Le meilleur des Capucines est à venir

Élevage / 02.03.2019

Le meilleur des Capucines est à venir

Le meilleur des Capucines est à venir

À la manière des grands chefs, ils ont leurs secrets pour élaborer les champions de demain… Jour de Galop vous propose une immersion dans les cuisines des principaux éleveurs de plat et d’obstacle, qui ont bien voulu nous dévoiler leurs plans de monte pour la saison 2019. Ce samedi, rendez-vous avec Éric Puerari du haras des Capucines.

Par Adrien Cugnasse

Au haras des Capucines, Éric Puerari, Michel Zerolo et leurs associés ont eu le bonheur d’élever des chevaux de très haut niveau (Zagora, Flotilla, Winged Love…) Après plusieurs décennies d’existence, le haras se donne les moyens de viser l’excellence en investissant dans une jumenterie haut de gamme. L’élevage est une question d’optimisme et de spéculation. Le meilleur est donc probablement à venir aux Capucines !

Galileo et ses fils. Lauréate du Prix Solitude (L), Dealbata (Dubawi) est également placée de Groupe aux États-Unis : « Elle a une yearling par Dark Angel (Acclamation) qui va aller aux ventes. La jument est restée vide après son premier produit, Bernardo Bellotto (Declaration Of War). Ce dernier a gagné en plat avant de passer sur les obstacles où il compte deux succès et une deuxième place dans le Prix Général de Saint-Didier (Gr3). Sa victoire de bonne heure à 3ans lui avait donné une valeur handicap qui rendait la suite de sa carrière en plat peu évidente, d’où son passage chez les sauteurs. » Après Dark Angel et Shalaa, Dealbata a été saillie par un profil plus classique avec Australia (Galileo) : « On essaye autre chose. La rencontre des sangs de Galileo (Sadler’s Wells) et de Dubawi (Dubai Millennium) a déjà bien fonctionné, comme dans le cas de Night of Thunder (2.000 Guinées & Lockinge Stakes, Grs1). Australia est un étalon semi-confirmé qui est proposé à un prix très compétitif [un gagnant de Gr2 et trois placés de Gr1 avec ses premiers 2ans, ndlr]. Il est de taille moyenne, ce qui convient parfaitement à Dealbata, laquelle a beaucoup de physique. » Hoh My Darling (Dansili) est déjà la mère de deux bons sujets avec Peace Envoy (Power), gagnant des Anglesey Stakes (Gr3) et troisième du Prix Morny (Gr1) et Our Last Summer (Zamindar), champion à 2 ans en Scandinavie. Éric Puerari nous a confié : « Elle est suitée d’un mâle exceptionnel par Dabirsim. Sa yearling est issue de Galileo. Elle est très réussie. C’est une variante du croisement Galileo sur Danehill. Hoh My Darling va être saillie par Muhaarar (Oasis Dream) en 2019, ce qui correspond au croisement qui a donné Peace Envoy, lequel était issu de Power (Oasis Dream). C’est une jument que nous avons rachetée en Turquie où elle avait été exportée. »

Confiance en Shalaa. Kya Gulch (Thunder Gulch), issue de la famille de Linamix (Mendez) a déjà donné deux black types avec Kya One (One Cool Cat), lauréate du My Charmer Handicap (Gr3) et du Prix Jacques Laffitte (L), et Kyalco (Falco), lauréat du Prix Violon II (L) et troisième du Prix du Président de la République (Gr3). Éric Puerari détaille : « Kya Gulch n’est pas facile à remplir. Elle a donné une pouliche par Charm Spirit (Invincible Spirit) et sera saillie par Shalaa en 2019. Ce dernier nous a donné des produits très encourageants. C’est lui-même un très beau cheval dont le physique est marqué par l’inbreeding sur Danzig (Northen Dancer). On sent chez lui l’influence américaine. Nous avons besoin de cette force physique en France. » Acquise auprès de Jean-Pierre Dubois, Kya Gulch a donné son premier produit pour Ariane Gravereaux et Oceanic Bloodstock avec Amerika (Ruler of the World) qui est à l’entraînement chez Fabrice Vermeulen. En ce qui concerne Kyalco, l’homme des Capucines précise : « Il faut une certaine qualité pour gagner à bon niveau sur les obstacles. C’est le choix de certains entourages qui façonnent les origines d’obstacle. Certaines origines pourraient très bien réussir dans cette spécialité où elles n’ont jamais été testées. »

