LE MOT DE L’AFAC - L’Assemblée générale de la Waho en sept points clés

29.03.2019

LE MOT DE L’AFAC - L’Assemblée générale de la Waho en sept points clés

Xavier Guibert est membre du Comité exécutif de la Waho. Il était le représentant de la France à Sydney lors de l’Assemblée générale. Voici le compte-rendu qu’il nous a livré à son retour.

« L’Assemblée générale bisannuelle de la Waho s’est tenue en Australie du 3 au 8 février, avec des représentants de vingt-cinq pays. L’accueil des éleveurs australiens a été chaleureux (…) L’éloignement avait découragé de nombreux pays, notamment européens, et l’atmosphère a été plus familiale que celle des grandes Assemblées générales tenues récemment dans les pays du Golfe. On peut retenir plusieurs points des débats de la conférence des stud-books et des séances plénières.

Changements de nom. Contrairement à ce que l’on pouvait attendre, le Comité exécutif a décidé de ne pas modifier la règle selon laquelle le nom attribué à la naissance ne peut jamais être changé, sauf pour des raisons de signification injurieuse dans un pays d’accueil. Cela ne règle pas le problème des États-Unis qui acceptent les changements de nom, en contradiction formelle avec les règles Waho. La France avait proposé une règle encadrant très fortement le changement de nom, sous contrôle de la commission du stud-book du pays de naissance.

Manipulations génétiques. Face aux dérives actuelles, découvertes notamment en Argentine dans le monde des courses de pur-sang anglais et du polo, concernant les manipulations génétiques sur des gamètes, des embryons ou même des chevaux adultes (gene-doping), la Waho a adopté une nouvelle règle bannissant toute modification génétique ou utilisation de gamètes génétiquement modifiées. Les produits concernés ne pourront pas être inscrits au stud-book à la naissance et la descendance d’un cheval adulte modifié serait radiée elle aussi.

Transferts d’embryons. Le problème du nombre de transferts d’embryons autorisés par jument donneuse a été à nouveau soulevé par plusieurs pays. Certains limitent déjà leur nombre, ou essayent de le limiter. Quelques stud-books limitent à cinq produits, d’autres à trois. La commission du stud-book français proposait d’inscrire un produit naturel de la donneuse et un produit issu de transfert. Mais la majorité ne limite pas, constatant l’impossibilité de contrôler le nombre au niveau international, dans la mesure où il n’existe pas de base de données consolidant les inscriptions au niveau international. Les statistiques françaises montrent qu’au-delà de trois transferts, les résultats sont très mauvais. La règle adoptée dans le domaine des courses paraît à ce jour le seul rempart concret contre les excès.

Union Européenne. Au registrars meeting, une grande attention a encore été portée aux questions européennes. Peu avant l’Assemblée générale, une alerte avait été lancée par l’Allemagne concernant les nouveaux règlements de l’Union Européenne, entrés en action le 1er novembre 2018. Ils imposent à tous les stud-books hors Union Européenne de se faire inscrire sur une liste tenue par la Commission. Et ce à l’issue du dépôt, par leur autorité gouvernementale, d’un dossier assez lourd. L’enjeu est non seulement que les stud-books hors UE offrent les mêmes garanties que celles des stud-books de l’Union Européenne, mais également la réciprocité totale des règles d’inscription des chevaux importés. Cette nouvelle condition n’est pas inutile, quand on sait les difficultés rencontrées parfois à faire inscrire, aux Émirats Arabes Unis par exemple, certains chevaux importés pour la course. En attendant, les stud-books de l’Union Européenne ne sont théoriquement plus autorisés à inscrire des chevaux importés de stud-books non listés. À la suite des contacts pris directement avec les services de l’Union Européenne, un modus operandi a été diffusé à tous les membres de la Waho concernés.

Consultants. Conformément aux modifications de la constitution adoptées lors de la dernière Assemblée générale pour le renouvellement progressif du Comité exécutif de la Waho, deux nouveaux "consultants" ont été élus en Assemblée générale : une éleveuse et cavalière d’endurance belge vivant en Equateur et déménageant bientôt aux USA, Nathalie Weemels, ainsi qu'un photographe allemand propriétaire d’un haras, Karsten Scherling. Cela équilibre la composition du Comité exécutif en matière d’âge et d’origine géographique.

Sélection. De bonnes conférences ont étoffé le congrès, notamment sur l’histoire du pur-sang arabe en Australie, avec des photos très révélatrices qui montrent une fois encore que les chevaux arabes d’il y a un siècle, même dans les haras privés les plus réputés aujourd’hui, n’étaient généralement pas ceux que l’on trouve aujourd’hui dans les shows… On vérifie les lois de la sélection qui ont amené aux différents types représentés de nos jours dans les shows, la course ou l’endurance. Une chercheuse anglaise très spécialisée dans le domaine des techniques modernes de reproduction s’est finalement engagée dans la défense du bien-être animal et clame que ces méthodes peuvent être très douloureuses pour les juments.

Jordanie. L’Assemblée générale s’est terminée sur l’annonce de l’invitation de la Jordanie pour l’édition 2021. On peut compter sur la princesse Haya de Jordanie pour que l’accueil y soit à la fois simple, de bon goût, plein de délicatesse et très chaleureux. D’ici là, le Comité exécutif devrait tenir sa réunion annuelle à Ispahan, l’Iran n’ayant pas encore été retenu pour une Assemblée générale, notamment du fait de l’impossibilité pour des congressistes d’y utiliser une carte bancaire étrangère. »