La précocité

29.03.2019

La précocité

Par Adrien Cugnasse

Comme presque tous les ans, le classement des 3ans à l’international est dominé par les pur-sang arabes français. Pour la saison 2018, quatre des cinq premiers sont des "FR" et ont décroché leurs ratings au sein du programme hexagonal. On entend parfois dire que les Français poussent trop les jeunes chevaux dont le capital physique s’en trouverait ainsi altéré. Pourtant, rares sont les sujets de classe – s’ils sont dotés d’une bonne santé – qui ne sont pas capables de sortir en compétition à 3ans. C’est d’ailleurs à cet âge que la sélection s’est historiquement opérée en France, façonnant de futurs sires comme Manganate (Saint Laurent), Kesberoy (Saint Laurent), Dormane (Manganate) et Djerba Oua (Dragon). Et  l’élite des chevaux d’âge actuels a souvent commencé de bonne heure. Sur les dix meilleurs chevaux de 4ans et plus selon les ratings en 2018, six sont des "FR", neuf ont été façonnés en France et huit ont couru à 3ans. Sans être des grands précoces, et sans d’ailleurs produire dans ce registre, personne ne sera surpris de constater que les quatre meilleurs étalons de pur-sang anglais actuellement en activité à l’échelle internationale – Galileo (Sadler’s Wells), Sea the Stars (Cape Cross), Frankel (Galileo) et Dubawi (          Dubai Millennium) – ont tous gagné à 2ans avant de confirmer l’année suivante. Et ce sont eux les pères des meilleurs sujets de tenue et d’âge au monde. De même, c’est en France que l’on dresse le plus tôt les sauteurs, certains sont même mécanisés sur les obstacles à 2ans, alors qu’en Irlande et en Angleterre, les choses sérieuses commencent deux ou trois ans plus tard. Pourtant, à l’occasion des derniers Jeux Olympiques des courses d’obstacle, à savoir l’édition 2019 du festival de Cheltenham, qui s’adressent avant tout aux chevaux d’âge, ce sont les "FR" qui ont gagné le plus d’épreuves black types, alors qu’ils étaient 1,5 fois moins nombreux que les "IE".