En terrain connu. Songerie (Shirocco) est issue d’une grande famille allemande. Suivez (Fioravanti), sa mère, est déjà l’aïeule de quatorze black types, en première, deuxième ou troisième génération, dont la championne Stacelita (Monsun), lauréate des Prix de Diane et Vermeille (Grs1) ainsi que quatre autres Grs1 en France et aux États-Unis. Éric Puerari détaille : « Elle a donné récemment un mâle par Siyouni (Pivotal). Sa yearling est issue de Power dont elle était pleine lorsque nous l’avons achetée. En 2019, nous allons la croiser avec Saxon Warrior (Deep Impact). J’aime beaucoup ce cheval, dur, avec du rayon. Il a couru de nombreux Grs1 en se livrant pleinement. L’étalon est assez masculin et il devrait bien croiser avec cette jument qualiteuse. Songerie a déjà produit Sojourn (Iffraaj), qui a eu le temps de se classer troisième du Soldier Hollow Preis (Listed) avant de s’accidenter. Avec cette jument issue d’une belle famille, nous tentons notre chance en l’envoyant à de bons étalons. Le sang de Deep Impact et celui de Galileo ont déjà bien fonctionné avec Stacelita au Japon en donnant deux bons chevaux, dont une gagnante classique. Nous sommes en train de renouveler notre jumenterie, avec de nouvelles mères, en général assez jeunes. » C’est notamment le cas de Bartira (Cape Cross) déjà mère de Pappalino (Marki), gagnant du Prix Delahante (L). Elle est suitée de Dream Ahead (Diktat) et va être saillie par Almanzor (Wootton Bassett) : « Sa pouliche par Dream Ahead est très réussie. J’étais sous-enchérisseur sur sa mère Briseida (Pivotal) à Tattersalls lorsqu’elle était yearling. Elle a ensuite gagné les 1.000 Guinées allemandes (Gr2). C’est une famille à laquelle nous sommes attachés et qui nous a notamment donné Zagora (Green Tune), gagnante entre autres de la Breeders' Cup Filly & Mare Turf (Gr1). Cette Bartira est une jument très qualiteuse, mais elle manque un peu de rayon. D’où le croisement avec Almanzor qui présente aussi l’avantage de faire se rencontrer les sangs de Gone West et de Green Desert. » Autre porte-drapeau du haras des Capucines, Flotilla (Mizzen Mast) a gagné la Poule d’Essai des Pouliches et le Breeders’ Cup Juvenile Fillies Turf (Grs1). Ascot Family (Desert Style) est issue de sa famille. Avec un étalon de second plan, elle a tout de même déjà produit Family One (Dubaï Destination), gagnant du Prix Robert Papin (Gr2) et sur le podium du Darley Prix Morny (Gr1). Son mentor nous a expliqué : « C’est une petite jument qui ressemble à son père. Son fils par Siyouni est parti chez Roger Varian. Pour ramener de la taille et de l’étendue, nous l’avons envoyée à Frankel et la yearling est signée du père. Nous continuons à soutenir Dabirsim qui a produit avec des juments moyennes. Il transmet du physique. Nous lui avons confié Ascot Family qui va aller à Wootton Basset en 2019. »

