un "financeur" initial, une cible test (par exemple anglo-arabes à 37,5 % et +), pour l’étendre in fine à tous les produits, si possible.

Mais il faut surtout nettoyer les écuries d’Augias. À commencer par la soi-disant association loi 1901 France Galop, ne jouant plus son rôle premier d’amélioration de la race (déclin des pur-sang de plat). Aux honnêtes gens courageux, n’ayez pas peur comme disait Jean-Paul II, demandez par écrit à l’État de siffler la fin de la partie et directement à France Galop de réformer les statuts, la gouvernance (fin des cooptés, imposer la parité femmes/hommes et casier judiciaire vierge pour tous les membres du Comité et du Conseil d’administration, mode d’élections, ouverture des Assemblées générales hors des membres du Comité, diffusion des P.V. des Assemblés générales et des rapports financiers et des comptes à chaque membre), de créer un laboratoire antidopage indépendant de la F.N.C.H. pour une réelle lutte antidopage.

À défaut de volonté confirmée de ne pas faire évoluer France Galop, exiger la dissolution de France Galop pour refonder une nouvelle société-mère (en lien avec LeTrot pour des parties communes). À défaut, grève générale des courses ; en une semaine, les principales réformes seraient engagées, les courses remises sur pied pour des décennies.

S’il est nécessaire de débattre, pourquoi ne pas lancer un grand débat ou plutôt un vrai débat (réunions et/ou via internet, voir le modèle commun informatique des Gilets Jaunes), mais pas pour noyer le poisson ou gagner des mois avant les prochaines élections, tout le monde sait ce qui ne va pas.

Mais dès à présent, des dizaines de mesures demandées pas les "sociopros" depuis des années peuvent être prises : remplacer de nombreux handicaps de plat par des courses à conditions selon les gains, en finir avec les interdictions de remonter un cheval tombé quand tout le monde va bien et qu’il ne reste que quelques obstacles ou même aucun à franchir, etc.

Quel a été votre parcours ?

Je suis fils de petits agriculteurs du sud Manche, ingénieur en électronique à Paris, dont une partie de contre lobbying international. Après mes études, j’ai travaillé deux ans dans une dizaine d’écuries de courses (Dragey, Granville, Nevers, Pau, Maisons-Laffitte, Vichy, Cagnes-sur-Mer). Avec mes parents, nous avons élevé environ 50 poulains SF, 20 AQPS, PS, AC et AA (dont Tidjali d’Or, AA 50 % meilleur anglo 2016, étalon). Nous avons développé une bonne souche d’AQPS créée à partir d’une Selle Français, gagnante en plat, steeple et cross avec trois courants de pur-sang seulement. Souche disparue à cause d’accidents en course dus à des terrains provinciaux indignes, de mauvais programmes… Des années passées à sauver et réparer des chevaux souvent accidentés en course ou à l’entraînement, dont des condamnés par les vétérinaires qui ont recouru. Un seul grand échec, un poulain de 6 mois au bassin fracturé. Nous avons toujours fait le choix du respect des chevaux, plutôt que de l’argent. C’est la vraie et dure vie d’éleveur, loin des fastes de Longchamp, des grands dîners et voyages. Chaque éleveur mérite le respect et d’être récompensé à sa juste valeur.