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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

L’hiver très fructueux de Ronan Thomas

Courses / 22.03.2019

L’hiver très fructueux de Ronan Thomas

Ronan Thomas s’est rendu pour la première fois au Qatar cet hiver durant quatre mois. Le jockey a travaillé en collaboration avec Umm Qarn et Alban de Mieulle. Une collaboration fructueuse, puisque Ronan Thomas compte actuellement 40 succès, en majorité pour la casaque grenat à pois blancs.

Jour de Galop. – Pourquoi avoir décidé d’aller passer l’hiver à Doha ?

Ronan Thomas. - Alban de Mieulle souhaitait renouveler son équipe de pilotes. Il était donc à la recherche de jockeys. Il en a approché plusieurs et, finalement, mon nom est arrivé à ses oreilles. Nous nous sommes rencontrés et nous nous sommes mis d’accord. Cette expérience m’intéressait. J’étais déjà parti à l’étranger il y a une bonne dizaine d’années. Mais cela faisait donc longtemps que je suivais le programme hivernal français, entre Deauville et Cagnes. Se lancer un nouveau challenge comme le Qatar permet de rompre cette routine, de se remotiver. J’ai désormais 40 ans passés. J’adore mon métier et je le fais avec passion, mais découvrir autre chose, notamment quand il s’agit de travailler pour une grande casaque, c’est toujours un plus. Dans le cas de cette expérience, il y avait le point d’interrogation des pur-sang arabes, des chevaux que je ne connaissais pas…

Comment avez-vous vécu cette expérience au Qatar et qu’en avez-vous retenu de manière générale ? Vous attendiez-vous à réaliser une aussi belle saison ?

Mon premier objectif était de satisfaire mon employeur et, plus largement, l’équipe d’Umm Qarn. Je pense que c’est le cas. Je rentre juste de Doha, où j’ai gagné quatre courses mercredi et deux ce jeudi, dont la Cup avec Duke of Dundee. Au total, j’en suis à 40 succès, ce qui est très satisfaisant. Pour qu’un jockey soit heureux, il faut avant tout qu’il gagne des courses, quels que ce soient les allocations ou le pays concerné ! Je vais d’ailleurs jouer les prolongations, puisqu’Alban m’a demandé de revenir monter plusieurs réunions, dont celle, début d’avril, qui est une sorte de revanche de l’Emir’s Sword. Il m’a aussi proposé de renouveler notre collaboration l’hiver prochain.

Humainement, comment s’est déroulée l’expérience ?

J’ai eu la chance d’arriver dans une équipe très franco-française, entre Alban de Mieulle, son neveu, Jean, ou les deux apprentis Matthieu Pelletan et Damien Morin, et bien sûr le premier jockey de la casaque, Olivier Peslier, qui est venu pour les grands rendez-vous. J’ai aussi retrouvé à Doha Stéphane Ladjadj, qui travaille au Qatar depuis une dizaine d’années. Il m’a en quelque sorte servi de guide, aussi bien dans la ville que sur la façon dont les courses se déroulent ici. Le plus dur, c’est d’être loin de sa famille, même si ma femme et mes enfants sont venus me voir pendant un mois.

Vous parliez de déroulement des courses. Quelles sont les caractéristiques de l’hippodrome d’Al Rayyan ?

C’est un hippodrome bien fait, bien qu’assez petit. Pour les pur-sang arabes, c’est parfait. Pour les meilleurs pur-sang anglais, la ligne droite est un peu courte. Des travaux sont en cours pour agrandir le dernier tournant. Cela devrait être effectif l’an prochain. L’organisation des courses n’a rien à envier à la France, et l’entretien des pistes est très bien géré. J’ai aussi eu le plaisir de travailler le matin dans le centre privé d’Umm Qarn. C’est évidemment très confortable de bénéficier d’installations de top-niveau, avec du personnel dévoué. Tout est très bien huilé, et cela fait oublier les réveils très matinaux !

Comment s’est passée votre rencontre avec les pur-sang arabes ?

Ce sont des chevaux au caractère bien trempé, à qui il faut demander les choses poliment. C’était très intéressant d’apprendre à les comprendre. Si on sait les respecter, ce sont des chevaux généreux à l’extrême. J’ai eu la chance de monter des chevaux bien nés, bien dressés, ce qui évidemment facilite les choses. J’ai aussi eu la chance de monter Yazeed en course à une reprise. Les pur-sang arabes d’exception comme lui se comportent comme des pur-sang : ils peuvent suivre tous les trains et ont cette capacité d’accélération qui fait les champions, toutes races confondues.