Un croisement américain pour Cheriearch. Née aux États-Unis, Cheriearch (Arch) a gagné le Prix La Sorellina (L) et elle s’est classée deuxième du Prix Filande (L) : « Nous l’avons achetée à M. Dubois. Sa pouliche qui prend 3ans, Epistrophy (Charm Spirit), avait gagné son maiden plaisamment l’année dernière. Cette pensionnaire de Satoshi Kobayashi est engagée dans le Prix de Diane. Tout reste à faire, mais son entraîneur y croit. Sa pouliche par Muhaarar est magnifique. Elle est pleine de Shalaa et va être saillie par Roaring Lion (Kitten’s Joy), soit un croisement totalement américain. On ne peut pas reprocher grand-chose à ce cheval qui a beaucoup de cœur. Il est assez élégant et conviendra certainement à cette jument assez charpentée, comme souvent les produits d’Arch (Kris S). En dehors des éleveurs qui ont Galileo ou Danehill dans leur haras, les autres sont condamnés à tenter des choses ! »

En souvenir de Starine. Ilioushka (Iffraaj) a gagné quatre courses. Elle a été achetée pleine de Camelot (Montjeu) aux ventes et va être saillie par Churchill (Galileo). Sa deuxième mère a donné Starine (Mendocino), gagnante de la Breeders' Cup Filly & Mare Turf (Gr1) et elle est aussi la grand-mère de l’espoir classique de Joseph O’Brien, Iridessa (Ruler of the World), lauréate du Fillies' Mile (Gr1). Éric Puerari nous a dit : « Nous l’avons élevée pour le compte d’Ariane Graveraux et Alain Jathière. Cet hiver, nous avons saisi l’opportunité de l’acquérir. Iridessa apporte un bel update. C’est une famille que nous connaissons, car mon associé et moi avions des parts de Starine qui a gagné dix courses, dont deux Grs1, après avoir démarré sa carrière dans les réclamers à 2ans en province. C’était une jument très dure mais qui a peu produit. Sa mère était par Kaldoun (Caro), un courant de sang que j’apprécie énormément.

Nous avons ensuite acheté la mère de Starine et sa sœur Pearlescence (Pleasantly Perfect), troisième du Prix Minerve (Gr3) et mère d’Ilioushka. Camelot est un étalon intéressant. Churchill apporte le sang de Storm Cat (Storm Bird) et c’est un jeune sire qui me plaît beaucoup. Il a un bel équilibre et beaucoup de rayon, me faisant penser à Frankel (Galileo). »

Une jument sur la montante. Foreign Legionary (Galileo) a un yearling par Kingman (Invincible Spirit). Elle est pleine de Lope de Vega (Shamardal). Sa deuxième mère a produit Alexander Goldrun (Gold Away), lauréate de dix courses, dont la Hong Kong Cup, les Nassau Stakes, les Pretty Polly Stakes à deux reprises et le Prix de l’Opéra (Grs1), mais également Medecis (Machiavellian), placé de la Poule d’Essai des Poulains et de la Forêt (Grs1). Éric Puerari nous a dit : « Les filles de Galileo sont précieuses. Nous avons refait le croisement avec Kingman, car le produit est très réussi. Sa 2ans qui n’a pas débuté par Lope de Vega avait été vendue 380.000 € lorsqu’elle était yearling. Nous avons là aussi retenté le croisement. Son premier produit, Mantastic (Rock Gibraltar), fait une bonne carrière en Australie et on peut espérer qu’il prendra du black type. »

Pour refaire Avenir Certain et Laurens. Persona Grata (Sir Percy) a remporté les Prix de la Calonne et Bertrand de Tarragon (Listeds). Pleine d’Iffraaj, elle va être saillie par Le Havre (Noverre) : « Sa yearling par Siyouni est ravissante. C’est une petite-fille de Mark of Esteem (Darshaan), et le sang de cet étalon a donné avec Le Havre deux chevaux de Gr1 : Avenir Certain** (Prix Poule d’Essai des Pouliches & Prix de Diane Longines, Grs1) et Suédois (Shadwell Turf Mile Stakes, Gr1). Chez Persona Grata, on retrouve le sang de Kaldoun. Ses aplombs ne sont pas parfaits, mais elle est dure. C’est une descendante de Riverqueen (Grand Prix de Saint-Cloud, Poule d’Essai des Pouliches & Prix Saint-Alary, Grs1). Persona Grata mérite qu’on lui donne sa chance. » Oasis Lady (Oasis Dream) est la sœur de Mikhail Glinka (Galileo), gagnant des Dubaï City Of Gold Stakes (Gr2) et du Queen’s Vase (Gr3) : « Nous sommes très contents de son Siyouni et elle va à Camelot. La carrière d’Oasis Lady a été courte, mais elle avait montré un certain talent. Elle est issue d’Oasis Dream et de Mark of Esteem, deux bons pères de mère. C’est une bonne famille qui a notamment donné Sir Percy. Issue d’une souche Classique, elle a un physique. Le croisement de Siyouni sur Green Desert est celui de Laurens (Matron Stakes, Sun Chariot Stakes, Fillies' Mile Stakes, Prix de Diane & Prix Saint-Alary, Grs1). C’est une formule qui fonctionne. À ce titre, je consulte souvent le site DNA Pedigree. C’est un bon outil qui mérite d’être encore perfectionné. »

Un profil polyvalent. Zain Al Boldan (Poliglote), lauréate des Oaks Trial Stakes (L) et troisième du Bahrain Trophy (Gr3), a déjà produit Poetic Dream (Poet's Voice), gagnant des Guinées allemandes (Gr2). Son 3ans, Chevalier Cathare (Sea the Moon) est engagé dans les Classiques. Au sujet de cette jument qui appartient aux frères Larrieu, Éric Puerari nous a confié : « La jument a une yearling par Martaline (Linamix) et sa foal est ravissante. Cette famille a aussi donné des sauteurs, à l’image du gagnant de Gr1 Top Notch (Poliglote). Zain Al Boldan n’est pas grande, mais elle est faite au moule. Elle est pleine de Siyouni et va être saillie par Almanzor. Cette souche a été développée par Claude Cohen avec succès. Encore une fois, on retrouve le sang de Kaldoun dans ce papier. »

Un croisement célèbre pour Martin Schwartz. Le croisement de Sea the Stars (Cape Cross) sur une fille de Kingmambo (Mr Prospector) a donné pas moins de cinq black types, dont deux gagnants de Gr1,Cloth of Stars (Prix Ganay, Gr1, deux fois sur le podium de l’Arc, meilleur cheval français en 2018) et Zelzal (Prix Jean Prat, Gr1). C’est aussi celui de Sivolière (Critérium du Béquet - Ventes Osarus, L, troisième du Longines Prix du Calvados, Gr3). Éric Puerari détaille : « Cette descendante de Sophisticat et Serena’s Song a beaucoup de choses pour elle. C’est probablement la fille de Sea the Stars la plus rapide et la plus précoce. Son propriétaire, Martin Schwartz, a bien soigné ses croisements. Après une Siyouni en 2017, elle a donné un Fastnet Rock (Danehill) qui est très développé. C’est un athlète qui respire la vitesse. Elle est pleine de Frankel et va à Kingman. La sœur de Sivolière, Suphala (Frankel) est lauréate de Classe 1 l’an dernier et elle fait partie des éléments estimés au sein de l’effectif d’André Fabre. Ce sont des origines qui bougent. »

Les bonnes juments de Yolande Seydoux de Clausonne. Issue d’une jument achetée à Tattersalls pour le compte de ses clients, Matérialiste (Zafonic) n’a pas gagné, mais elle s’est révélée être une bonne poulinière. À son sujet, Éric Puerari nous a expliqué : « Cette jument appartient à Yolande Seydoux de Clausonne et Laetitia Louis qui l’ont placée en pension chez nous. Elle vient de donner une pouliche de Dabirsim (Hat Trick) et va être saillie par Shalaa (Invincible Spirit). Sa fille qui prend 3ans, Magic Moonlight (Mastercraftsman) est à l’entraînement chez Christophe Ferland. Sous son entraînement, deux produits de la jument sont devenus black types. Machucambo (Anabaa Blue) a remporté le Derby du Midi et le Derby du Languedoc (Listeds). C’est un cheval qui après un bon parcours s’est malheureusement accidenté dans le Grand Prix de Paris (Gr1). Il est à présent étalon au haras de la Croix Sonnet. Son frère Montaigne (Astronomer Royal) s’est classé troisième du Derby du Midi (L). Avec Dabirsim et Shalaa, elle accède à des étalons de niveau supérieur, en espérant qu’ils apportent vitesse et précocité. C’est une jument qui est jolie, mais qui a un physique un peu faible. Elle a besoin de sires avec de la force physique. » Fantastic Filly (Myrakalu), double gagnante de Gr3 aux États-Unis, est la mère de Silver Storm (Kendargent), troisième du Prix Imprudence (Gr3), laquelle a été élevée en association avec Yolande Seydoux de Clausonne. C’est la proche famille de Silverwave (Grand Prix de Saint-Cloud, Gr1) et de Stormy River (Prix Jean Prat, Gr1) : « Nous avions vendu Fantastic Filly, avec Michel Zérolo, à Bobby Frankel. Accidentée, elle était invaincue en trois sorties outre-Atlantique. Nous l’avons rachetée à Keeneland et elle est à présent revenue aux Capucines. Silver Storm présente la particularité d’avoir trois courants de sang de Grey Sovereign. Elle est pleine de Dabirsim pour gagner en précocité et elle va à Wootton Bassett. C’est une vieille famille française que l’on peut réveiller. »

Retrouver Allegretta. Mountain Spring (Teofilo) est une fille de la placée de Groupe Reunite (Kingmambo), mais surtout une petite-fille d’Allez les Trois (Riverman). C’est donc une descendante d’Allegretta (Lombard), entre autres mère d’Urban Sea (Miswaki), la jument la plus influente du galop moderne en Europe. L’achat de Mountain Spring aux ventes fait écho à une ancienne acquisition. Éric Puerari se souvient : « Michel Henochsberg, qui nous a quittés, et moi-même, avions acquis Allegretta à Keeneland il y a quelques décennies. On connaît l’importance que cette lignée a ensuite prise dans le stud-book. C’est donc un peu un retour aux sources. C’est même un double retour aux sources, car Mountain Spring porte le sang d’Allegretta aussi du côté paternel de son pedigree. Je me souviens que c’est Michel Henochsberg qui avait déniché Allegretta dans le catalogue de Keeneland, après une étude minutieuse. Placée de Groupe en Europe, elle n’avait rien fait aux États-Unis et son sang allemand ne séduisait pas les acheteurs locaux. C’était une jument alezane assez plate, avec une bonne épaule, mais pas énormément d’arrière-main. Son modèle était un peu long mais sa tête ravissante. Pour 55.000 $, Michel Henochsberg avait acheté une jument qui a marqué l’histoire et j’en profite pour lui rendre hommage. Il a développé d’autres bonnes familles. Ce passionné d’élevage a eu une belle réussite. J’ai la chance d’élever encore pour Mme Henochsberg, dont les couleurs sont bien actives grâce à Étoile (Siyouni). » Mountain Spring a une yearling par Siyouni, elle est pleine de Pedro the Great et va à Almanzor.

De vieilles familles françaises. Dame du Roi (Dark Angel) était une pouliche pleine de vitesse. Élevée en association avec Dominique Adès-Hazan, elle a gagné le Prix Miesque (Gr3). Éric Puerari détaille : « Nous l’avons rachetée à la dernière seconde sur le ring lorsqu’elle était yearling. Nous l’envoyons à Sea the Stars, un étalon complet dont la réussite s’exprime dans plusieurs créneaux. La jument lui apportera un supplément de vitesse. Cette souche est cultivée par la famille de Dominique Adès-Hazan depuis un demi-siècle. Uruguay (Authorized), la mère de Dame du Roi, va être saillie par Fastnet Rock. Cette jument racée, typée par Montjeu, a besoin de modèle. » Amourette (Halling), troisième du Grand Critérium de Bordeaux (L), a déjà donné King of Leogrance (Camelot) un cheval prometteur qui a été exporté en Australie. Sa yearling est par Wootton Bassett — soit le même croisement, avec une mère par Halling, que le champion Almanzor —, et elle va être saillie par Australia : « La yearling, très réussie, va passer en vente pour Mme Henochsberg. J’ai élevé Amourette et c’est la vieille famille de mon père, à partir d’une jument achetée il y a plusieurs décennies auprès de l’élevage Dupré. Elle s’appelait Galoubinka (Tarmerlane) et lui a donné Henri le Balafré (Prix Royal Oak et Premio Roma, Grs1), devenu un bon étalon en Amérique du Sud. J’ai racheté sa sœur Une Amazone (Youth) aux États-Unis. C’est la quatrième mère d’Amourette. »

Le courage de Tropicaro. Dénichée outre-Atlantique et gagnante du Prix Madame Jean Couturié (L), Danza Cavallo (Sunday Break) s’est classée deuxième du Flower Bowl Handicap (Gr1). Après un yearling par Flintshire (Dansili), elle va être saillie par Almanzor. Sa mère a donné deux autres black types. Éric Puerari explique : « Il y aura peu de yearlings par Flintshire en France. Nous en avons deux pour le compte de SF Bloodstock et ils sont très racés. La jument peut fournir à l’étalon son aptitude au souple. Michel Zérolo et moi-même avions acheté sa mère Tropical Mark (Mark of Esteem) lorsqu’elle était foal. Je me souviens de Tropicaro (Caro), car j’étais à l’époque assistant chez Maurice Zilber. Assez frêle, elle avait un courage incroyable qui lui avait permis de remporter le Prix Marcel Boussac (Gr1). »

Des associations pour viser plus haut. Élevée par Oceanic Bloodstock et Ariane Gravereaux, Justfirstlady (Siyouni) a gagné en bonne pouliche vendredi pour ses débuts à Deauville. Estimée par Jean-Claude Rouget, elle est engagée dans The Emirates Poule d’Essai des Pouliches et dans le Prix de Diane (Grs1). Sa mère, Just Little (Grand Slam), a remporté le Prix Vanteaux (Gr3), le Prix La Camargo (L) et le Critérium de l’Ouest (L). Justfirstlady est son quatrième produit et son troisième gagnant. Ses deux autres gagnants sont tous deux black types ; Justwantacontact (Rock of Gibraltar) a remporté le Prix Millkom (L) avant d’être exporté en Australie. Renommé Rapidole, il s’est placé dans les Ajax Stakes (Gr2). Son autre gagnant black type est Naturally High (Camelot), lauréat du Prix de Suresnes (L). Just Little a une yearling par Kendargent et elle a été saillie par Siyouni en 2018. Éric Puerari conclut : « Je tiens à saluer mes associés sur les juments qui sont au haras, comme Gérard Larrieu, SF Bloodstock, Mme Seydoux qui fut notre première cliente, Mme Hazan, Ariane Gravereaux, qui nous a toujours porté chance… et aussi bien sûr Michel Zérolo qui a tant apporté au haras des Capucines, que ce soit au niveau des idées, des clients ou des juments. Philippe Lazare va apporter à notre association le regard neuf d’un grand chef d’entreprise. Par le passé, une personne m’avait rapporté le fait qu’on disait de moi que j’étais un spéculateur. C’est le plus beau compliment qu’on pouvait me faire, car c’est l’essence même de l’élevage : spéculer sur l’avenir. Nous vivons dans une période qui a ses difficultés et je pense que notre filière doit se concentrer sur les courses de valorisation. C’est important pour les propriétaires et les éleveurs. Ces derniers ont tout à gagner à s’associer pour essayer de viser plus haut. Les courses françaises doivent retrouver de l’ambition et se donner des objectifs d’excellence. »